Edito
11H53 - lundi 24 août 2020

Dégradations et pillages pendant et après la défaite du PSG : le ministre se fâche et les sauvages ricanent. On attend la justice ! L’édito de Michel Taube

 

Nous avions malheureusement raison de titrer, en forme de boutade au 12ème degré : « Allez Bayern ».

La question est posée : 148 personnes ont été interpellées dans la nuit à Paris. Combien seront jugés en comparution immédiate et condamnés avec des peines dissuasives et donc lourdes d’ici la fin de semaine ?

Le bilan des réjouissances après la finale de la Ligue des champions perdue par le PSG est sans appel : 12 magasins attaqués, une quinzaine de véhicules dégradés, 16 agents des forces de l’ordre blessés, 148 interpellations, 404 verbalisations pour défaut de port du masque. Ouf, ça aurait pu être pire, pensent sans doute le Préfet de police et le gouvernement ! Et il faut bien que jeunesse se passe !

Pendant ce temps, on fait la fête à Munich, dans un respect certes relatif des gestes barrière, pour célébrer la victoire du Bayern. Aucun incident n’a été signalé. Ah, ces Allemands : ils ne savent vraiment pas s’amuser !

Le scénario était connu d’avance et les images en disent long sur l’incapacité (ou le renoncement) de l’État à protéger ses citoyens : dans les quartiers du Parc des Princes et des Champs-Élysées, une horde d’individus que l’on qualifie lâchement de « jeunes » de peur d’être accusé de stigmatisation et d’amalgame « danse » longuement et sans gêne sur un véhicule tout en la démolissant et en filmant leurs exploits, qu’ils diffuseront en toute impunité sur les réseaux sociaux, faisant ainsi des émules.

3000 policiers, donc les Brigades de répression des actions violentes motorisées (BRAV-M), de multiples caméras de surveillance, des hélicoptères et des drones à disposition (ont-ils été utilisés ?), des policiers en civil infiltrés (en tout cas, ils auraient dû l’être), une longue expérience des émeutes urbaines… À la vue des images, on se dit qu’il suffisait de boucler quelques rues pour coffrer ces purs délinquants voire criminels.

La faute n’en revient évidemment pas aux policiers, qui ne font qu’exécuter les ordres. Quels étaient ces ordres ? Ne rien faire, comme le subodore notamment Michel Onfray, pour servir les intérêts du pouvoir ? À moins que ce soit de l’incompétence au niveau de la Préfecture de police. Ou de la peur. Mais peur de quoi et de qui ? Peur d’une révolte des banlieues ? Peur de la coagulation des haines qui emporterait la République ?

L’esprit de 1968 soufflerait-il encore ? il est interdit d’interdire. L’extrême gauche, dont les Verts deviennent la composante dominante et le communautarisme la couleur, veut désarmer les policiers, faire du multiculturalisme sans intégration ni assimilation, transformer les victimes en coupables et réciproquement, se prosterner devant l’indigénisme, excuser la violence parce qu’elle serait sociale et donc légitime…

Ces dernières années, particulièrement depuis l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, on sent la France glisser plus que les autres nations vers un rejet de l’autorité et une violence de plus en plus endémique. Chaque occasion devient prétexte à son déchainement. La France se déchire, se disloque, comme le décrit Jérôme Fourquet dans « L’archipel français » (2019 – éditions du Seuil).

L’émission “Grands Reportages” : « Les voyages forment la jeunesse », diffusée samedi 22 août sur TF1 donne peut-être une partie de l’explication. On y voit trois lycéens français tenter l’expérience d’une vie à l’étranger. Une jeune fille aux États-Unis, une autre en Thaïlande, et un jeune homme au Mexique. On est frappé de l’immensité de l’écart entre ces trois pays et la France en matière de discipline, de respect des anciens, des institutions, des enseignants… « Discipline » est une insulte en France. Et que dire de « punition » et de « sanction » ?

La France, ses leaders d’opinion, ses politiques, ses magistrats y cultivent la victimisation, l’excuse sociale, ethnique et économique. Réclamer le rétablissement de l’État de droit est assimilé à du fascisme. Assa Traoré, nouvelle égérie de l’indigénisme, explique sans vergogne que ses frères délinquants multirécidivistes sont victimes d’un acharnement judiciaire, sous-entendant qu’il est nécessairement raciste, alors que dans la plupart des pays démocratiques (et que dire du Mali dont ils sont originaires), la première condamnation aurait été si sévère qu’ils n’auraient peut-être pas eu l’occasion de récidiver. Du moins la justice n’y a-t-elle pas entièrement perdu sa fonction première de prévention et de dissuasion.

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, indique que 108 gardés à vue sont à la disposition de la justice. On attend maintenant que le ministre de la Justice, Éric Dupond Moretti, rende des comptes : combien d’entre eux seront effectivement jugés ? Combien de comparutions immédiates ? Combien de condamnations à une peine de prison ? Combien d’assignation à résidence avec bracelet électronique ? Et au final, combien de peines effectivement exécutées ? Aucune, probablement !

Pourquoi ? Si certains juges n’appliquent pas la loi, et ils doivent être sanctionnés pour faute professionnelle. Comme le disait Éric Dupond Moretti quand il était encore avocat, il faut de toute façon mettre fin à l’irresponsabilité des juges. Soit la loi leur permet ce laxisme, et il faut changer la loi, notamment en rétablissant les peines plancher, que cela plaise ou non au syndicat de la magistrature. Il faut aussi en finir avec cette logique de vouloir éviter la prison pour préserver l’emploi. Il y a bien trop de chômeurs honnêtes pour protéger ainsi ceux qui ne le méritent pas. La prison serait l’école du crime ? Donc, on en déduit qu’il ne faut pas incarcérer, sans même imaginer des alternatives dissuasives, donc contraignantes. En France, l’État ne sait plus prévenir la délinquance ni sanctionner les délinquants. La justice pénale est un immense échec, à tous les stades.

Évidemment, la répression n’est pas la seule réponse à cette déliquescence dans laquelle s’enfonce la France. L’éducation, le respect, la discipline doivent être rétablis. Les inégalités doivent être contenues, l’ascenseur social relancé, les discriminations combattues, les ghettos cassés. Mais ces sauvages qui détruisent régulièrement les véhicules des petites gens et s’adonnent au pillage ne méritent aucune excuse sociale.

Où va la France ? Vers l’extrême droite ou l’extrême soumission. Il est encore temps de se ressaisir, mais il est minuit moins une. Pour celui qui se croyait maître des horloges, le temps presse…

 

Michel Taube

 

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