Monde
14H58 - mercredi 19 août 2020

Quand un notaire devient historien ou Gabriel Vidalenc sur les traces de Rethondes. La chronique de Michel Scarbonchi

 

Voici un livre à lire pour comprendre l’histoire…

Gabriel Vidalenc, un gaulliste de cœur et d’esprit, avait une obsession : comprendre l’effondrement de la France qui, en 22 ans, va passer de la victoire consacrée à Rethondes en 1918, à la défaite constatée en ce même lieu, en juin 1940.

Pour ce faire, après une brillante carrière de notaire, à Paris, venu le temps de la retraite, il va s’enfermer dans sa propriété natale du Cantal pour s’atteler à l’œuvre de sa vie.

Car ses lectures et compilations diverses sur ces événements lui avaient laissé un goût amer, celui de l’incompréhension, plus sûrement que des réponses souhaitées.

Or, pour comprendre « l’aboulie » française, il lui fallait d’abord réunir une somme d’informations, de documents, de témoignages, non seulement de la partie française mais aussi côté allemand, car le fil de son travail nécessitait sur la période 1918-1940, l’analyse de la politique française et celle de l’Allemagne et de leurs interactions.

Mémoires des principaux personnages de ces événements, dépêches diplomatiques, enquêtes parlementaires, recherches universitaires ont nourri ce colossal travail que seul un juriste talentueux, patient et persévérant pouvait mener.

Dans un livre de 535 pages, il démontre comment le traité de Versailles avait consacré la puissance européenne de la France et comment les autorités politiques et militaires de notre pays ont, au fil des ans, abandonné les moyens de cette puissance et, de renoncements en renoncements, provoqué la déroute de juin 1940. Dans le même temps, l’Allemagne qui n’avait jamais accepté la défaite, n’aura de cesse de démanteler cette nouvelle puissance française en Europe.

Dans cet ouvrage éclairé et passionnant, l’auteur, né au lendemain de la seconde guerre et qui a grandi à l’ombre des deux conflits mondiaux, fait la démonstration pertinente que la peur et la haine en ont été les principaux moteurs. Mais, hélas, dans la balance de l’Histoire, l’aboulie française a pesé beaucoup plus que le ressentiment allemand !

 

Michel Scarbonchi

 

Gabriel VIDALENC, « DE RETHONDES NOVEMBRE 1918 A RETHONDES JUIN 1940 : UNE HISTOIRE DE FRANCE ET D’Allemagne », Editions « Les Impliqués », 48 €

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Ancien député européen