Monde
18H42 - mardi 26 novembre 2019

Hommage à treize héros. Tribune de Michel Scarbonchi

 

Treize hommes de l’opération Barkhane sont morts dans le crash des deux hélicoptères qui les transportaient en intervention à la poursuite d’une bande de djihadistes.

Une fois encore, l’armée française paie le prix du sang dans la lutte contre le terrorisme.

Ce drame militaire n’est pas sans rappeler l’opération  « Eagle Claw » des Américains pour libérer les 56 otages de leur ambassade à Téhéran qui se solda par 8 morts et 4 blessés après qu’un hélicoptère heurta un avion transporteur.

A ceux qui, aussitôt les faits connus, se sont empressés – politique politicienne quand tu nous tiens ! – de s’interroger sur notre présence au Mali, pensant ouvrir ainsi un nouveau front contre le Président de la République, faut-il leur rappeler que sans la présence des troupes françaises, une grande partie de l’Afrique de l’Ouest aurait toutes les chances de passer sous domination de l’Etat Islamique (EI).

Aujourd’hui, le Mali, le Niger, le Burkina-Faso, la Guinée, et demain, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et d’autres… Une catastrophe qui ramènerait la guerre irako-syrienne contre Daesh à « un amuse-gueule » !

Nous devons comprendre définitivement que se joue dans le Sahel, non seulement la sécurité de l’Afrique mais aussi, celle du Maghreb et plus encore la sécurité de l’Europe.

Faut-il rappeler aux « esprits chagrins » qui croient que cela n’arrivera jamais que l’EI a pris le contrôle de 50% des territoires syriens et irakiens en moins d’un an malgré les Etats-Unis et l’OTAN.

Dans une Afrique sahélienne plus pauvre que pauvre, aux gouvernants impopulaires et où les moins de 25 ans représentent 65 % de la population, cela ira encore plus vite…

Ce qui n’est pas acceptable, c’est » la solitude militaire française » en Afrique. L’ONU serait bien inspirée de rapatrier ses forces en RDC, incapables d’empêcher des massacres journaliers de civils et de les affecter dans le Sahel.

Quand aux armées africaines, la seule digne de ce nom est celle du Tchad qui a déjà payé un lourd tribu dans la lutte contre les islamistes, les autres nécessitant formations et équipements. Donc du temps, ce que nous n’avons pas…

Et l’Union européenne, qu’attend-t-elle pour s’engager plus avant ?

Il est temps maintenant que la Nation rende hommage à ses 13 officiers et sous-officiers de notre armée, bouclier du peuple français contre la barbarie islamiste.

Au moment où notre société est traversée violemment de revendications catégorielles et identitaires, n’oublions pas que ces soldats de la République qui meurent pour nous sont les seuls qui n’ont pas le droit de revendiquer et de manifester dans notre pays !

En pensant à leurs familles, leurs veuves, leurs orphelins, puissions-nous tirer de ce drame, une leçon de solidarité et d’humilité.

 

Michel SCARBONCHI

Ancien député européen

Ancien député européen