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17H14 - vendredi 4 octobre 2019

Tensions entre Macron et éleveurs, Banksy record, Hong Kong interdit le port du masque, Le « Bouquet de Tulipes » de Jeff Koons dévoilé à Paris, l’actualité du 4 octobre en 4 photos

 

Sommet de l’élevage : Macron tance les éleveurs qui ont expulsé des députés

Emmanuel Macron avec des éleveurs le 4 octobre 2019 au « Sommet de l’élevage » à Cournon-d’Auvergne près de Clermont-Ferrand – AFP / PHILIPPE DESMAZES

 

Emmanuel Macron, venu soutenir les éleveurs à Cournon-d’Auvergne, les a aussi vertement tancés vendredi, jugeant « inacceptable » la « violence » à l’encontre des « élus de la République » qui ont été expulsés jeudi du Sommet de l’élevage pour avoir voté en faveur du traité de libre-échange UE-Canada. « La violence est inacceptable envers un élu de la République, rien ne justifie la violence envers un élu de la République, sinon on aura des menaces sous prétexte qu’un élu n’a pas voté ceci ou cela, on sera légitime pour leur casser la devanture » a déclaré le président de la République à la fin d’une visite impromptue et bousculée au milieu des vaches.

« Je l’ai dit ce matin très clairement aux représentants (du monde agricole, NDLR), non seulement je le condamne, mais pour moi c’est une attitude qu’ils devraient eux-mêmes condamner officiellement. Les grands syndicats agricoles ne peuvent pas cautionner cela, je comprends la colère, mais les problèmes on ne va pas les régler comme ça, c’est anti-démocratique et anti-républicain » a ajouté le président.

Les deux députés LREM chahutés par les éleveurs, Roland Lescure et Jean-Baptiste Moreau, ont dénoncé leur évacuation du salon, Roland Lescure regrettant « vivement qu’une minorité agitatrice interrompe avec véhémence un débat autour des enjeux du Ceta ». Cet été, de nombreuses permanences parlementaires d’élus de la majorité ont aussi été dégradées après le vote de ratification par l’Assemblée nationale le 23 juillet de l’accord de libre-échange UE-Canada.

« L’action de jeudi était un peu dure, mais à la hauteur de l’exaspération des éleveurs vis-à-vis de ces députés, et elle a notre soutien total » a dit à l’AFP Patrick Bénézit, secrétaire général adjoint de la FNSEA.

« Les éleveurs n’en peuvent plus de voir certains députés nous expliquer que cela nous ferait du bien de voir arriver sur le marché français 65.000 tonnes de viande canadienne, produite avec des substances interdites en Europe, et ce, alors que nous n’arrivons pas à vendre la notre à des prix corrects » a ajouté M. Bénézit.

« Les éleveurs en ont plus qu’assez qu’un certain parlementaire se disant paysan insulte notre profession » a-t-il ajouté, visant Jean-Baptiste Moreau, lui-même agriculteur. Il a rappelé que M. Lescure, « qui représente les Français de l’étranger vit au Canada ».

 


 

Le Parlement des singes de Banksy adjugé 11,1 millions d’euros, un record pour l’artiste

Le tableau de Banksy « Devolved Parliament » (Parlement dévolu), le 27 septembre 2019 à Londres – AFP/Archives / Tolga Akmen

 

En plein débat sur le Brexit, une toile du street artiste Banksy représentant le Parlement britannique peuplé de singes a été adjugée 9,9 millions de livres (11,1 millions d’euros) jeudi soir à Londres, une enchère record pour l’artiste britannique qui a pulvérisé l’estimation.

Le précédent record pour une oeuvre de Banksy, dont la véritable identité reste un mystère, était de 1,87 million de dollars (1,7 million d’euros), en 2008 à New York. « Prix record pour une peinture de Banksy atteint ce soir. Dommage elle ne m’appartenait plus », a réagi l’artiste sur Instagram. Il l’avait vendu en 2011 à celui qui s’en est séparé jeudi.

La toile, de 2,50 m par 4,2 m sans son cadre, était estimée entre 1,5 et deux millions de livres sterling (entre 1,7 et 2,25 millions d’euros). Elle a été adjugée après 13 minutes « d’enchères disputées » où « dix collectionneurs » ont fait s’envoler le prix, a indiqué Sotheby’s. L’identité de l’acquéreur n’a pas été divulguée. Cette peinture dystopienne met en scène des chimpanzés assis sur les banquettes vertes de la Chambre des communes, en lieu et place des députés britanniques.

La vente est survenue à moins d’un mois de la date prévue du Brexit, le 31 octobre, dans un pays toujours très divisé, plus de trois ans après le référendum de juin 2016 décidant du divorce avec l’Union européenne.

 

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Hong Kong : l’exécutif interdit le port du masque lors des manifestations

la cheffe de l’exécutif Carrie Lam lors d’une conférence de presse à Hong Kong le 4 octobre 2019 – AFP / Philip FONG

 

Les autorités hongkongaises ont invoqué vendredi une loi d’urgence qui n’avait plus été utilisée depuis 1967 pour interdire le port du masque lors des manifestations, et ce dans le but de mettre un terme à quatre mois d’une contestation sans précédent. L’ex-colonie britannique traverse depuis juin sa pire crise politique depuis sa rétrocession à Pékin en 1997, avec des actions quasi quotidiennes, et des confrontations de plus en plus violentes entre forces de l’ordre et manifestants au visage masqué. Et le gouvernement central chinois comme l’exécutif hongkongais qui lui est fidèle sont à la peine pour contenir la mobilisation.

Vendredi, la cheffe de l’exécutif Carrie Lam, qui concentre les foudres des manifestants, a invoqué des dispositions d’urgence (Emergency Ordinance Regulations) datant de 1922 pour interdire le port du masque. « Nous pensons que la nouvelle loi aura un effet dissuasif sur les manifestants violents et émeutiers masqués, et assistera la police dans sa mission de maintien de l’ordre », a déclaré Mme Lam lors d’une conférence de presse. Elle a tenu à préciser que l’utilisation de cette loi ne signifiait pas que son gouvernement avait déclaré l’état d’urgence sur le territoire semi-autonome. « Bien que la loi contienne le mot urgence, Hong Kong n’est pas sous le régime de l’état d’urgence », a-t-elle dit.

Devançant cette annonce qui avait fuité dans la presse, des milliers de Hongkongais avaient manifesté auparavant sur l’île de Hong Kong, en promettant de ne pas respecter l’interdiction. Pour ne pas être identifiés et éviter les poursuites judiciaires, les manifestants ont depuis juin pris l’habitude de défiler avec des masques. Certains portent aussi des casques, des lunettes de protection ou des masques à gaz afin de se protéger des gaz lacrymogènes et des projectiles tirés par la police. « Les jeunes risquent leurs vies, cela leur est égal d’être emprisonnés pour dix ans, donc ce n’est pas le fait de porter un masque qui leur posera problème », a prévenu vendredi après-midi un employé de 34 ans le visage couvert par un masque chirurgical.

La ville a connu mardi sa journée la plus violente depuis juin. Alors que la Chine populaire célébrait son 70ème anniversaire, Hong Kong a été le théâtre d’affrontements dans de nombreux quartiers qui ont considérablement éprouvé les capacités de maintien de l’ordre de la police. Et pour la première fois, un manifestant a été blessé par un tir à balle réelle d’un policier dont l’unité avait été attaquée. Depuis, des élus de la majorité (pro-Pékin) au Parlement de Hong Kong et des syndicats de police ont appelé l’exécutif à recourir aux pouvoirs d’urgence.

La loi de 1922 autorise l’exécutif à prendre « n’importe quelle mesure », sans feu vert du corps législatif, dans l’éventualité d’une situation d’urgence ou d’un danger pour la population.

 


 

Finie la polémique ? Le « Bouquet de Tulipes » de Jeff Koons dévoilé à Paris

« Le bouquet de tulipes » du plasticien américain Jeff Koons inaugurée près du Petit Palais, le 4 octobre 2019 à Paris – AFP / STEPHANE DE SAKUTIN

 

Rarement bouquet de fleurs aura autant fait parler de lui… Après presque trois ans de polémiques, les « Tulipes » géantes de l’artiste Jeff Koons, cadeaux des Etats-Unis à la ville de Paris après les attentats de 2015-2016, ont été inaugurées vendredi.

« Photographes ! Instagrammeurs ! On y va », ont lancé les organisateurs quelques secondes avant de dévoiler la statue monumentale (haute de 12 mètres) représentant une main tenant un bouquet de tulipes, située derrière le Petit palais, près des Champs-Elysées.

« Il y a seulement onze fleurs. La douzième symbolise la perte née des attentats », a déclaré l’artiste américain, après un long discours de remerciements où il a invoqué l’esprit de Bartholdi, l’auteur de la statue de la Liberté. Son bouquet évoque la main de la statue brandissant la torche et dialogue avec le « Bouquet de l’Amitié » de Pablo Picasso, a-t-il souligné dans son discours.

A l’origine, cette oeuvre avait été proposée en novembre 2016 par l’ambassade américaine, comme un hommage aux victimes des attentats ayant endeuillé la capitale. Jeff Koons avait initialement souhaité qu’elle soit installée près du Trocadéro, entre le musée d’art moderne et le Palais de Tokyo, un lieu fréquenté par les touristes.

Devant la levée de boucliers, un emplacement plus discret, visible du petit Palais et à quelques encablures de l’ambassade américaine, avait été choisi sur un jardin municipal. « Je voulais rendre ce soutien visible », a souligné Jane Hartley, l’ancienne ambassadrice des Etats-Unis en France, qui avait sollicité Jeff Koons pour ce projet devenu au fil du temps un enjeu diplomatique entre les deux pays.

« Un cadeau, ça s’accepte », a renchéri la maire de Paris, Anne Hidalgo.

« Tout est grand à Paris: les émotions, les polémiques… », a-t-elle ajouté, face aux nombreuses controverses ayant entouré ce projet, de son emplacement à la personnalité de l’artiste — accusé de participer à une marchandisation excessive de l’art contemporain — en passant par son coût (3,5 millions d’euros financés par des donateurs privés). « Au fond de moi, je ne voulais pas rater cette opportunité extraordinaire pour Paris, d’avoir ce cadeau des Etats-Unis, de Jeff Koons », a poursuivi l’édile lors de la cérémonie d’inauguration.

Parmi l’assistance, figuraient notamment le milliardaire Xavier Niel, le journaliste Nikos Aliagas et des familles de victimes des attentats de l’association 13onze15. Jeff Koons a d’ailleurs été les saluer et a échangé avec elles, une fois la statue dévoilée.

L’artiste a prévu de reverser les revenus (à hauteur de 80%) perçus au titre de ses droits d’auteur aux associations des familles de victimes. Les 20% restants doivent aller à la Ville de Paris pour la maintenance de l’oeuvre.

Connu pour ses oeuvres kitsch et ses clins d’oeil appuyés à la pop culture, Jeff Koons déchaîne les passions mais fait souvent exploser les compteurs: en mai, une de ses sculptures, Le « Rabbit », moulage en acier d’un lapin gonflable, a été vendue 91 millions de dollars à New York, record pour un artiste vivant.

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