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17H47 - mardi 10 septembre 2019

Brexit, l’homophobie pour Le Graët, les talibans menacent Trump, décès de Robert Frank, l’actualité du 10 septembre en 4 photos

 

Brexit : Boris Johnson en quête d’un accord avec l’UE après des désaveux au Parlement

Le Premier ministre britannique Boris Johnson sur une image tirée d’une vidéo fournie par le Parlement, le 9 septembre 2019 à Londres – PRU/AFP / –

 

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a affirmé mardi vouloir se démener pour trouver un nouvel accord de divorce avec l’UE, après une série de cinglants désaveux à la Chambre des Communes qui contrarient sa stratégie d’un Brexit coûte que coûte.

Le dirigeant conservateur a déclaré qu’il allait « s’évertuer à obtenir un accord » d’ici à un sommet européen les 17 et 18 octobre à Bruxelles, juste après que les députés lui ont refusé tôt mardi l’organisation d’élections législatives anticipées.

Boris Johnson a réuni son conseil des ministres dans la matinée pour décider de la marche à suivre après une semaine éprouvante au Parlement, où il a essuyé camouflet sur camouflet et perdu la majorité absolue à la suite de défections et d’expulsions de députés rebelles de son Parti conservateur.

En fin d’après-midi, il doit recevoir à Londres Arlene Foster, la cheffe du parti unioniste nord-irlandais DUP allié au gouvernement, et Nigel Dodds, son chef de file à la Chambre. Un porte-parole de M. Johnson a démenti des rumeurs sur un possible assouplissement de la position britannique concernant le sort de la frontière irlandaise.

Londres et Bruxelles ne parviennent pas à s’entendre sur la manière de maintenir ouverte cette démarcation après le Brexit. Boris Johnson souhaite supprimer de l’accord de retrait négocié par celle qu’il a remplacée, Theresa May, une disposition qui empêcherait selon lui le Royaume-Uni d’avoir une politique commerciale indépendante.

Mais pour l’UE, faute de solution alternative crédible, il n’est pas question de revenir sur cette mesure, appelée « backstop » (« filet de sécurité »).

Cette clause de sauvegarde prévoit que le Royaume-Uni tout entier reste dans un « territoire douanier unique » avec l’UE si une meilleure solution n’est pas trouvée à l’issue d’une période transitoire. Elle vise à empêcher le retour d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord, une province britannique, et la République d’Irlande, un Etat membre de l’UE.

Arlene Foster, qui en tant qu’unioniste refuse tout statut particulier pour l’Irlande du Nord, a prévenu sur la chaîne de télévision Sky News que la province ne devait pas être sacrifiée dans les discussions car cela entraînerait « la rupture » du Royaume-Uni.

David Frost, le conseiller de Boris Johnson, participera à des discussions avec Bruxelles en fin de semaine, selon le porte-parole du Premier ministre.

 


 

Homophobie dans le foot : Le Graët persiste et signe

Le président de la Fédération française de football, Noël Le Graët, en conférence de presse à Istra, près de Moscou, le 14 juin 2018 – AFP/Archives / FRANCK FIFE

 

Un joli pavé dans la mare: à quelques heures de France-Andorre, en qualifications à l’Euro-2020, le président de la Fédération française (FFF) Noël Le Graët a réitéré ses propos sur l’homophobie en demandant aux arbitres de ne plus arrêter de matches.

La semaine passée, M. Le Graët avait déjà détonné en estimant dans les colonnes de Ouest-France « qu’on arrêtait trop de matches » pour des manifestations homophobes dans les stades.

Cette fois, c’est sur France Info que le président de la « 3F », 77 ans, a enfoncé le clou, mardi matin: « L’arrêt des matches ne m’intéresse pas. C’est une erreur. J’arrêterais un match pour des cris racistes, j’arrêterais un match pour une bagarre, des incidents s’il y a un danger dans les tribunes », a poursuivi M. Le Graët, assurant que le racisme dans les stades et l’homophobie en tribunes, « ce n’est pas la même chose » et appelant les clubs à « agir » via leurs services de sécurité.

La semaine dernière, la ministre des Sports Roxana Maracineau avait fait part de son étonnement après les propos de Le Graët qui, sans la nommer, la mettait en cause. Mme Maracineanu devait réagir à cette nouvelle sortie dans l’après-midi, après les questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.

Le président de la FFF « espère » que sa nouvelle consigne sera prise en compte dès la prochaine journée de championnat. La Direction technique de l’arbitrage (DTA), qui assure la gestion des arbitres de Ligue 1 et de Ligue 2, dépend de la FFF.

Du côté du corps arbitral, « le message (du président Le Graët) a été entendu », a indiqué à l’AFP une source proches des arbitres, se disant « dans l’attente d’une consigne qui sera certainement transmise » en vue du prochain week-end de championnat et confirmant que « les consignes données aux arbitres relèvent de la FFF »

Cette nouvelle sortie du président de la fédération a suscité de vives réactions, et même de la colère parmi les associations qui luttent contre l’homophobie.

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Afghanistan : les talibans menacent Trump de nouveaux combats si les pourparlers cessent

Des soldats américains dans la province afghane de Wardak, le 6 juin 2019 – AFP/Archives / THOMAS WATKINS

 

Les talibans ont averti mardi que les combats continueraient en Afghanistan si les Etats-Unis abandonnent les discussions sur un retrait de leurs troupes, comme l’a déclaré le président américain Donald Trump en affirmant qu’elles étaient « terminées pour de bon ».

« Nous avions deux façons d’en finir avec l’occupation de l’Afghanistan, celle du jihad et des combats, et celle des pourparlers et des négociations. Si Trump veut arrêter les discussions, nous emprunterons le premier chemin et ils le regretteront bientôt », a dit un porte-parole, Zabihullah Mujahid.

La veille, M. Trump avait martelé que les négociations avec les talibans étaient « terminées pour de bon », après l’annulation d’une rencontre secrète prévue à Camp David dont l’idée même a suscité la perplexité à Washington.

Les propos du locataire de la Maison Blanche tranchaient avec ceux de son chef de la diplomatie Mike Pompeo qui n’avait pas exclu dimanche une reprise des discussions avec les insurgés afghans.

« Elles sont terminées pour de bon. En ce qui me concerne, elles sont terminées », a lancé M. Trump, optant pour un ton résolument offensif.

Après avoir rompu ces négociations qui semblaient pourtant sur le point d’aboutir à un accord historique après 18 ans de guerre, Donald Trump a assuré que l’armée américaine avait durci son offensive contre le mouvement rebelle depuis l’attentat meurtrier de jeudi à Kaboul qui a tué un soldat américain.

« Au cours des quatre derniers jours, nous avons frappé nos ennemis plus fort qu’à n’importe quel moment ces dix dernières années », a-t-il tweeté, en réponse à la menace des talibans dimanche de faire « souffrir » l’Amérique.

La spectaculaire rupture des tractations signifie-t-elle l’abandon du retrait progressif d’une partie des 13.000 à 14.000 soldats américains en Afghanistan, tel qu’envisagé dans l’accord qui était en négociation?

« J’aimerais partir mais nous partirons au bon moment », a répondu, évasif, M. Trump, élu sur la promesse maintes fois répétée de « mettre fin aux guerres sans fin ».

Visiblement désireux de contrer l’image d’un président qui gouverne par à-coups dans une Maison Blanche placée sous le signe du chaos, M. Trump a dénoncé avec virulence les articles évoquant des dissensions au sein de son équipe.

Des médias américains ont rapporté que le vice-président Mike Pence, mais aussi le conseiller à la sécurité nationale John Bolton, étaient opposés à la venue des talibans à Camp David, la résidence secondaire des présidents américains théâtre de plusieurs sommets historiques.

 


 

Robert Frank, monument de la photographie américaine, est décédé

GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives / Bryan Thomas

 

Monument de la photographie du XXe siècle, l’Américain d’origine suisse Robert Frank, mort lundi à l’âge de 94 ans, avait frappé les esprits avec son album « Les Américains » (1958), qui devait profondément influencer les générations suivantes. Devenu un classique, ce livre, véritable manifeste contre la tradition, est l’œuvre d’un écorché vif qui a interrogé et redéfini tout au long de sa carrière les limites de l’image. Refusé par les éditeurs américains, il paraît d’abord en France en 1958 chez Robert Delpire. Il regroupe 83 photographies, sur plus de 28.000 (soit 700 pellicules) prises par l’auteur lors d’un long voyage à travers 48 Etats américains.

L’album s’inscrit dans la ligne de la Beat Generation, mouvement littéraire et artistique, où suivre l’instinct l’emporte sur les fondements des techniques du photojournalisme, où les photos sont comme happées et non plus cadrées. « J’ai essayé d’oublier les photos faciles pour tenter de faire surgir quelque chose de l’intérieur », expliquait l’auteur, pour qui primaient le sens de l’immédiateté et l’accent mis sur le point de vue du photographe.

L’ouvrage sort aux Etats-Unis en 1959, préfacé par l’écrivain Jack Kerouac, l’auteur du célèbre roman « Sur la route ». Il est fraîchement accueilli : on le considère déprimant et subversif. Il faut dire qu’il révèle la face sombre de l' »American dream » : pauvreté, ségrégation, inégalités et solitude.

Comme Kerouac et d’autres écrivains de la Beat Generation, Robert Frank s’était lancé à l’aventure, vers l’Ouest, le long de la fameuse route 66, son Leica en bandoulière. Entre avril 1955 et juin 1956, il avait photographié les mondaines new-yorkaises, les snacks bars, les routes, les Noirs dans les champs, les drive-in, etc. Le reportage subjectif était né.

« Frank produisait un sentiment par images », a dit Walker Evans, autre monstre sacré de la photo, connu pour son travail sur la Grande dépression (autour des années 1930) et qui allait beaucoup influencer Frank.

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Avocat au barreau de Paris et co-Président des “Rendez-vous d’Afrique(s)”, Pierre Masquart rend hommage à l’ancien ministre des affaires étrangères avec lequel il avait déjà créé, dans les années 1990, une association…