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18H24 - mercredi 4 septembre 2019

Entrées au gouvernement, retrait du texte controversé à Hong Kong, nouveau gouvernement italien, décès de Peter Lindbergh, l’actualité du 4 septembre en 4 photos

 

Le gouvernement s’étoffe avec Delevoye aux retraites et Djebbari aux transports

Le haut-commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye, le 18 juillet 2019 à Paris – AFP/Archives / Kenzo TRIBOUILLARD

 

Le gouvernement s’est élargi mardi avec les nominations de Jean-Paul Delevoye, qui défendra politiquement la réforme des retraites, et du député Jean-Baptiste Djebbari qui hérite du portefeuille des Transports.

Au total, 37 membres du gouvernement – 19 hommes et 18 femmes – assisteront mercredi au séminaire gouvernemental qui marque la rentrée autour d’Emmanuel Macron et Édouard Philippe. Avec ces deux nominations, le nombre d’hommes au gouvernement redevient majoritaire après avoir, pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, penché au bénéfice des femmes après la démission le 17 juillet du ministre de la Transition écologique François de Rugy, remplacé par Elisabeth Borne, qui conserve aussi les Transports dans son périmètre.

La promotion à l’âge de 72 ans de Jean-Paul Delevoye n’est pas une surprise. Son entrée au gouvernement va lui permettre d' »écrire la future loi » réformant les régimes de retraites, puis de la présenter en Conseil des ministres, où il pourra désormais siéger, et enfin de la défendre devant le Parlement.

Comme pour Martin Hirsch en 2007, il conserve le poste de haut-commissaire à la réforme des retraites, qu’il occupe depuis septembre 2017 auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, déjà mobilisée sur de nombreux fronts (projet de loi de bioéthique, crise des urgences,…). A ce titre, l’ancien ministre chiraquien avait remis mi-juillet au Premier ministre le rapport qui lui avait été commandé. Il y préconise l’instauration d’un « système universel » par points remplaçant les 42 régimes actuels et un âge de 64 ans pour une retraite à taux plein.

Il retrouvera dès jeudi les partenaires sociaux, sur fond de cacophonie gouvernementale notamment sur « l’âge pivot » à 64 ans et l’agenda de la réforme.

La semaine dernière, Emmanuel Macron avait cependant annoncé sa préférence pour une modulation de la durée de cotisation plutôt que de l’âge de départ.

« Jean-Paul Delevoye porte depuis trois ans la réforme des retraites, il est naturel qu’il poursuive ce projet au sein du gouvernement. Il a montré une très grande écoute des partenaires sociaux, qui correspond à la méthode de travail voulue pour l’acte II » du quinquennat, précise l’Elysée.

 


 

Le gouvernement hongkongais annonce le retrait du texte controversé sur les extraditions

La cheffe de l’exécutif de Hong Kong Carrie Lam lors d’une conférence de presse le 3 septembre 2019 – AFP / Anthony WALLACE

 

La cheffe de l’exécutif hongkongais Carrie Lam a annoncé mercredi le retrait définitif de son projet de loi sur les extraditions, à l’origine de trois mois de contestation sans précédent dans l’ex-colonie britannique.

Cette décision, qui constitue une reculade rare de la part du gouvernement pro-Pékin, pourrait cependant ne pas suffire à contenter des manifestants qui ont au fil de l’été élargi leurs revendications, pour dénoncer l’érosion des libertés et les ingérences grandissantes de la Chine dans les affaires de sa région semi-autonome.

« Le gouvernement retirera officiellement le projet de loi afin d’apaiser complètement les inquiétudes de la population », a déclaré Mme Lam dans une vidéo diffusée par ses services.

L’ex-colonie britannique traverse depuis début juin sa crise politique la plus grave depuis sa rétrocession à Pékin en 1997, avec des actions quasi quotidiennes, et notamment des manifestations monstres, qui ont parfois dégénéré en graves violences.

Le retrait du projet de loi sur les extraditions -dont les manifestants redoutaient qu’il ne place la ville à la merci d’une justice chinoise politisée- est une des cinq demandes clés du mouvement. L’idée que Mme Lam puisse annoncer l’abandon définitif du texte, dont l’examen avait été suspendu après les premières manifestations, avait été annoncée en début d’après-midi par plusieurs médias hongkongais, puis confirmée par un député qui avait rencontré la cheffe de l’exécutif.

Ces informations, et l’espoir d’un apaisement dans la crise qui secoue le grand centre financier qu’est Hong Kong, ont fait bondir la Bourse locale, qui a clôturé sur une hausse de près de 3,90%, alors qu’elle avait cédé plus de 10% depuis juin. Mais il n’est pas sûr que cette concession suffise à apaiser des manifestants qui demandent beaucoup plus.

« Pas assez, trop tard », a déclaré Joshua Wong, qui fut en 2014 le visage du « Mouvement des parapluies » et qui a été arrêté brièvement la semaine dernière dans le cadre d’un coup de filet contre les grandes figures de la mobilisation actuelle. « Nous appelons aussi le monde à prendre garde à cette tactique et à ne pas se laisser tromper par Hong Kong et le gouvernement chinois. Ils n’ont en fait rien concédé, et une répression de grande échelle se prépare. » Des commentaires furieux sont aussitôt apparus sur les différents forums utilisés par le mouvement pro-démocratie, soulignant notamment qu’un retrait du projet de loi ne mettait pas fin aux protestations.

« Plus de 1 000 personnes ont été arrêtées, un nombre incalculable blessées », indiquait notamment un message largement diffusé sur l’application de messagerie Telegram, avant d’ajouter: « Cinq exigences majeures, pas une de moins. Libérez HK, la révolution maintenant ». Les manifestants demandent notamment l’introduction du suffrage universel et l’ouverture d’une enquête indépendante sur l’usage de la force par la police.

 


 

L’Italie se dote d’un nouveau gouvernement après un mois de crise

Giuseppe Conte donne la liste des membres de son gouvernement, à Rome le 4 septembre 2019. – AFP / Filippo MONTEFORTE

 

Après un mois d’une crise politique estivale inédite déclenchée par Matteo Salvini, l’Italie s’est dotée mercredi d’un nouveau gouvernement, qui se veut un savant équilibre entre les inclassables Cinq Etoiles et les sociaux-démocrates, de retour au pouvoir.

Après avoir rencontré le président, Sergio Mattarella, le Premier ministre Giuseppe Conte, reconduit à son poste, a annoncé la composition de son nouveau gouvernement, formé de sept femmes et quatorze hommes.

Le poste stratégique de ministre de l’Economie et des Finances a été confié à l’actuel président de la commission des Affaires économiques au Parlement européen Roberto Gualtieri, un membre éminent du Parti démocrate (PD, social-démocrate)).

L’Italie, la troisième puissance de la zone euro, très endettée (132% du PIB) et au bord de la récession, doit trouver des fonds pour éviter une hausse de la TVA l’an prochain.

Rome a aussi entretenu des relations difficiles avec Bruxelles ces derniers mois et évité de justesse une procédure d’infraction pour déficit public excessif. M. Gualtieri sera aux avant-postes pour tenter d’obtenir un adoucissement des règles communautaires.

Jusqu’ici vice-Premier ministre et ministre du Développement économique, le chef du Mouvement 5 Etoiles (M5S) Luigi Di Maio décroche le prestigieux portefeuille des Affaires étrangères.

Un poste en forme de lot de consolation car il s’était montré déterminé ces derniers jours à conserver son poste de numéro deux du gouvernement.

Une femme, l’ex-préfète de Milan, Luciana Lamorgese, a été choisie pour la délicate tâche de succéder à la tête du ministère de l’Intérieur au chef de la Ligue (extrême droite), le souverainiste Matteo Salvini, qui pendant les 14 mois de coalition avec les Cinq Etoiles a considérablement durci la politique de l’Italie pour limiter les flux migratoires et contre les ONG qui les aident.

« Fort d’un programme orienté vers l’avenir, nous consacrerons nos meilleures énergies, nos compétences et notre passion à rendre l’Italie meilleure dans l’intérêt de tous les citoyens », a brièvement déclaré M. Conte.

Il s’est attaché à former une équipe respectant l’équilibre entre les deux forces politiques, qui s’étaient jusqu’ici toujours combattues.

Le juriste de 55 ans, qui s’était lui-même qualifié d' »avocat du peuple » en prenant en juin 2018 les rênes de son premier gouvernement, a nommé un autre poids lourd du Parti démocrate, Lorenzo Guerini, au ministère de la Défense.

Il a désigné Paola De Micheli aux fonctions de ministre des Infrastructures et des Transports et une autre femme, Nuncia Catalfo, au Travail, cette dernière y succédant à Luigi Di Maio.

Autre homme fort du Parti démocrate, un temps pressenti pour être le vice-Premier ministre de Giuseppe Conte, Dario Franceschini retrouve le portefeuille de la Culture qu’il avait eu entre 2014 et 2018, sous les gouvernements de centre gauche dirigés par Matteo Renzi, puis Paolo Gentiloni.

Les Cinq Etoiles conservent certains ministères qu’il détenaient dans l’équipe sortante, comme la Justice (Alfonso Bonafede), l’Environnement (Sergio Costa) et le Développement économique (Stefano Patuanelli).

Les investisseurs saluaient mercredi la naissance de ce nouveau gouvernement.

A mi-journée, avant l’annonce officielle de sa composition, le spread (écart entre le taux de la dette italienne à 10 ans et le taux allemand) reculait à 146 points, un seuil très bas, en net recul par rapport aux 158 de mardi soir, qui était déjà le minimum atteint depuis mai 2018, soit avant l’arrivée de la coalition populiste.

Le gouvernement Conte 2, né après la rupture le 8 août par Matteo Salvini d’une instable alliance avec le M5S, prêtera serment jeudi à 08H00 (06H00 GMT) au Palais du Quirinal, le siège de la présidence de la République.

Il devra par la suite, dans les tout prochains jours, également obtenir la confiance des deux chambres du parlement avant de prendre ses fonctions.

Selon des projections, la nouvelle coalition pourrait disposer de 167 élus au Sénat (sur 315) et de 347 à la Chambre des députés (sur 630), soit de la majorité absolue dans chacune de ces deux assemblées.

Pour élargir sa base parlementaire, Giuseppe Conte a impliqué le petit parti de gauche Liberi e Uguali (LEU – Libres et égaux) dont l’un des dirigeants, Roberto Speranza, prend le portefeuille de la Santé.

« C’est un gouvernement né sur la peur de lâcher son fauteuil, sans dignité, sans idéal », a dénoncé M. Salvini, déjà parti en campagne pour essayer de le faire tomber avant la fin de la législature au printemps 2023.

 


 

Peter Lindbergh, le photographe qui mettait les femmes en lumière, est mort

Le photographe allemand Peter Lindbergh à Los Angeles, le 20 septembre 2016 – GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives / Frazer Harrison

 

Il a contribué à l’émergence des super-modèles dans les années 90 et a marqué le monde de la mode avec ses portraits sans fards, souvent en noir et blanc, de stars et de mannequins : à 74 ans, le photographe allemand Peter Lindbergh est décédé.

« Je retouche très peu mes images, je ne veux pas déformer ni massacrer les femmes », expliquait le photographe fasciné par « la géographie » des visages, devant des étudiants se destinant aux métiers de la mode il y a quelques années. Et les femmes le lui rendaient bien: Kate Moss, Naomi Campbell, Linda Evangelista, Milla Jovovich côté mannequins, Nicole Kidman, Isabelle Huppert ou encore Julianne Moore lui accordaient une entière confiance, s’abandonnant devant son objectif.

« Considéré comme un pionnier dans son art, (Peter Lindbergh) a su redéfinir la photographie de mode contemporaine et ses standards de beauté en sublimant les femmes de tout âge », souligne mercredi le communiqué de sa famille annonçant son décès survenu mardi, sans donner plus de précisions sur le lieu ou les circonstances. De nationalité allemande, Lindbergh, né en novembre 1944 à Leszno en Pologne, a accédé à la célébrité en collaborant avec de nombreuses revues (Vogue, Vanity Fair, Harper’s Bazaar…), en participant à un grand nombre de campagnes publicitaires ainsi qu’au fameux calendrier Pirelli. Il venait tout juste de participer au numéro de Vogue UK de septembre, avec la duchesse de Sussex comme rédactrice en chef. Un numéro pour lequel il a immortalisé une série de femmes fortes, de la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern à la jeune activiste suédoise Greta Thunberg. En noir et blanc, comme à son habitude. « Le film noir et blanc a une autre façon de refléter la peau. On remarque alors le moindre détail, et la photo devient très vite un portrait », racontait-il dans une interview à Paris Match.

 

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