Actu
16H59 - mardi 3 septembre 2019

Ouragan Dorian, violences conjugales, loyers à Paris, Six polluants présents dans l’organisme, l’actualité du 3 septembre en 4 photos

 

Ouragan Dorian : au moins cinq morts aux Bahamas, évacuations massives aux Etats-Unis

 

L’ouragan Dorian continuait mardi de s’acharner sur les Bahamas, où il a fait au moins cinq morts, avec des vents d’une extrême violence, des vagues plus hautes que les toits de nombreuses maisons, et au moins 61.000 personnes ayant besoin d’aide alimentaire.

Aux Etats-Unis, plusieurs millions de personnes en Floride, en Géorgie et en Caroline du Sud ont reçu l’ordre d’évacuer les côtes, que Dorian devrait frôler à partir de mardi soir. La Floride a commencé à sentir les effets de Dorian avec de fortes pluies et de possibles tornades mardi, et le risque de crues subites et d’inondations va s’accroître, a averti tôt mardi le Centre national des ouragans américain (NHC).

L’ouragan s’est affaibli dans la nuit et a été rétrogradé à la catégorie 3 par le NHC à 05H00 GMT mais devrait rester dangereux et les habitants des Bahamas ont reçu pour consigne de rester à l’abri. Il était passé lundi à 4 contre le niveau 5 maximum dimanche lorsqu’il a touché terre dans les îles Abacos dans le nord-est de l’archipel. Mardi, il restait stationnaire, selon un dernier bulletin du NHC à 10H00 GMT, balayant l’île de Grand Bahama dans le nord-ouest de l’archipel avec des pluies torrentielles et des vents à 195 km/h avec des rafales d’une vitesse parfois supérieure. Il devrait se mouvoir vers le nord-ouest durant la nuit de mardi à mercredi.

Le Premier ministre des Bahamas, Hubert Minnis, a confirmé lundi la mort d’au moins cinq personnes dans les îles Abaco et évoqué une « tragédie historique » pour cet archipel des Caraïbes comprenant 700 îles au relief très plat, facilement submergé par les vagues de trois à six mètres de haut charriées par l’ouragan. Les autorités ont annoncé le début des opérations de secours « là où les conditions le permettent ».

Un SMS envoyé par une habitante de Grand Bahama, que l’AFP a pu consulter, témoignait de la détresse des habitants pris au piège de cet interminable cataclysme: « Nous sommes sous l’eau. Est-ce que quelqu’un peut nous aider ou nous envoyer de l’aide? S’il vous plaît. Moi, mes six petits-enfants et mon fils sommes dans le grenier », écrivait cette habitante, Kendra Williams. Selon des témoignages sur les réseaux sociaux, le niveau de l’eau atteignait par endroits la hauteur des toits. Les vagues déchiquetaient le bois des habitations.

« Regardez-moi ça », témoignait un résident de l’île principale des Abacos Ramond A. King, dans une vidéo transmise à l’AFP montrant des rues inondées et jonchées d’arbres et de poteaux électriques arrachés. « Nous avons besoin d’aide, tout est par terre. Regardez mon toit, il s’est écroulé. Je suis en vie, grâce à Dieu. Je peux reconstruire ».

Au moins 61.000 personnes auraient besoin d’aide alimentaire, a estimé mardi l’ONU qui s’apprête à participer à deux équipes d’évaluation aux Bahamas, notamment avec des experts du Programme alimentaire mondial (PAM).

La Croix-Rouge avait estimé lundi que quelque 13.000 maisons pourraient avoir été endommagées ou détruites et que l’ouragan a causé des « dégâts considérables » dans les îles Abacos et Grand Bahama.

Après son passage dévastateur aux Bahamas, l’ouragan devrait longer les côtes américaines. Il « s’approchera dangereusement près de la côte est de la Floride de mardi soir à mercredi soir puis s’avancera dangereusement près des côtes de la Géorgie et de la Caroline du Sud mercredi soir et jeudi », selon le NHC.

 


 

Violences conjugales : le gouvernement annonce des premières mesures

Le Premier ministre Edouard Philippe, avec notamment Marlène Schiappa, annonce des mesures pour aider les femmes victimes de violences conjugales, le 3 septembre 2019 à Matignon – AFP / Eric FEFERBERG

 

Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé mardi de premières mesures pour venir en aide aux femmes victimes de violences conjugales, dont des places supplémentaires d’hébergement et de logement et la généralisation de la possibilité de déposer plainte à l’hôpital.

Lors du lancement du Grenelle des violences conjugales à Matignon, en présence de plus d’une dizaine de ministres et d’environ 80 invités, notamment des associations de défense et d’aide aux femmes victimes, le chef du gouvernement a expliqué que 5 millions d’euros supplémentaires allaient être débloqués pour créer à partir du 1er janvier 2020 1.000 nouvelles places d’hébergement et de logement d’urgence destinées aux femmes victimes de violences conjugales.

Ces places, qui s’ajouteront aux quelque 5.000 existantes, se déclineront en 250 places « dans les centres d’hébergement d’urgence, pour assurer des mises en sécurité immédiates », et 750 places de « logement temporaire », pour des périodes comprises entre 6 mois et un an, a précisé le chef du gouvernement.

M. Philippe a également annoncé la généralisation de la « possibilité de porter plainte à l’hôpital ». « Quand une femme se rend aux urgences pour coups et blessures, c’est déjà suffisamment pénible. Si elle doit retourner chez elle avant de porter plainte, elle retrouvera son conjoint qui risque de la menacer », a précisé le chef du gouvernement. Cette possibilité sera généralisée « à partir du 25 novembre », date de la fin de ce Grenelle, a-t-il ajouté.

Sur le plan judiciaire, il a annoncé que des « procureurs référents spécialisés » dans les violences conjugales seraient identifiés « dans les 172 tribunaux de France métropolitaine et (d’)outre-mer » et que des chambres d’urgence seraient expérimentées.

« Nous expérimentons ces chambres d’urgence pour que les dossiers soient traités en 15 jours avec une meilleure articulation des différents acteurs judiciaires. La première expérimentation aura lieu à Créteil », a-t-il précisé.

Il a évoqué en outre une proposition de loi portée par le groupe LREM pour une mise en place effective du « bracelet électronique anti-rapprochement », y compris « avant toute condamnation » dans le cadre d’un contrôle judiciaire ou d’une ordonnance de protection.

 


 

Logement : 10 000 euros le mètre carré à Paris

AFP/Archives / PASCAL PAVANI

 

L’immobilier parisien devrait finir l’année au-dessus des 10.000 euros le mètre carré: ce seuil jamais vu, dont le passage devrait être confirmé ce jeudi, marque une étape symbolique de la flambée des prix dans la capitale, ininterrompue depuis des années.

« Le prix au mètre carré des appartements parisiens (…) approchera 10.200 euros en septembre 2019, dépassant ainsi largement la barre des 10.000 euros », annonçaient fin juillet les notaires franciliens, dans une note repérée la semaine dernière par le Monde.

Ce sont les notaires qui, de concert avec l’Insee, établissent les chiffres de référence sur l’immobilier ancien français. Ils donneront ce jeudi leur bilan trimestriel.

Celui-ci concernera le second trimestre, au cours duquel les prix parisiens n’ont probablement pas passé le seuil des 10.000 euros. Mais c’est sur la base de leurs contrats préparatoires que les notaires – distinctement de l’Insee – pensent que ce seuil a été passé cet été.

Quelle que soit la date précise, l’évolution de fond est incontestable: les prix des logements parisiens connaissent depuis des années une flambée sans commune mesure avec le reste du territoire.

Il y a dix ans, selon les chiffres des notaires, le mètre carré parisien se vendait à peine plus de 6.000 euros : malgré une pause lors de la première moitié des années 2010, son prix a donc flambé de 66% tandis que, sur toute l’Île-de-France, la progression était bien inférieure à 50%.

Quant au reste des grandes villes françaises, si le marché immobilier est globalement en forme depuis trois ans – les prix bondissent désormais plus vite qu’à Paris dans certaines villes comme Nantes -, il y est bien loin de la capitale: toujours selon les notaires, Bordeaux et Lyon sont les plus chères, mais le mètre carré y est deux fois moins coûteux qu’à Paris pour les appartements.

Même si les acheteurs se déportent sur les départements limitrophes de la capitale – Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-De-Marne -, les prix y restent nettement plus bas: à part des exceptions comme Neuilly-sur-Seine, il suffit de passer le périphérique pour observer de gros écarts.

En revanche, le haut niveau des prix s’homogénéise sur l’ensemble de la capitale: au premier trimestre, tous les arrondissements s’inscrivaient à plus de 8.000 euros le mètre carré.

 


 

Bisphénols, phtalates, parabènes… Six polluants présents dans l’organisme de tous les Français

AFP/Archives / SYLVAIN THOMAS

 

Bisphénols, phtalates, solvants, parabènes… Une vaste étude publiée mardi montre que six « polluants du quotidien » dont on connaît encore mal les effets « sont présents dans l’organisme de tous les Français », alors que le gouvernement présente sa feuille de route contre les perturbateurs endocriniens.

Pour la première fois, Santé publique France a mesuré les niveaux d’imprégnation de la population française par six familles de substances présentes dans l’environnement et cherché à identifier les sources d’exposition probables – produits ménagers, cosmétiques, emballages alimentaires, etc.

« Nous nous sommes intéressés à ces substances parce qu’il y a une préoccupation sanitaire, mais en aucun cas on ne peut prédire si les valeurs retrouvées représentent un risque sanitaire pour la population », car on manque encore de connaissances sur le sujet, a précisé à l’AFP Clémence Fillol, responsable de la surveillance biologique à Santé publique France.

L’organisme public rappelle toutefois que certains de ces produits sont des perturbateurs endocriniens ou des cancérogènes avérés ou suspectés.

Les substances recherchées sont les bisphénols (A, S et F), les phtalates, les parabènes, les éthers de glycol, les retardateurs de flamme bromés et les composés perfluorés.

Elles entrent dans la composition d’emballages alimentaires, de peintures, d’ustensiles de cuisine, de cosmétiques ou de produits ménagers. L’usage de certaines est déjà très retreint (bisphénol A, interdit en France dans tous les contenants alimentaires depuis 2015, certains phtalates et composés perfluorés).

Cette publication intervient à l’occasion de la présentation par la ministre de l’Ecologie Elisabeth Borne et la ministre de la Santé Agnès Buzyn de la nouvelle « stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens » (SNPE). Elle vise à renforcer l’information et la protection de la population, ainsi que les connaissances scientifiques sur ces produits.

L’Agence de sécurité sanitaire (Anses) devra notamment établir une liste de perturbateurs endocriniens, en expertisant au moins six substances en 2020, puis neuf par an à partir de 2021.

L’agence a déjà publié une série d’avis sur cinq substances en 2017, faisant notamment état « d’un possible effet perturbateur endocrinien » pour le triclocarban, utilisé comme antibactérien et antifongique.

 

Responsable du développement numérique