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18H50 - lundi 2 septembre 2019

Ouragan Dorian, rentrée scolaire, l’enfer de Moria, Aigle Azur, l’actualité du 2 septembre en 4 photos

 

L’ouragan Dorian s’acharne sur les Bahamas, évacuations en Floride

L’ouragan Dorian – AFP / Simon MALFATTO

 

L’ouragan Dorian progressait au ralenti lundi, prolongeant le calvaire des habitants des Bahamas avant de poursuivre sa route vers les Etats-Unis où des évacuations sont en cours dans plusieurs Etats côtiers dont la Floride.

L’ouragan, qui a été rétrogadé de catégorie 5 à 4 mais reste « extrêmement dangereux », est au-dessus de l’île de Grand Bahama et « bouge peu », a souligné le Centre national des ouragans américain (NHC). Le Centre basé à Miami a précisé que les vents étaient passés à 250 km/h mais souligné que, bien qu’un « affaiblissement graduel » soit prévu, Dorian devrait rester « un puissant ouragan au cours des deux prochains jours ».

« Sur la base d’informations en provenance d’Abaco, la dévastation est sans précédent », a tweeté Hubert Minnis, le Premier ministre de cet archipel des Caraïbes situé entre la Floride, Cuba et Haïti.

« J’ai des amis qui ont perdu leur maison il y a trois ans et qui sont traumatisés », a raconté à l’AFP Yasmin Rigby, habitante de Freeport, à Grand Bahama. « Ce souvenir et le fait que l’ouragan soit pratiquement à l’arrêt sont une source supplémentaire d’inquiétude ».

Aucune indication officielle sur d’éventuelles victimes dans cet archipel composé de quelque 700 îles (dont une trentaine sont habitées) n’était disponible dans l’immédiat.

Selon le NHC, Dorian a égalé le record datant de 1935 de l’ouragan le plus puissant de l’Atlantique lorsqu’il a touché terre.

Selon de premières évaluations rapides lundi des autorités et des responsables de la Croix-Rouge sur le terrain, quelque 13.000 maisons pourraient avoir été endommagées ou détruites et l’ouragan a causé des « dégâts considérables » dans les îles Abacos et de Grand Bahama. « Nous sommes face à un ouragan (…) comme nous n’en avons jamais vu dans l’histoire des Bahamas », avait déclaré dimanche Hubert Minnis, le Premier ministre. « C’est probablement le jour le plus triste de ma vie », avait-il ajouté, en larmes.

Sur la côte des Etats-Unis, après des jours d’incertitude autour du trajet de l’ouragan, plusieurs Etats du sud-est (Floride, Géorgie, Caroline du Sud) ont finalement ordonné l’évacuation de centaines de milliers de résidents.

Selon la Croix-Rouge américaine, 19 millions de personnes vivent dans des zones qui pourraient être touchées. Jusqu’à 50.000 personnes en Floride, en Géorgie et en Caroline du Sud pourraient avoir besoin d’un abri d’urgence en fonction de l’impact.

 


 

« On est un peu dans le flou » : une rentrée marquée par la réforme du lycée

Jour de rentrée à l’école élémentaire Chaptal, le 2 septembre 2019 – AFP / Martin BUREAU

 

En même temps que les écoliers et les collégiens, de nombreux lycéens ont fait lundi leur rentrée en découvrant les premiers effets de la réforme contestée du bac, comme l’abandon des séries (L, ES et S) en classe de Première cette année.

Pour Lucie Maloisel, entrée en Première dans la Manche, « la rentrée s’est très bien passée », même si son emploi du temps est un peu décevant avec « trois journées très chargées ».

La réforme du baccalauréat fait partie des grandes innovations de cette rentrée, également marquée par l’abaissement à 3 ans de l’âge de l’instruction obligatoire et poursuite de la baisse des effectifs de classes dans les quartiers défavorisés.

Le nouvel examen, qui prendra en compte le contrôle continu, ne verra le jour qu’en juin 2021. Mais les élèves de Première, qui seront les premiers à le passer sous sa nouvelle forme, perçoivent des changements dès cette année.

Finies donc les séries qui sont remplacées par des enseignements de spécialités.

De nombreux lycéens, pour qui la rentrée est échelonnée entre lundi et mardi, ont découvert dans la journée les premiers effets de la réforme. Lucie Maloisel apprécie que les classes soient désormais plus mélangées, et que les séries traditionnelles aient été cassées avec le choix des spécialités. Autre motif de satisfaction: le nouvel examen qui fera la part belle au contrôle continu, ce qui évite l' »angoisse d’une grosse session d’épreuves », selon elle.

En début d’après-midi devant le lycée Victor-Hugo à Paris, les Premières ne semblaient pas spécialement préoccupés par ces nouveautés. « Je me suis toujours considérée comme scientifique, donc le choix des spécialités était une évidence », déclare Tin-Hinan, qui a pris maths-physique et SVT. « Moi, j’ai juste choisi ce qui me plaisait », lance Marie-Patience, sa camarade, qui a fait le choix d’une combinaison anglais-sciences économiques-histoire.

 


 

A Lesbos, 1 400 réfugiés prêts à être transférés d’ici à demain pour « sortir de l’enfer » de Moria

Le camp de réfugiés de Moria, sur l’île grecque de Lesbos, le 31 août 2019 – AFP / ANGELOS TZORTZINIS

 

Sur l’île grecque de Lesbos, près de 1 400 réfugiés du camp saturé de Moria seront transférés d’ici à mardi matin vers le continent grec, dans la bousculade générale pour « sortir vite de cet enfer ». Sous la chaleur déjà suffocante, 635 Afghans, transportant des bagages encombrants, se sont précipités pour monter dans les bus de la police, sous la supervision du Haut commissariat aux réfugiés (HCR) de l’ONU, a constaté une correspondante de l’AFP.

Dans la cohue générale, ces réfugiés, principalement des familles, ont embarqué le matin sur le « Caldera Vista ». Environ 500 autres ont embarqué sur l' »Aqua blue » en fin d’après-midi vers le port de Thessalonique, d’où ils devaient être acheminés vers le camp de réfugiés de Nea Kavala, Kilkis, dans le nord de la Grèce. Mais les autorités voulant remplir le bateau avec 722 personnes ont finalement décidé de retarder le départ du navire à mardi matin.

« J’espère sortir vite de cet enfer », a déclaré à l’AFP Mohamed Akberi, 21 ans, un Afghan arrivé il y a cinq jours à Moria. Ce camp, centre d’enregistrement et d’identification de Lesbos, héberge déjà près de 11 000 personnes, soit quatre fois la capacité évaluée par le HCR.

Le nombre de migrants n’a cessé d’y grossir cet été. Le HCR parle de « plus de 3.000 arrivées rien qu’au mois d’août ».

Jeudi soir, treize bateaux sont arrivés à Lesbos avec plus de 540 personnes à leur bord dont 240 enfants, une hausse sans précédent qui inquiète le gouvernement conservateur, arrivé au pouvoir le 7 juillet dernier.

Ce week-end, 280 autres réfugiés sont arrivés, souvent interceptés en pleine mer par les garde-côtes de l’Union européenne et de la Grèce. Dans la nuit de dimanche à lundi, 125 autres migrants ont rejoint l’île de Lesbos.

Le gouvernement grec réuni en urgence samedi a annoncé le transfert rapide des mineurs non accompagnés et des personnes les plus vulnérables des îles vers le continent mais aussi la suppression des procédures d’appels dans les demandes d’asile pour faciliter les retours des réfugiés en Turquie.

 


 

Aigle Azur en cessation de paiement, demande son placement en redressement judiciaire

Un Airbus A31 du groupe Air Azur, décolle de Lille, le 25 août 2017 – AFP/Archives / PHILIPPE HUGUEN

 

La compagnie aérienne française Aigle Azur, spécialiste des liaisons vers l’Algérie, s’est déclarée lundi en cessation de paiement et a demandé son placement en redressement judiciaire dans l’espoir de trouver des repreneurs.

« Aigle Azur se retrouve en cessation de paiement suite à plusieurs années d’errance liées à de nombreuses décisions stratégiques inadaptées et doit se placer sous la protection du tribunal de commerce » d’Evry où une audience est prévue dans l’après-midi, affirment les membres du CE à l’issue d’un comité d’entreprise extraordinaire.

Cette décision lui permet à ce stade de maintenir son activité, une semaine après un spectaculaire coup de force d’un actionnaire, Gérard Houa.

« Il est probable que la date limite de dépôt des offres soit fixée autour du 15 septembre 2019 », ajoutent-ils, déplorant que « ce dépôt de bilan arrive tardivement (…) et va limiter la recherche de repreneurs ».

« Plusieurs repreneurs potentiels » ont cependant exprimé un intérêt, selon eux. Parmi eux se trouvent Gérard Houa, Air France ou encore Lionel Guérin, ancien directeur général délégué d’Air France, a-t-on affirmé de sources syndicales.

Aigle Azur compte 1.150 salariés, dont 350 en Algérie. Une soixantaine de salariés inquiets pour leur avenir se sont rassemblés dans le calme pendant le CE devant le siège de l’entreprise situé près de l’aéroport parisien d’Orly pour faire part de leur « perte de confiance totale » dans le Pdg Frantz Yvelin, a constaté un journaliste de l’AFP. « On espère surtout qu’il y ait un repreneur. Il faut passer par le redressement judiciaire, simplement pour avoir nos salaires », explique, fataliste, Lilas, une programmatrice de vols qui n’a pas voulu donner son nom. « Ce serait dommage de perdre une compagnie qui fait 300 millions d’euros de chiffre d’affaires et a des droits de trafic vers l’Algérie que même Air France n’a pas ».

« La déclaration de cessation de paiement a été faite par l’administratrice provisoire », Hélène Bourbouloux, a précisé à l’AFP Martin Surzur, président du syndicat de pilotes SNPL d’Aigle Azur et membre du CE.

Mme Bourbouloux avait été désignée administratrice provisoire le 28 août par le tribunal de commerce d’Evry après le coup de force de l’un des actionnaires, Gérard Houa, qui avait évincé le patron Frantz Yvelin en disant sa volonté de mettre fin aux « errements stratégiques des deux dernières années ».

Frantz Yvelin a depuis été rétabli dans ses fonctions pour assister l’administratrice provisoire. Il n’a pas assisté au comité d’entreprise lundi, selon les participants.

« Les actionnaires et Frantz Yvelin sont arrivés en deux ans à une situation catastrophique avec 40 millions d’euros de pertes et la perspective du dépôt de bilan », a estimé Martin Surzur.

Le projet de M. Yvelin de céder à la low-cost Vueling les précieux créneaux d’atterrissage d’Aigle Azur à Orly pour permettre la survie de la compagnie est unanimement dénoncé par les salariés. « Ca signifie l’arrêt de mort d’Aigle Azur, c’est une fausse bonne solution », selon Henry Bénéat, commandant de bord SNPL, dans la compagnie depuis 30 ans.

Dans un entretien au Journal du Dimanche, M. Houa, qui contrôle 20% d’Aigle Azur via sa société Lu Azur, a assuré qu’il était soutenu dans sa démarche par les deux autres actionnaires, le groupe chinois HNA (48%) et l’homme d’affaires américain David Neeleman (32%).

Réitérant sa proposition d’investir 15 millions d’euros pour renflouer l’entreprise et acheter les parts de M. Neeleman, il l’a assortie de la condition de mettre en place « un nouveau management ».

Pourtant, dans un courrier électronique que l’AFP avait pu consulter le 26 août, M. Neeleman s’est désolidarisé de l’initiative et avait affirmé que HNA « n’avait pas connaissance au préalable de l’action de Gérard (Houa, NDLR) et désapprouve ce qu’il a tenté de faire ».

Le redressement judiciaire, qui doit être accepté par la justice, gèle le passif existant à l’ouverture de la procédure, pendant une période d’observation qui peut durer jusqu’à 18 mois. Elle doit permettre à l’entreprise de présenter un plan de continuation de ses activités avec un réaménagement de son endettement.

Aigle Azur, fondée en 1946 et dont les liaisons avec l’Algérie représentent 50% à 60% de l’activité, emploie 350 de ses salariés en Algérie. Elle dispose d’une flotte de 11 avions et a transporté 1,88 million de passagers en 2018. Elle a réalisé un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros en 2018 mais « perd de l’argent depuis 2012 », selon M. Yvelin.

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