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17H19 - vendredi 30 août 2019

Hong Kong, Johnson, Roman Polanski, retraites, l’actualité du 30 août en 4 photos

 

Hong Kong : coup de filet dans le camp pro-démocratie avant un week-end tendu

Le militant pro-démocratie Joshua Wong, à Hong Kong le 2 juillet 2019 – AFP/Archives / Vivek PRAKASH

 

Plusieurs figures du mouvement pro-démocratie hongkongais, dont Joshua Wong et un député, ont été arrêtées vendredi, un coup de filet dénoncé par des associations comme une tentative chinoise de museler l’opposition après l’interdiction d’une grande manifestation samedi.

La région semi-autonome traverse depuis près de trois mois sa pire crise depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, avec des manifestations et des actions quasi quotidiennes qui ont parfois dégénéré. Un nouveau rassemblement massif était prévu samedi pour le cinquième anniversaire du refus par Pékin d’organiser des élections au suffrage universel dans la ville, décision qui fut le déclencheur du « Mouvement des parapluies » de 2014, marqué par 79 jours d’occupation du coeur financier et politique de Hong Kong. Mais après la confirmation de l’interdiction de ce rassemblement, les organisateurs ont retiré vendredi leur appel à manifester pour ne pas jeter d’huile sur le feu. D’autres initiatives, toutefois, se préparent.

Deux des grandes figures du « Mouvement des parapluies », Joshua Wong et Agnes Chow, âgés de 22 ans et très populaires au sein de la contestation actuelle, ont été arrêtées vendredi à l’aube, notamment pour « incitation à participer à un rassemblement non autorisé ». Tous deux ont été inculpés dans l’après-midi, et libérés sous caution. « Nous poursuivrons le combat, nous ne nous rendrons pas », a promis M. Wong à l’extérieur du tribunal tout en fustigeant « l’effet glaçant » des arrestations d’opposants à Pékin.

Ces interpellations illustrent la « propagation de la +Terreur blanche+ à l’égard des manifestants hongkongais », a déclaré Issac Cheng du parti Demosisto co-fondé par Joshua Wong. Quelques heures plus tôt, un autre militant, Andy Chan, fondateur du Parti national (HKNP), minuscule formation indépendantiste qui avait été interdite par les autorités en 2018, avait été arrêté à l’aéroport. Un quatrième manifestant pro-démocratie, Rick Hui, un membre du conseil du quartier populaire de Sha Tin, a également été arrêté vendredi, de même que l’ancienne leader étudiante Althea Suen.

Et pour la première fois depuis le début en juin de la mobilisation, un député, Cheng Chung-tai, a aussi été arrêté, selon son parti Passion civique.

La police a fait état de l’interpellation d’un homme de 35 ans en ne l’identifiant que sous le nom de « Cheng », en précisant qu’il était poursuivi pour « complot en vue de provoquer des dégâts criminels », en lien avec le sac du Parlement en juillet. Plus de 900 personnes ont été interpellées depuis le début de la contestation née du rejet d’un projet de loi qui devait autoriser les extraditions vers la Chine.

Le mouvement a depuis considérablement élargi ses revendications, qui renvoient toutes à la dénonciation d’un recul des libertés et de l’ingérence grandissante de la Chine dans les affaires de la région semi-autonome, en violation du principe « Un pays, Deux systèmes » qui avait présidé à la rétrocession.

 


 

Brexit : Johnson remporte une première manche judiciaire et met en garde les députés

Boris Johnson au sommet du G7 à Biarritz, le 26 août 2019 – AFP/Archives / LUDOVIC MARIN

 

Boris Johnson a mis en garde vendredi les députés contre un blocage du Brexit, prévu le 31 octobre, quelques heures après avoir remporté une première manche dans la bataille judiciaire engagée par ses opposants contre sa décision de suspendre le Parlement.

Les députés « ont promis de mettre en oeuvre le mandat du peuple, ils ont promis de mettre en oeuvre le Brexit et j’espère qu’ils le feront », a déclaré le Premier ministre britannique à la chaîne de télévision Sky News. Dans le cas contraire, la « confiance du peuple dans la politique s’érodera gravement », a-t-il prévenu.

Le gouvernement de Boris Johnson fait face à plusieurs actions en justice visant à empêcher la suspension du Parlement, qu’il a prévue pour la deuxième semaine de septembre et jusqu’au 14 octobre, soit deux semaines seulement avant le Brexit.

Au Royaume-Uni, le Premier ministre a le droit de suspendre le Parlement, après avoir reçu le consentement de la reine. Mais c’est le moment choisi, dans la dernière ligne droite avant la date fatidique du Brexit le 31 octobre, et la longue durée de la suspension (cinq semaines) qui sont contestés par les adversaires d’un Brexit dur.

En réduisant le temps de sessions, Boris Johnson est soupçonné de vouloir empêcher les députés de bloquer un Brexit sans accord, que son gouvernement souhaite mettre en oeuvre s’il ne trouve pas de compromis avec l’UE sur les conditions de la sortie britannique.

 


 

Retraites : Darmanin évoque un an de concertation, Philippe un projet au Parlement dans les prochains mois

Le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin arrive à l’université d’été du Medef, le 29 août 2019 dans l’ouest de Paris – AFP / ERIC PIERMONT

 

Le calendrier de la réforme des retraites restait entouré du plus grand flou vendredi: le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin a évoqué une concertation de près d' »un an », Edouard Philippe assurant ensuite que le projet de loi serait examiné au Parlement « dans les mois qui viennent ».

« On va prendre un an, un petit peu moins d’un an de concertation avec la société, avec les avocats, avec les infirmières, avec les professeurs, tous ceux qui sont concernés », a assuré Gérald Darmanin sur RTL, laissant présager d’un examen du projet de loi bien après les élections municipales de mars 2020.

Comme on lui demandait si la déclaration de son ministre des Comptes publics laissait supposer un report de la réforme, Edouard Philippe a répondu: « Non, pas du tout ».

« Ma détermination est totale, mais dans la méthode, nous voulons prendre le temps d’abord de partager sur un texte aussi important », a expliqué le Premier ministre lors d’un déplacement dans un lycée du Muy (Var).

Il sera tenu « compte de ce qui sera dit » lors de la vaste concertation annoncée « pour faire un projet de loi qui sera présenté au Parlement, comme je m’y suis engagé, dans les mois qui viennent », a-t-il poursuivi.

Les échéances se sont allongées autour de ce projet de loi qui initialement devait être présenté en Conseil des ministres avant la fin de l’année 2019.

Le haut-commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye avait présenté mi-juillet un rapport préconisant la mise en place, à partir de 2025, d’un « système universel » de retraites par points fusionnant les 42 régimes existants. Il avait recommandé de fixer un « taux plein » à l’âge « pivot » de 64 ans pour tous, assorti d’un système de décote/surcote.

Le président Emmanuel Macron avait créé la surprise lundi en disant préférer « un accord sur la durée de cotisation plutôt que sur l’âge » de départ, tout en affirmant que « rien » n’était « décidé » à ce stade. « Une ouverture faite notamment à la CFDT et à M. (Laurent) Berger », a confirmé Gérald Darmanin sur RTL.

Edouard Philippe lancera jeudi et vendredi à Matignon une nouvelle phase de concertation sur la base du rapport Delevoye, en recevant syndicats et patronat. Un processus de « concertation citoyenne » doit ensuite être lancé à l’automne.

« Lorsque j’aurai rencontré les organisations syndicales et patronales, il me reviendra de faire des annonces sur ce calendrier, sur ce rythme, sur cette méthode, mais ne croyez en rien que la détermination du gouvernement serait amoindrie », a insisté le chef du gouvernement vendredi.

 


 

Malgré la polémique, le « J’accuse » de Polanski entre en compétition à la Mostra

Roman Polanski, en octobre 2017 à Paris – AFP/Archives / Lionel BONAVENTURE

 

Malgré la polémique qui fait rage sur sa sélection en compétition, Roman Polanski dévoile vendredi à la Mostra son film sur l’Affaire Dreyfus, « J’Accuse », dans lequel il voit un parallèle avec sa situation, s’estimant « harcelé ».

Le film du réalisateur franco-polonais de 86 ans sera présenté vendredi à 19H15 (17H15 GMT) en avant-première mondiale à Venise, où il fait partie des 21 films en compétition pour le Lion d’or. Le réalisateur du « Pianiste », lui, sera absent, a indiqué à l’AFP l’attaché de presse du film. Thriller sur fond d’espionnage, le film raconte l’Affaire Dreyfus, du point de vue du lieutenant-colonel Georges Picquart, incarné par Jean Dujardin, chef des services de renseignement et personnage clé du dénouement de l’affaire. Il avait diffusé les preuves permettant d’innocenter le capitaine Dreyfus, français d’origine alsacienne et de confession juive accusé de trahison, mettant fin à ce scandale majeur de la IIIe République en France qui a duré douze ans (1894-1906).

Roman Polanski, toujours poursuivi par la justice américaine pour le viol en 1977 d’une adolescente, a dit à plusieurs reprises qu’il voyait dans cette affaire un écho à sa propre histoire. Des propos qu’il réitère dans le dossier de presse du film, mis en ligne par la Mostra. « Faire un film comme cela m’aide beaucoup. Dans l’histoire, je trouve parfois des choses que j’ai moi-même connues, je peux voir la même détermination à nier les faits et me condamner pour des choses que je n’ai pas faites », dit-il dans une interview avec l’écrivain Pascal Bruckner.

« La plupart des gens qui me harcèlent ne me connaissent pas et ne savent rien sur l’affaire », ajoute-t-il. Interrogé ensuite sur la « persécution » qu’il a subie depuis l’assassinat de sa femme Sharon Tate en 1969, le cinéaste souligne que « c’est comme une boule de neige ». « Chaque saison ajoute une nouvelle couche », ajoute-t-il, avec des « histoires absurdes racontées par des femmes que je n’ai jamais vues de ma vie, qui m’accusent de choses qui se seraient soi-disant passées il y a plus d’un demi-siècle ».

Trois nouvelles femmes ont lancé des accusations contre lui ces dernières années. En 2010, l’actrice britannique Charlotte Lewis l’a accusé de l’avoir « abusée sexuellement » à 16 ans en 1983. Une seconde femme l’a accusé en 2017 d’agression sexuelle lorsqu’elle avait 16 ans, en 1973, et une troisième a déposé en 2017 une plainte pour viol, pour des faits remontant à 1972 alors qu’elle avait 15 ans. Des accusations « sans fondement », selon son avocat.

La présence de « J’Accuse » en lice pour le Lion d’or a suscité ces dernières semaines de vives critiques des féministes, comme la fondatrice du groupe de pression Women and Hollywood, Melissa Silverstein, pour qui le Festival « est complètement sourd aux questions liées à #MeToo ».

La présidente du jury Lucrecia Martel a elle-même affirmé mercredi être « très gênée » par la sélection du film, et indiqué qu’elle « n’assisterait pas » à la projection officielle. Elle est ensuite revenue sur ses propos, indiquant n’être « en aucune façon opposée » à sa présence en compétition et n’avoir « aucun préjugé » sur cette oeuvre. Dans le sillage de #MeToo, le réalisateur s’attire depuis plusieurs années les foudres des féministes, qui n’acceptent pas que ses films continuent à être montrés dans des festivals et qu’il continue à recevoir des honneurs.

En France, des féministes avaient manifesté en 2017 contre une rétrospective de ses films à la Cinémathèque, et il avait dû la même année renoncer à présider la cérémonie des César. Aux Etats-Unis, le réalisateur poursuit en justice l’Académie des Oscars, qui a décidé de l’exclure.

Roman Polanski avait plaidé coupable en 1977 de détournement de mineure pour avoir eu des relations sexuelles illégales avec Samantha Geimer, alors âgée de 13 ans. Il a fui les Etats-Unis à la suite d’un changement de position du juge, qui risquait de le condamner à une peine plus lourde que prévue. Les procureurs américains cherchent toujours à le faire revenir dans le pays pour qu’il reçoive sa sentence.

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