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17H28 - mercredi 28 août 2019

Parlement britannique suspendu, Amazonie, Medef, Sylvie Goulard, l’actualité du 28 août en 4 photos

 

Brexit : Johnson annonce une suspension du Parlement et met en fureur l’opposition

Le Premier ministre britannique Boris Johnson à sa sortie du 10 Downing Street à Londres le 6 août 2019 – AFP/Archives / Tolga AKMEN

 

Le Parlement britannique sera suspendu la deuxième semaine de septembre et jusqu’au 14 octobre, soit deux semaines seulement avant la date prévue du Brexit, a annoncé mercredi le Premier ministre Boris Johnson, une manoeuvre qualifiée de « scandale constitutionnel » par le président de la Chambre des communes.

La livre sterling a chuté de 0,6% face à l’euro et au dollar à la suite de cette nouvelle, qui rend improbable pour les députés de l’opposition d’empêcher une sortie sans accord de l’Union européenne, scénario qui fait craindre des pénuries et le rétablissement de droits de douane.

C’est un « scandale constitutionnel », a jugé le président de la chambre basse du Parlement, John Bercow, qui s’était notamment fait remarquer lorsqu’il avait bloqué un nouveau vote sur l’accord de Retrait de l’UE conclu par Theresa May quand elle était Première ministre, si son contenu n’était pas modifié, se faisant accuser de vouloir saborder le Brexit.

La rentrée parlementaire, qui s’annonce houleuse, est prévue pour mardi. Le Premier ministre a demandé à la reine Elizabeth II de suspendre le Parlement la semaine suivante, après les débats du 9 septembre, et jusqu’au 14 octobre. La session parlementaire reprendrait alors avec le traditionnel discours de la Reine, dans lequel elle expose le programme de son gouvernement.

« Je pense qu’il est essentiel que le Parlement siège avant le Conseil européen (prévu pour les 17 et 18 octobre prochains, ndlr) et si, comme je l’espère, un accord avec l’UE est imminent, le Parlement aura la possibilité d’adopter la loi sur l’accord de retrait nécessaire à la ratification avant le 31 octobre », a expliqué le chef du gouvernement dans un communiqué.

« Les semaines précédant le Conseil européen sont vitales pour mes négociations avec l’UE », a-t-il souligné, ajoutant : « En montrant unité et détermination, nous avons une chance de décrocher un nouvel accord qui puisse être adopté par le Parlement ».

L’accord de sortie de l’UE conclu avec le gouvernement de Theresa May après plus de deux ans de négociations acharnées avait été rejeté à trois reprises par les députés. Ces derniers n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur la forme que doit prendre le Brexit, voté en juin 2016 par 52% des Britanniques.

Sombre journée

Si le Parlement britannique est traditionnellement suspendu plusieurs semaines en septembre en raison des conférences annuelles des partis politiques, l’extension de cette suspension jusqu’au 14 octobre, 12 jours après la fin de la dernière conférence, celle du parti tory, a provoqué des réactions outragées de l’opposition, qui a dénoncé une manoeuvre « antidémocratique ».

« C’est un scandale et une menace à notre démocratie », a réagi Jeremy Corbyn, le chef du Labour, le principal parti d’opposition. « À moins que les députés ne s’unissent pour l’en empêcher la semaine prochaine, aujourd’hui entrera dans l’histoire comme une sombre journée pour la démocratie britannique », a aussi réagi sur Twitter la Première ministre écossaise et cheffe des indépendantistes écossais Nicola Sturgeon.

Cette annonce a été critiquée jusque dans les rangs conservateurs, l’ancien ministre des Finances Philip Hammond, opposé au scénario d’une sortie sans accord de l’UE, dénonçant un « scandale constitutionnel ».

Boris Johnson a défendu sa décision, affirmant sur la chaîne de télévision Sky News que le calendrier fixé « laissera amplement le temps aux députés de débattre de l’UE et du Brexit ». Mais pour la cheffe du parti libéral démocrate, Jo Swinson, Boris Johnson a fait preuve de « lâcheté ». « Il sait que les gens ne choisiraient pas le +no deal+ et que les représentants élus ne le permettraient pas. Il tente d’étouffer leurs voix », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Mardi, les chefs de file des partis d’opposition s’étaient réunis pour convenir d’une stratégie commune afin d’éviter ce départ de l’Union européenne sans accord en votant une loi dans ce sens.

Londres et l’UE s’opposent en particulier sur le sort de la future frontière irlandaise, qui séparera le Royaume-Uni du marché unique européen, tout en se disant prêts à en discuter.

 


 

Feux en Amazonie : Bolsonaro accepte finalement une aide financière de l’étranger

Le président brésilien Jair Bolsonaro lors d’une réunion avec les gouverneurs des Etats amazoniens, le 27 août 2019 à Brasilia – Présidence brésilienne/AFP / MARCOS CORREA

 

Le Brésil s’est finalement dit « ouvert » mardi à une aide financière « d’organisations étrangères et même de pays » pour lutter contre les incendies en Amazonie à condition de contrôler les fonds, après avoir rejeté la veille une offre du G7.

« Le point essentiel est que cet argent, une fois entré au Brésil, n’aille pas à l’encontre de la souveraineté brésilienne et que la gestion des fonds soit sous notre responsabilité », a déclaré un porte-parole du président Jair Bolsonaro, au lendemain d’une offre de 20 millions de dollars émanant des pays du G7. Ce revirement intervient alors que les incendies ont provoqué une indignation internationale et menacent un accord de libre-échange UE-Mercosur négocié depuis 20 ans.

Jair Bolsonaro avait mardi matin conditionné l’arrivée de l’aide du G7 au « retrait de (ses) insultes » par son homologue français Emmanuel Macron, prenant le parti de l’escalade dans la violente polémique opposant le Brésil et la France.

« Monsieur Macron doit retirer les insultes qu’il a proférées contre ma personne », a-t-il lancé, au sujet des accusations de son homologue selon lesquelles il avait « menti » sur ses engagements environnementaux.

« D’abord il m’a traité de menteur et ensuite, d’après mes informations, il a dit que notre souveraineté sur l’Amazonie était une question ouverte », a dit Jair Bolsonaro avant de rencontrer les gouverneurs des neuf Etats d’Amazonie. Pour cet ex-capitaine de l’armée, climatosceptique assumé, la souveraineté du Brésil sur ses 60% d’Amazonie, qu’il appelle « notre Amazonie », n’est pas négociable.

Les gouverneurs ont soutenu mardi le président sur la question de la souveraineté, tout en réclamant une aide internationale pour l’Amazonie.

Au dernier jour du sommet du G7 de Biarritz (sud-ouest de la France), Emmanuel Macron s’était interrogé sur l’opportunité de conférer un statut international à la forêt amazonienne, au cas où les dirigeants de la région prennent des décisions nuisibles pour la planète.

Dans son bras-de-fer, M. Bolsonaro pouvait compter toutefois sur le « soutien sans réserve » de Donald Trump. « Il travaille très dur sur les feux en Amazonie et, à tous égards, fait un très bon boulot pour le peuple brésilien », a assuré le président américain. « Merci président Donald Trump. Nous combattons les feux de forêt avec beaucoup de succès. Le Brésil est et sera toujours une référence internationale en matière de développement durable. La campagne de désinformation à l’encontre de notre souveraineté ne va pas fonctionner », a réagi le président brésilien sur Twitter.

 


 

Le Medef fait sa rentrée et défend un relèvement de l’âge de départ à la retraite

Le patron du Medef Geoffroy Roux à Paris, le 2 juillet 2019 – AFP/Archives / ERIC PIERMONT

 

Le président du Medef a ouvert mercredi sa première « Rencontre des entrepreneurs de France » (REF) en défendant un relèvement de l’âge de départ à la retraite, remis en cause par Emmanuel Macron.

Geoffroy Roux de Bézieux est monté sur la scène de l’hippodrome de Longchamp à Paris au son de « God Save the Queen » et de son refrain « No future ».

En 1977, « les Sex Pistols prédisaient l’effondrement rapide de l’Angleterre juste avant l’arrivée de Margaret Thatcher. Le mouvement punk était déjà une crise d’identité, une remise en cause violente, comme en connaît le capitalisme régulièrement », a déclaré le président de la première organisation patronale française en guise d’introduction au rassemblement qui se tient jusqu’à jeudi et dont l’édition a été justement baptisée « No(s) futur(s) ».

Les remises en cause du capitalisme libéral doivent être prises au sérieux, a souligné M. Roux de Bézieux, mentionnant les critiques à la fois du président russe Vladimir Poutine et de l’écologiste Nicolas Hulot.

« Balayer d’un revers de la main » leurs propos « serait une erreur et même une faute. Car cet assaut conjugué et inattendu contre l’idée libérale est bien plus large que ce tandem contre-nature », selon le président du Medef.

Face aux détracteurs du système, il affirmé sa « conviction que les solutions sont dans nos mains et dans nos cerveaux d’entrepreneurs. La conviction que si nous sommes parfois à la racine du problème, nous sommes aussi et surtout la solution », notamment sur le climat qui est « au cœur de nos préoccupations ». M. Roux de Bézieux est ensuite revenu sur les réformes du gouvernement, et a pris la défense du rapport Delevoye sur les retraites, qui prévoit un âge de départ « pivot » à 64 ans. « Les Français sont intelligents, ils ont compris que dans un système à 100% par répartition et avec le vieillissement de la population il faudra travailler plus longtemps », a-t-il affirmé, se disant « convaincu qu’ils sont prêts à faire cet effort » s’il est « justement réparti » entre « public et privé, y compris les régimes spéciaux ».

Mais le seul allongement de la durée de cotisation ne suffira pas à garantir l’équilibre financier du système de retraites, sauf à aller au-delà de 43 ans de cotisation, selon le Medef.

Emmanuel Macron avait indiqué lundi sa préférence pour un départ à la retraite lié à la durée de cotisation plutôt qu’à l’âge de départ.

Tout en critiquant le bonus-malus sur les contrats courts, M. Roux de Bézieux s’est par ailleurs dit satisfait de la réforme de l’assurance-chômage.

Il a revanche dénoncé « la dépense publique et de son corollaire inévitable: la dette. On peut dire que dans ce domaine, il n’y a ni ancien monde ni nouveau monde. Il y a malheureusement une tradition française bien établie. » Après son discours devaient intervenir le vice-Premier ministre irlandais Simon Coveney et le ministre britannique du Brexit Stephen Barclay, sur fond de Brexit « dur » de plus en probable. Suivront les ministres de l’Economie français Bruno Le Maire et allemand Peter Altmaier, au moment où la France aimerait voir l’Allemagne utiliser son excédent budgétaire pour relancer son économie qui bat de l’aile.

Dix ministres et secrétaires d’Etat français seront présents mercredi et jeudi à la REF, dont Muriel Pénicaud (Travail), Gérald Darmanin (Comptes publics) et Elisabeth Borne (Transition écologique), ainsi que plusieurs responsables politiques de droite, comme Nicolas Sarkozy.

L’Amazonie, que les feux de forêt ont mis au premier du plan du G7 qui s’est achevé lundi à Biarritz, sera représentée par le chef indien Almir Narayamoga Surui, tandis que des entreprises françaises signataires d’une charte sur le climat feront le bilan à 18 mois d’engagements pris fin 2017.

Le thème des inégalités sera décliné lors de plusieurs débats sous différents angles: « obsession française », pauvreté, hommes-femmes, inégalités territoriales avec l’une des initiatrices du mouvement des « gilets jaunes », Jacline Mouraud, ou encore santé.

 


 

Macron nomme Sylvie Goulard, « Européenne convaincue », à la Commission

Sylvie Goulard en juin 2017 à Berlin – dpa/AFP/Archives / Britta Pedersen

 

Deux ans après un bref passage au gouvernement, Sylvie Goulard a été choisie mercredi par Emmanuel Macron pour siéger à la Commission européenne, une consécration pour cette spécialiste de l’UE aux compétences reconnues, mais toujours liée à une affaire judiciaire en cours.

Cette ancienne eurodéputée de 54 ans est « une femme d’expérience et une Européenne engagée de longue date », a salué Sibeth Ndiaye, la porte-parole du gouvernement, quelques heures après l’annonce de la décision du chef de l’Etat, intervenue avec deux jours de retard.

Ce choix a été applaudi par la majorité et certaines voix européennes tandis qu’il est dénoncé à gauche ou à droite, la nominée étant traitée de « fédéraliste germanophile » par Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France.

Pour l’Elysée, Sylvie Goulard possède « la capacité de jouer un rôle majeur au sein de la prochaine Commission » dans « un moment crucial pour l’Europe ».

Emmanuel Macron compte en effet sur la nouvelle Commission, qui entrera en action le 1er novembre à Bruxelles sous la présidence de l’Allemande Ursula Von der Leyen, pour accélérer la « refondation » de l’Union européenne malgré un contexte rendu difficile par le Brexit, l’incertitude politique en Allemagne et la montée du populisme anti-européen.

Née le 6 décembre 1964 à Marseille, Sylvie Goulard est une excellente germaniste et parle couramment l’anglais et l’italien. Elle a un carnet d’adresses européen bien fourni, fruit de 30 ans dans les arcanes de Bruxelles comme conseillère politique à la Commission, puis eurodéputée de 2009 à 2017.

Le portefeuille qu’elle occupera n’est pas encore déterminé, Ursula Von der Leyen ayant débuté cette semaine les entretiens avec les candidats proposés par les 27 capitales. Paris affiche sa préférence pour un portefeuille économique -commerce, concurrence…- ou l’environnement. Dans l’actuelle Commission, le Français Pierre Moscovici est chargé des Affaires économiques et financières.

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