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17H51 - lundi 26 août 2019

G7, Trump, Cachemire indien, Bolsonaro, l’actualité du 26 août en 4 photos

 

Fin du G7 de Biarritz marqué par l’Iran et les tensions commerciales

Photo de famille des participants au sommet du G7, le 25 août 2019 à Biarritz – AFP / Nicholas Kamm

 

Dernier jour lundi du G7 de Biarritz, un sommet marqué par la visite surprise du ministre iranien des Affaires étrangères dimanche, les inquiétudes provoquées par la guerre commerciale USA-Chine, mais pour l’heure sans résultat sur les feux en Amazonie.

La cité balnéaire de Biarritz dans le sud-ouest de la France vit ses dernières heures sous la cloche ultra-sécurisée du G7, qui s’achèvera en milieu d’après-midi par une série de conférences de presse des différents dirigeants réunis depuis samedi. Temps fort de la journée, le président hôte, Emmanuel Macron, pourrait tenir une conférence de presse commune avec l’hôte du prochain G7, Donald Trump, hostile au multilatéralisme. Les deux hommes, qui entretiennent une relation apparemment cordiale, ont montré au cours de ce week-end de sommet leurs approches très différentes de ce que doit être un G7. Donald Trump a tenu des réunions bilatérales et parlé surtout d’économie et de commerce, Emmanuel Macron s’est mobilisé sur la crise des feux en Amazonie et a surtout réussi un coup diplomatique en faisant venir dimanche le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif à Biarritz pour parler de la crise iranienne.

M. Zarif a rencontré Emmanuel Macron et son homologue français Jean-Yves Le Drian ainsi que des représentants des deux autres pays européens – Allemagne et Grande-Bretagne – signataires de l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015 dénoncé par les Etats-Unis. Washington applique une pression maximale sur les dirigeants iraniens, qui répliquent en reprenant progressivement leurs activités nucléaires. « Le chemin est difficile » mais cela « vaut la peine d’essayer », a tweeté le chef de la diplomatie iranienne à l’issue des discussions, jugées « positives » par la présidence française.

Parmi les autres sujets largement abordés : la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, qui préoccupe les dirigeants réunis, craignant que cela n’entraîne une économie mondiale flageolante vers la récession. Mais Donald Trump s’est montré inflexible, poursuivant sa logique de confrontation avec Pékin en disant que son seul regret était de ne pas taxer encore plus fortement les exportations chinoises.

Enfin, les incendies en Amazonie, ajoutée au menu du sommet par Emmanuel Macron à la dernière minute, provoquant une crise avec le Brésil du président climato-sceptique Jair Bolsonaro, ont certes été évoqués, mais les leaders n’avaient pas dimanche soir annoncé de mesure concrète.

Pas plus qu’il n’y a eu d’avancées sur la taxation des géants américains du numérique, une pomme de discorde entre la France, qui a voté une taxe sur leur chiffre d’affaires sur le territoire, et les Etats-Unis, qui menacent de taxer les vins français en représailles.

Ce sommet, élargi par la France à plusieurs autres pays non-membres dans un souci de renouvellement de l’exercice, aura été aussi le premier grand tour de piste du nouveau Premier ministre britannique Boris Johnson, en pleine négociation avec l’Union européenne sur les modalités du Brexit.

Biarritz aura permis de constater qu’il n’y a aucune avancée sur la question de la frontière irlandaise, point de blocage des négociations, alors qu’approche à grands pas la date couperet du 31 octobre à laquelle le Royaume-Uni sera hors de l’UE.

M. Johnson en a aussi profité pour faire du charme à Donald Trump, espérant nouer avec Washington des relations commerciales privilégiées pour amortir le choc du Brexit.

Sur le plan sécuritaire, le gouvernement français a passé l’épreuve avec succès, lui qui voulait éviter à tout prix de voir le sommet émaillé de manifestations violentes comme la France en a connu l’hiver dernier lors de la crise des gilets jaunes. Les autorités avaient déployé plus de 13.000 policiers et gendarmes et verrouillé la région, poussant les organisateurs de manifestations à revoir leurs ambitions à la baisse, dénonçant un dispositif surdimensionné.

Pour clore cette séquence, Emmanuel Macron sera interrogé lundi soir au journal de la chaîne de télévision publique France 2, dans une volonté de rendre compte aux Français des résultats du sommet.

 


 

Iran, commerce, Amazonie : Trump a joué l’unité au sommet du G7

Les présidents américain Donald Trump (g) et français Emmanuel Macron lors d’une séance de travail lors du sommet du G7, le 26 août 2019 à Biarritz – POOL/AFP / Ian LANGSDON

 

Les dirigeants du G7 ont affiché lundi une rare unité depuis l’élection de Donald Trump, qui s’est montré conciliant sur nombre de contentieux, du commerce à l’Iran, et ont validé une aide d’urgence pour combattre les feux destructeurs en Amazonie.

Exit le sommet du G7 en juin 2018 au Canada, dont le président américain avait rabroué l’hôte et refusé de signer le communiqué final.

A Biarritz, dans le sud-ouest de la France, le président Emmanuel Macron a réussi à ramener l’exercice à un climat plus consensuel, en multipliant les initiatives, avec au passage un coup diplomatique sur l’Iran.

Loin de ses menaces habituelles sur l’Iran, Donald Trump a déclaré avoir lui-même validé la visite surprise du chef de la diplomatie iranienne dimanche à Biarritz, en marge du sommet, même s’il n’a pas souhaité le rencontrer.

« Il est trop tôt pour le rencontrer », a-t-il dit. Mais sur le principe de la visite, le président Macron « a demandé mon accord. Je lui ai dit: si c’est ça que vous voulez, allez-y! », a-t-il raconté. « J’ai été au courant de tout ce qu’il faisait et j’ai approuvé », a-t-il assuré.

Ce déplacement surprise semble marquer une détente sur le dossier du nucléaire iranien alors que le Golfe semblait encore au bord de l’embrasement cet été après une série d’attaques de pétroliers et la destruction par l’Iran d’un drone américain.

« C’est un grand pas en avant », s’est félicitée la chancelière allemande Angela Merkel.

A Biarritz, M. Zarif n’a rencontré que le président Macron et son homologue français Jean-Yves Le Drian – qu’il avait déjà vus vendredi à Paris – ainsi que des représentants allemands et britanniques. Mais il existe « maintenant une atmosphère qui permet des discussions », tout cela « en coordination avec les Etats-Unis et c’est déjà beaucoup », a souligné la chancelière.

A Téhéran, le président Hassan Rohani a aussi défendu l’option du dialogue, au nom des « intérêts nationaux », face à des critiques de l’aile dure du régime.

 


 

Brésil : Jair Bolsonaro s’en prend à Brigitte Macron

Le président brésilien Jair Bolsonaro (g) aux côtés de Brigitte et Emmanuel Macron, au sommet du G20, le 28 juin 2019 à Osaka, au Japon – POOL/AFP/Archives / Dominique JACOVIDES

 

Le président brésilien Jair Bolsonaro a endossé dimanche sur Facebook un commentaire offensant pour la première Dame Brigitte Macron, tandis qu’un de ses ministres traitait le chef de l’Etat français Emmanuel Macron de « crétin opportuniste ».

Ces attaques inédites marquent une très nette escalade dans les tensions entre Brasilia et Paris, avivées ces derniers jours par les pressions exercées par la France, qui recevait un sommet du G7, sur Jair Bolsonaro pour qu’il agisse contre les dramatiques incendies en Amazonie.

M. Bolsonaro a réagi à un post qui se moquait du physique de la première Dame française – apparaissant sur une photo désavantageuse – en le comparant à celui de Michelle Bolsonaro (37 ans), rayonnante le jour de l’investiture de son mari.

« Vous comprenez maintenant pourquoi Macron persécute Bolsonaro? », lit-on à côté de photos des deux couples présidentiels. « C’est la jalousie (…) de Macron, je parie », écrit l’internaute, Rodrigo Andreaça.

« N’humilie pas le type – MDR (« mort de rire »), a répondu en commentaire le président Bolsonaro en référence à son homologue français.

Interrogé par l’AFP sur le fait de savoir si ce post avait été publié par le chef de l’Etat lui-même, un porte-parole du palais présidentiel de Planalto a simplement répondu: « Nous ne faisons pas de commentaire ».

Dimanche également, Emmanuel Macron a été copieusement insulté sur Twitter par le ministre brésilien de l’Education. « Macron n’est pas à la hauteur de ce débat (sur l’Amazonie, ndlr). C’est juste un crétin opportuniste qui cherche le soutien du lobby agricole français », a écrit le ministre Abraham Weintraub, en référence à l’opposition du président français à l’accord de libre-échange UE-Mercosur.

Le terme utilisé en portugais (« calhorda »), très loin des usages diplomatiques, n’a pas d’exact équivalent en français mais se trouve à la croisée de « tricheur », « crétin » et « connard ». « La France est un pays d’extrêmes. Elle a produit des hommes comme Descartes ou Pasteur, mais aussi les volontaires de la Waffen SS Charlemagne », écrit M. Weintraub en référence à la Division Charlemagne du régime nazi intégrée par des engagés volontaires français.

Au milieu d’une rafale de tweets, le ministre de l’Education poursuit: « Ils ont choisi un président sans caractère » et « il faut attaquer ce crétin de Macron ».

 


 

Tensions au Cachemire : Donald Trump n’entend pas s’impliquer

Le Premier ministre indien Narendra Modi et le président américain Donald Trump lors d’une rencontre, le 26 août 2019 à Biarritz – AFP / Nicholas Kamm

 

Donald Trump n’entend pas s’impliquer au Cachemire, estimant que le Premier ministre indien Narendra Modi qu’il a rencontré lundi en marge du G7 en France, avait la situation « sous contrôle » en dépit de la tension persistante.

Le président américain avait plusieurs fois dit qu’il était prêt à s’impliquer dans ce dossier ultra-sensible entre l’Inde et le Pakistan, mais après avoir rencontré M. Modi, invité au G7, il a déclaré : « le Premier ministre a vraiment l’impression d’avoir sous contrôle » la situation.

Il a ajouté qu’il avait discuté « en profondeur » avec Narendra Modi dimanche de la situation au Cachemire.

Ces déclarations ont été faites au lendemain d’un incident meurtrier dimanche, au moment où la partie sous contrôle indien de ce territoire himalayen entre dans sa quatrième semaine de bouclage après la révocation le 5 août par New Delhi de son statut d’autonomie, une mesure qui a provoqué des manifestations.

Le Jammu-et-Cachemire (nom donné à cette zone par New Delhi) est peuplé en majorité de musulmans et revendiqué par le Pakistan.

Imran Khan, le Premier ministre pakistanais a annoncé lundi qu’il allait faire une tournée mondiale « afin d’expliquer ce qui se passe » et dénoncer « la politique poursuivie par Modi » qui fait « des ravages ».

Il s’est déclaré convaincu que « de nombreux gouvernements musulmans qui ne nous soutiennent pas ouvertement pour leurs intérêts économiques, le feront tôt ou tard ».

Depuis début août, un blocage des communications téléphoniques, d’internet, et de fortes restrictions à la circulation ont été imposés par le gouvernement indien.

Mais cela n’a pas empêché des échauffourées entre habitants et forces de sécurité.

Dimanche dans le district d’Anantnag, des manifestants en colère ont lancé des pierres en direction d’un camion qu’ils ont pris pour un véhicule militaire.

Le chauffeur de 42 ans a été touché à la tête et est décédé, a indiqué la police.

Deux hommes ont été arrêtés après l’incident, a rapporté l’agence de presse indienne PTI.

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