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17H39 - lundi 12 août 2019

Hong Kong, primaires en Argentine, affaire Epstein, décès du chanteur ivoirien DJ Arafat, l’actualité du 12 août en 4 photos

 

Manifestation prodémocratie à l’aéroport international de Hong Kong le 12 juillet 2019 – AFP / Manan VATSYAYANA

« Oeil pour oeil » : marée noire de manifestants à l’aéroport de Hong Kong

Les manifestants qui ont afflué lundi à l’aéroport de Hong Kong ont vite inondé le hall des arrivées de noir, la couleur du mouvement prodémocratie qui secoue l’ancienne colonie britannique rétrocédée en 1997 à la Chine.

Les voyageurs arrivant à l’aéroport ont été salués par des milliers de militants prodémocratie scandant « Combattez avec Hong Kong, combattez pour la liberté ! ».

La plupart des manifestants portaient des vêtements noirs, signes caractéristiques du mouvement, des casques de chantier ou des masques à gaz. Beaucoup ont ajouté un nouvel accessoire lundi: un bandeau ou un cache sur l’oeil pour rendre hommage à une femme qui a été grièvement blessée au visage dimanche soir lors d’une manifestation.

La femme, qui n’a pas été identifiée, aurait été heurtée par des projectiles lancés par la police, et aurait perdu la vue selon des rumeurs. Des images de son visage baigné de sang alors qu’elle gisait sur le sol sont rapidement devenues virales et figuraient sur des affiches appelant à manifester, avec le slogan « Oeil pour oeil ». « Les policiers de Hong Kong nous tuent », pouvait-on lire sur une banderole brandie par un manifestant. « Hong Kong n’est plus sûre », disait une autre.

Sur les murs, colonnes et barrières de l’aéroport, les manifestants ont écrit en rouge « Oeil pour oeil » en anglais et en chinois. « Les policiers de Hong Kong sont devenus fous et leur violence outrepasse les lignes directrices qui leur sont fixées », a déclaré un manifestant de 22 ans qui n’a donné que son nom de famille: Law. « Les habitants de Hong Kong doivent se soulever et ne pas avoir peur », a-t-il ajouté.

Certains manifestants ont assuré que l’aéroport avait été choisi comme lieu de manifestation parce qu’ils pensaient que la police ne lancerait pas de gaz lacrymogène en présence de visiteurs internationaux.

« La police n’agira pas déraisonnablement car si des ressortissants d’autres pays voyaient comment la police peut venir et frapper les gens, ce ne serait pas sérieux », a dit Kelvin Liu, un étudiant de 19 ans présent à la manifestation.

 


 

Le candidat péroniste de centre-gauche Alberto Fernandez arrive dans son bureau de vote de Buenos Aires, le 11 août 2019 – AFP / ALEJANDRO PAGNI

Primaires en Argentine : le péroniste Fernandez inflige un lourd revers au président Macri

Le président libéral argentin Mauricio Macri a subi dimanche un lourd revers face au péroniste de centre-gauche et ex-chef du gouvernement Alberto Fernandez aux élections primaires, considérées comme une répétition générale de la présidentielle d’octobre au cours de laquelle il compte briguer un deuxième mandat.

Selon des résultats partiels portant sur 58,7% des bureaux de vote, M. Fernandez et sa colistière Cristina Fernandez de Kirchner, l’ancienne présidente du pays, ont obtenu 47,01% des suffrages, contre 32,66% pour le tandem composé de Mauricio Macri et du dirigeant péroniste Miguel Angel Pichetto. Si un tel résultat se reproduisait lors de la présidentielle du 27 octobre, M. Fernandez, 60 ans, serait proclamé vainqueur dès le premier tour, puisque selon la loi électorale argentine il suffit pour cela d’obtenir au moins 45% des suffrages, ou bien 40% et une avance de dix points sur le candidat arrivé deuxième.

« Nous avons subi une mauvaise élection et cela nous oblige, à partir de demain, à redoubler d’efforts. Nous regrettons de ne pas avoir eu tout le soutien que nous espérions », a rapidement reconnu le chef de l’Etat de la troisième économie d’Amérique latine, plongée dans une grave crise économique.

« A ceux qui n’ont pas voté pour moi, je promets de travailler pour qu’ils me comprennent. Nous allons commencer une étape nouvelle », s’est pour sa part félicité M. Fernandez devant une foule de plusieurs milliers de partisans en liesse.

 


 

GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives / STEPHANIE KEITH

Affaire Epstein : les secrétaires d’Etat Schiappa et Taquet réclament « une enquête » en France

Les secrétaires d’Etat Marlène Schiappa (Egalité femmes/hommes) et Adrien Taquet (protection de l’enfance) ont réclamé lundi l’ouverture d’une enquête en France concernant l’affaire Jeffrey Epstein, le financier américain retrouvé mort en prison samedi et qui était poursuivi pour de multiples agressions sur mineures. « L’enquête américaine a mis en lumière des liens avec la France. Il nous semble ainsi fondamental, pour les victimes, qu’une enquête soit ouverte en France afin que toute la lumière soit faite », écrivent les deux ministres dans un communiqué.

Selon l’entourage de Marlène Schiappa, il s’agit effectivement d' »éclaircir » les liens que l’homme d’affaires avait avec Paris, comme de nombreux allers-retours entre la France et les Etats-Unis et la propriété d’un immeuble près de l’Arc de Triomphe récemment évoqués par la presse française. « La mort de M. Epstein ne doit pas priver les victimes de la justice à laquelle elles ont droit: c’est une condition essentielle à leur reconstruction, c’est aussi une condition à une protection plus efficace à l’avenir d’autres jeunes filles face à ce type de réseaux organisés, face à ce type de prédateurs », écrivent Mme Schiappa et M. Taquet.

Dans une lettre au procureur de la République de Paris et reproduite sur le site de L’Obs, l’association Innocence en danger indique pour sa part lui avoir adressé un signalement le 23 juillet et souligne que « la France est concernée par ce dossier puisque des investigations menées par le FBI font apparaître plusieurs personnes de nationalité française ».

Innocence en danger cite une « source fiable » selon laquelle « plusieurs victimes du réseau prostitutionnel créé par Jeffrey Epstein et ses complices sont également de nationalité française ».

Cette lettre au parquet envoyée lundi s’appuie « sur les informations publiques, des documents déclassifiés aux Etats-Unis depuis vendredi où apparaissent des noms français, mexicains, saoudiens, etc », a expliqué Homayra Sellier, présidente de l’association, interrogée par l’AFP. « Pour le moment, nous n’avons pas eu de réponse du parquet », a-t-elle ajouté.

La mort dans sa cellule de prison new-yorkaise du financier et figure de la jet set américaine Jeffrey Epstein, 66 ans, accusé d’accusé d’avoir fait venir des dizaines de mineures dans ses luxueuses résidences, notamment à New York et en Floride, pour multiples agressions sexuelles présumées, a causé la stupeur aux Etats-Unis et déclenché des enquêtes du FBI et du ministère de la Justice. Sa mort qualifiée d’apparent suicide par l’administration pénitentiaire a immédiatement donné lieu à plusieurs théories du complot et à un scandale aux Etats-Unis, certains croyant plus à un meurtre qu’à un suicide en raison de ses nombreuses connexions dans les cercles du pouvoir.

 


 

Le chanteur ivoirien DJ Arafat lors d’une cérémonie à Abidjan le 2 octobre 2017 – AFP/Archives / ISSOUF SANOGO

Décès du chanteur ivoirien DJ Arafat, star du coupé-décalé

Le chanteur ivoirien DJ Arafat, star du coupé-décalé très populaire en Côte d’Ivoire, est mort lundi à 33 ans des suites d’un accident de la circulation survenu dans la nuit, a annoncé la Radio-Télévision publique ivoirienne (RTI). « Décès de l’artiste DJ Arafat, de son vrai nom Houon Ange Didier, ce lundi 12 août à 8 heures (locales et GMT), des suites d’un accident de la circulation qui s’est produit dans la nuit de dimanche » à lundi à Abidjan, a indiqué la RTI sur son compte Twitter.

Selon des messages et des photos qui circulent sur les réseaux sociaux, DJ Arafat pilotait une moto lorsqu’il a percuté une voiture dans la nuit.

Le ministre ivoirien de la Culture Maurice Kouakou Bandaman « présente ses condoléances à la famille et aux mélomanes », et des dispositions seront prises pour « un hommage à l’artiste », selon un communiqué diffusé par la RTI.

« On est tous sous le choc », a témoigné auprès de l’AFP Ickx Fontaine, producteur et spécialiste du hip hop. DJ Arafat était « au top niveau depuis 15 ans et son premier tube +Jonathan+. C’était impressionnant ».

« C’était un vrai chanteur et un batteur (…) il a donné un nouveau souffle au coupé-décalé », a-t-il estimé.

DJ Arafat avait été désigné « meilleur artiste de l’année » aux Awards du coupé décalé en 2016 et 2017.

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