Monde
20H58 - vendredi 21 juin 2019

Présidentielle en Mauritanie : Ghazwani ou le candidat de la stabilité. L’édito de Michel Taube

 

C’est une des élections présidentielles majeures de l’année 2019 en Afrique : les Mauritaniens doivent choisir le 22 juin 2019 un successeur à Mohamed Ould Abdel Aziz, qui a décidé de passer la main après deux mandats et dix ans au pouvoir.

Favori du scrutin, Mohamed cheikh Mohamed Ahmed cheikh Ghazwani est le candidat du président sortant Mohamed Ould Abdel Aziz.

Compagnons d’armes de longue date, – ils ont fait l’école militaire de Meknes en 1977, Mohamed cheikh Mohamed Ahmed cheikh Ghazwani est issu de la tribu maraboutique des ideyboussats, très influente dans le pays. Originaire de la région de l’Assaba et plus particulièrement de la ville de Boumdeid, lui et sa femme Mariem Dah ont ouvert une fondation pour les enfants autistes il y a quelques mois, cause rarement soutenue en Afrique.

Ghazwani parle couramment le français et l’arabe. Il est francophone et francophile, denrée devenue trop rare.

Le sens de sa candidature ? Assurer la stabilité et la continuité dans un pays charnière entre Maroc, Mali et Sénégal. Pour ne prendre qu’un exemple : dans l’équilibre subtil qui constitue la société mauritanienne, la relation avec la communauté négro-mauritanienne est décisive. Or Ghazwani est en bon termes avec eux. Son directeur de campagne est Niang Jibril, un peul de Kaedi, une ville du sud de la Mauritanie. Les notables négro-mauritaniens le soutiennent officiellement.

Homme de consensus, Ghazwani peut faire l’unité nationale autour de sa candidature. Il connaît bien les dossiers car il a été chef d’état-major des armées de 2008 à novembre 2018 et ministre de la défense de novembre 2018 à mars 2019 et son entrée en campagne électorale.

De nature discrète, il a mené une campagne efficace et saura briser la carapace pour porter les habits de chef de l’Etat si le peuple le choisit.

Face à lui, six candidats dont Biram Dah Abeid, militant anti-esclavagiste, déjà candidat en 2014. Mais aussi l’ancien chef de gouvernement de transition (2005-2007), Sidi Mohamed Ould Boubacar, soutenu par une coalition comprenant notamment le parti islamiste Tewassoul, principale force d’opposition.

Nouveauté cette année : les militaires pourront voter le même jour que les civils. En cas de second tour, celui-ci se tiendra le 6 juillet. Premier ou ultime verdict demain soir ou dimanche…

 

Michel Taube

Directeur de la publication

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