Monde
08H11 - mardi 23 avril 2019

Michelle Bachelet, Haut Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, et le Parlement Européen à Doha pour une conférence sur les libertés

 

Combattre l’impunité, renforcer la responsabilité et le droit international, tel était l’enjeu de la conférence internationale tenue à Doha au Qatar les 14 et 15 avril.

Plus de deux cents participants parmi lesquels des représentants gouvernementaux, des experts internationaux, des membres d’organisations non gouvernementales des cinq continents ont planché sur les mécanismes de lutte contre l’impunité, qu’il s’agisse de crimes de guerre, de viols, de déplacements massifs de populations ou de génocides. Dans le but de favoriser l’accès aux droits formels des victimes et de traduire devant les juridictions compétentes plus de responsables des crimes en question.

Michelle Bachelet, Haut-Commissaire aux Droits de l’Homme des Nations Unies, et Pier Antonio Panzeri, président de la Sous-commission des droits de l’homme du Parlement européen, ont répondu à l’invitation du Dr Ali Bin Samikh Al Marri, président de la Commission nationale des droits de l’homme du Qatar et Vice-Président de l’Alliance mondiale  des  institutions nationales des  droits  de l’homme (GANHRI).

La Syrie, les rohingyas, les femmes et les enfants, la transparence de l’accès à l’information étaient à l’honneur des travaux.

Les recommandations adressées aux États ont porté sur la nécessité de mettre en place des plateformes mondiales, régionales et locales permettant aux victimes de raconter, dans leur langue natale, leur histoire de manière à sensibiliser le public à leur sort, et d’accéder mieux à la justice et aux indemnisations.

Le rôle des mécanismes de « justice réparatrice » et des commissions de vérité et de réconciliation a été mis en avant, ainsi que la nécessité de s’adapter aux réalités culturelles des populations concernées.

Il est également apparu important de renforcer l’impartialité et l’indépendance de la justice internationale qui ne doit pas se soumettre aux pressions politiques ni aux agendas de tel ou tel gouvernement, notamment parmi les plus grandes puissances internationales au premier rang desquelles celles qui siègent au Conseil de sécurité des Nations Unies, usant (et abusant) de leur droit de veto, souvent sur des questions de libertés fondamentales.

L’idée d’un Observatoire de suivi de ces mécanismes a été avancée en vue de poursuivre de manière effective la mise en œuvre de ces recommandations. L’ensemble des partie prenantes s’est donné rendez-vous en 2020 pour mesurer le chemin parcouru, de sorte que ces recommandations ne restent pas des vœux pieux.

 

Claudie Holzach