Monde
09H05 - jeudi 11 avril 2019

Brésil : le salon de l’armement et le pistolet dérobé

 

Si la France est habituée à rayonner avec son industrie de l’armement au niveau international, elle était très discrète au plus grand salon d’armement d’Amérique latine organisé du 2 avril au 5 avril à Rio de Janeiro. Cet événement, qui a rassemblé beaucoup de visiteurs et de curieux, fut l’occasion de présenter les dernières nouveautés au public et aux investisseurs. Ceci dans un nouveau contexte politique brésilien sensible.

Selon La Tribune, si plusieurs délégations étrangères étaient sur place, ce ne fut pas le cas de la France dont l’absence a été remarquée. Et les industriels français ont de quoi s’en inquiéter… Cette situation rappelait décembre dernier quand le gouvernement n’avait envoyé aucune représentation politique pour le lancement du premier sous-marin Scorpène brésilien. Et pourtant, les deux pays ont signé un partenariat stratégique en 2008.

Sous l’ère de Jair Bolsonaro, le nouveau président de la République du Brésil depuis le 2 janvier 2019, le marché de l’armement attire de plus en plus de personnes, notamment après qu’un décret signé dès janvier facilite la détention d’armes à feu.

Ainsi, les visiteurs étaient nombreux à réfléchir à l’achat d’une arme pour leur défense personnelle. Il faut rappeler que le Brésil fait partie des pays d’Amérique du Sud avec le taux le plus élevé de criminalité. Pour faire baisser le taux d’homicides, Jair Bolsonaro a fait de la sécurité une de ses promesses de campagne. Le président brésilien avait lui-même subi une attaque au couteau pendant la campagne présidentielle. L’année dernière, un rapport tiré de l’Atlas 2018 de la violence, élaboré par l’ONG Forum brésilien de sécurité publique (FBSP), expliquait : « en dix ans, 553.000 personnes ont perdu la vie à cause de la violence intentionnelle ».

Petite anecdote concernant le salon international de Rio de Janeiro : dès le premier jour du salon, un pistolet qui n’était pas en état de fonctionnement a été dérobé dans un stand du salon LAAD Defence & Security, d’après un communiqué des organisateurs.  

Pas de quoi freiner la mode très trumpienne et aujourd’hui bolsonarienne pour les armes à feu.

 

Guillaume Asskari

Journaliste, Chroniqueur « Amériques latines »

Journaliste, Chroniqueur « Amériques latines »