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10H51 - mardi 3 juillet 2018

Adnan Majali, l’homme providentiel de la Palestine ?

mardi 3 juillet 2018 - 10H51

Face à des partis politiques traditionnels sclérosés, une nouvelle figure émerge en la personne d’Adnan Majali, médecin et homme d’affaires. Sa volonté : faire de son pays une puissance économique et cesser de mettre le conflit avec Israël au centre de la politique palestinienne.

 

Adnan Majali, ici à droite, signe l’établissement d’un centre de recherche médicale en Palestine

 

Le Président Mahmoud Abbas n’en finit plus de repousser l’échéance des élections présidentielles. Désormais, au-delà de son impuissance, et pris en étau dans une « inautorité » palestinienne incapable de mener son peuple à la paix et à la création viable d’un État, il sombrait récemment en proférant des attaques antisémites contre les Juifs. Début mai en effet, il laissait sous-entendre lors d’un discours, que si les Juifs avaient payé un tel tribut à l’histoire, c’est que quelque part ils n’y étaient peut-être pas tout à fait pour rien, selon l’AFP.

Du côté du Hamas, Ismaël Haniyeh est en embuscade, mais il sait très bien qu’avec son parti à Gaza, pris en otage depuis 2007 par le mouvement islamiste, rien n’est moins sûr que de parvenir à conquérir le cœur – et le vote – des Palestiniens de Cisjordanie.

L’avenir de la Palestine se construit dès aujourd’hui, et peut-être en dehors des circuits politiques classiques. Une nouvelle génération de dirigeants, hors partis sclérosés et usés, compromis et corrompus, est peut-être en train d’émerger. Parmi eux, un homme, médecin, Adnan Majali, très peu médiatisé encore en Europe, mais très connu en Cisjordanie pour ses travaux en cancérologie et sur la maladie d’Alzheimer. Par ailleurs homme d’affaires, Majali a signé un accord avec le département à Ramallah de l’Université Al Qods de Jérusalem en 2017 pour ouvrir le plus grand centre de recherche médicale de Palestine et dans le monde arabe. Celui-ci devrait devenir un incubateur pour les chercheurs palestiniens.

Majali veut œuvrer pour son pays et tenter de devenir le prochain président palestinien. Cela passe par la lutte contre la corruption et ne plus baser toute la politique palestinienne sur la lutte contre Israël. Il a déjà multiplié les rencontres interpalestiniennes, côté Fatah comme côté Hamas. Très apprécié du côté palestinien comme israélien, – il n’a rien écrit contre Israël – ce qui est assez rare pour être mentionné, il multiplie également depuis quelques temps les rencontres internationales, comme ce fut le cas avec Jared Kuchner, le gendre de Donald Trump, en mars 2017. Majali lui présenta son projet pour la Palestine, à commencer par un retour à la table des négociations au plus vite.

L’espoir des Palestiniens du renouveau en la personne de Marwan Barghouti emprisonné depuis des années par les Israéliens s’est évanoui, et il se pourrait bien que ce soit un profil d’un genre nouveau, qui souhaite apporter le meilleur pour son pays, sur la base de ses fonds propres, et dans une logique d’intérêt général à commencer par la médecine, qui émerge. Adnan Majali, en continuant son chemin en toute discrétion, aurait alors toutes ses chances de surgir comme le candidat idéal, pour le moment respecté de toutes parts.

 

Sébastien Boussois et Michel Taube

Directeur de la publication