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18H06 - jeudi 7 juin 2018

Akéré Muna, Maurice Kamto : quand des opposants sapent l’intégrité du Cameroun

jeudi 7 juin 2018 - 18H06

Akéré Muna est l’un des opposants au Président Camerounais et candidat sortant aux élections d’octobre 2018, Paul Biya. Encore peu connu au niveau national, M. Muna tente de se faire un nom au sein de la communauté internationale. Mais en acceptant le soutien d’organisations étrangères comme l’OSF (Open Society Foundations) et en critiquant l’armée camerounaise (qui fait face à une résurgence du terrorisme), on lui reproche désormais son manque de « patriotisme ». Pire, on l’accuse de « vouloir vendre le pays à des puissances étrangères ».

 

Il faut dire qu’en la matière, l’Afrique ne manque pas d’exemples. Le nombre d’opposants Africains qui ont un jour voulu briguer le pouvoir dans leur pays respectif, avec l’aide de la Chine ou de la Russie, dépasse les estimations des chancelleries. Ce fut d’ailleurs encore le cas récemment avec la candidature de Jean Ping au Gabon, qui avait promis l’ouverture de certains marchés à la Chine s’il venait à être élu. 

Mais le problème d’Akéré Muna est différent. 

Si l’on se fie à ses agissements sur la scène internationale (son activisme anti-gouvernemental à l’ONU), aux articles de la presse qui lui est acquise, et aux informations que l’on peut trouver sur les réseaux sociaux, Akéré Muna a accepté le soutien du milliardaire américain George Soros.

Pour le journal indépendant camerounais « Le Repère », cité par Cameroun Actu, « non seulement Akéré Muna a demandé l’ingérence des casques bleus dans la crise » terroriste actuelle des anglophones contre les francophones, mais en plus, il est soutenu par « George Soros, qui n’hésite pas à dessein à dramatiser la situation. Des activistes anglophones installés aux Etats-Unis qui non seulement soutiennent financièrement les séparatistes, mais en plus font le lobbying en alimentant les journaux et le Parlement américains sur de présumés exactions et persécutions de la minorité anglophone. » 

Il faut dire que depuis 2016, des factions terroristes anglophones basées dans les région Nord Ouest et Sud Ouest (les Red Dragons, l’Ambazonian Defense Force, les Tigres d’Ambazonie, etc.) tentent de déstabiliser le pouvoir de Yaoundé en appliquant les méthodes de Boko Haram (organisation qui a été balayée de la région Nord avec l’aide de l’armée américaine). Ces factions terroristes, furieuses de la prédominance de la langue française dans 90% du pays, veulent aujourd’hui faire sécession et créer un Etat qui n’a jamais existé et qui s’appellerait « Ambazonie ». Une situation inacceptable pour la majorité des anglophones du pays (surtout que ces régions Nord-Ouest et Sud-Ouest n’ont aucune richesse terrestre ou minière) ainsi que pour la quasi-totalité des francophones. 

Enlever les proviseurs des universités, fermer les écoles primaires, kidnapper contre rançon les élus locaux, saboter les arrivées d’eau potable et les petites centrales électriques, interdire l’accès aux terrains de football… puis combattre l’armée camerounais en mode « guérilla semi-urbaine » tout en utilisant des femmes et des enfants comme boucliers humains, telles sont quelques unes des méthodes utilisées. Sur les réseaux sociaux, les images des factions séparatistes choquent les Camerounais. Le tout alors que depuis la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis, là où la riche diaspora finance l’opposition à Paul Biya, on fait la promotion des « bavures » de l’armée camerounaise.  

Et les quotidiens camerounais, comme Le Pélican, le Jour ou encore le Soir d’expliquer : « On sait tous ce que l’ingérence étrangère a importé en Afrique. Les étrangers comme M. Soros, quand ils n’arrivent pas à modifier le processus électoral, organisent des manifestations et des émeutes post-électorales. Est-ce ce dont le Cameroun a besoin ? L’économie du pays est stable, ce qui procure de la prospérité à de plus en plus de citoyens issus de la classe moyenne. L’école générale est de bon niveau et le pays développe ses infrastructures partout, même dans les régions anglophones. Voulons-nous mettre un terme à cela pour faire plaisir à un milliardaire américain qui a déjà mis la pagaille au Gabon, à Brazzaville, au Burkina, etc. ? »

Alors que les Brigades d’Intervention rapide de l’armée augmentent le rythme de leurs « opérations de libération des villages occupés par les terroristes », les chancelleries étrangères regardent d’un œil avisé les élections présidentielles à venir. Et si chacun souhaite éviter une résurgence de la violence au Cameroun, les Camerounais eux-mêmes demandent aujourd’hui à Akéré Muna – et à un autre opposant soutenu par M. Soros, Maurice Kamto, de ne pas saboter l’image des Lions Indomptables sur la scène internationale dans le but de faire briller leur propre égo. 

 

Urbain Simon