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18H55 - mercredi 8 mars 2017

Dédions la Journée internationale des droits des femmes aux victimes de l’islamisme radical. Le coup de gueule de Patricia Lalonde

mercredi 8 mars 2017 - 18H55

Cette journée créée pour toutes les femmes devrait être dédiée à toutes les femmes victimes des conflits au Moyen-Orient et ailleurs, conflits qui les ont jetées sur les routes, qui ont brisé leur vie, qui les ont laissées se faire humilier par les exactions de Daesh et des groupes radicaux islamistes.

Il est paradoxal de célébrer dans notre pays la Journée internationale des droits des femmes alors que notre diplomatie s’est en quelque sorte fait la complice de leurs malheurs. En effet, n’a-t-elle pas déclenché des guerres guidées par des considérations géopolitiques travesties en devoir d’ingérence contre des dictateurs, ne s’est-elle pas appuyé sur des groupes extrémistes sans  la moindre considération pour les drames humains que ces guerres ont engendrés et particulièrement pour les femmes obligées de fuir sur les routes.

N’a-t-on pas entendu dire que nous ne devions pas choisir entre Bachar el Assad et Daesh ? Nous posons simplement la question : combien de femmes syriennes et irakiennes ont pu approuver ce message ?

Demandons aux femmes yézidis, vendues sur les marchés de la province de Sinjar si pour elles Daesh et Bachar el Assad représentent le même danger ?

Demandons à toutes ces femmes de Mossoul, victimes des milices « féminines » contraintes par Daesh de faire appliquer la charia la plus stricte par des pratiques barbares, ce qu’elles en pensent ?

Demandons aux femmes libyennes, livrées au chaos de leur pays et aux groupes armés si elles approuvent les motivations géopolitiques déguisées sous le prétexte de se débarrasser de leurs « dictateurs ».

Et que pensent de la Journée des droits des femmes célébrée dans nos démocraties les femmes yéménites, victimes de la guerre de procuration que livrent l’Arabie Saoudite à l’Iran et menacées de famine dans leur pays, elles aussi livrées aux groupes de l’Etat Islamique et d’El Qaida ?

Qu’en pensent ensuite toutes ces jeunes filles enlevées par Boko Haram au Nigeria il y a plus de deux ans et qui pour certaines d’entre elles sont encore aux mains de leurs bourreaux ? Nous nous souvenons du show médiatique organisé à Paris par l’Elysée quelques jours après leur enlèvement… Qu’a-t-on fait pour elles depuis ?

Qu’en pensent les femmes maliennes de Gao et de Kidal qui vivent dans la peur de voir les djihadistes revenir ?

Qu’en pensent les femmes afghanes qui sont à nouveau menacées non seulement par les talibans mais par les nouveaux arrivés de l’Etat Islamique et qui vivent dans la peur ?

Désolé pour cette litanie mais les femmes n’ont jamais été autant menacées dans le monde par l’islamisme radical.

Les féministes ont raison de pointer du doigt les lacunes encore trop nombreuses de l’égalité entre les hommes et les femmes dans nos démocraties mais elles devraient être moins indulgentes et implacables sur cette oppression de l’islamisme radical sur les femmes… Il s’agit de refuser de se soumettre à l’islamisme ambiant sous prétexte de passer pour islamophobe.

Ne soyons pas naïfs, cette menace est maintenant chez nous et elle s’insinue sournoisement dans certains pans de la société. S’abriter derrière la laïcité ne suffit pas…  Nos dirigeants sont le plus souvent dans le déni de cette réalité, par peur de passer pour « islamophobes » ou encore pour s’assurer un électorat facile.

Les femmes et les jeunes filles de nos banlieues sont les premières victimes, ces femmes qui ne sont plus autorisées à sortir seules, ces femmes qui sont obligées de se voiler et même dès un très jeune âge…

Ces femmes qui sont le laboratoire dans notre pays de l’application de la charia dans des Etats non musulmans et qui vivent dans des zones de non droit où même les policiers sont empêchés de rentrer.

Aujourd’hui, journée des droits des femmes, un étudiant de 15 ans dans le Val de Marne a frappé sa professeure de trois coups de poing. Cessons d’être silencieux. Pour toutes les femmes.

 

Patricia Lalonde