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13H58 - jeudi 26 janvier 2017

La Nuit des idées est un instrument de la diplomatie française. Entretien avec Bruno Foucher, président de l’Institut français.

jeudi 26 janvier 2017 - 13H58

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Monsieur Bruno Foucher, vous présidez l’Institut français qui organise le 26 janvier 2017 la 2ème Nuit des idées. Pourquoi une telle Nuit ?

De nouveaux publics sont demandeurs de nouveaux types de débats, certes sérieux mais aussi participatifs et non académiques. La nuit prête à la fois à la pensée et à la fête. C’est peut-être cet alliage subtil qui explique le succès de la Nuit des idées, si on en juge par l’écho de la première édition et par l’ampleur que prend l’opération cette année avec 100 Nuits dans 40 pays et 50 villes.

Bruno Foucher, président de l'Institut français

Bruno Foucher, président de l’Institut français

Vous êtes diplomate et le quai d’Orsay accueille le lancement officiel de la Nuit avec les ministres français et allemand des affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault et Frank-Walter Steinmeier. La Nuit des idées est-elle un instrument de politique étrangère ?

Oui dans le sens où ce type d’initiatives sont des instruments d’influence de la France par ce qu’elle a de plus rayonnant : la culture. Et le débat d’idées tient une place centrale dans l’esprit français.

 

Mais l’Etat ne doit-il pas rester neutre, comme le disait le philosophe Eric Weil et comme y incite notamment notre conception de la laïcité ?

La Nuit des idées, ce ne sont pas les idées de l’Etat. Mais l’Etat, à travers des organismes comme l’Institut français, promeut le débat, les échanges, le partage pacifique et critique des arguments. C’est son rôle.

 

N’est-ce pas une gageure d’organiser une Nuit des idées à l’heure de Poutine et de Trump ?

Bien au contraire, les citoyens, les experts, l’opinion publique sont demandeurs de repères, d’échanges pour envisager un avenir qu’ils voient trouble. Le thème de cette édition, « un monde commun », est justement un appel à débattre d’une autre conception du monde que celle qu’on nous promet trop souvent.

Propos recueillis par Michel Taube