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19H13 - jeudi 17 novembre 2016

Il n’y a que des solutions : « L’économie circulaire est notre avenir », entretien avec Pascal Durand, député européen

jeudi 17 novembre 2016 - 19H13

Alors que la COP22 touche à sa fin, Pascal Durand, député européen EELV, proche de Yannick Jadot, candidat EELV à la présidence de la République, a répondu aux questions d’Opinion Internationale. Pascal Durand s’apprête à publier un rapport sur l’obsolescence programmée.

PAscal Durand

 

L’élection de Trump va-t-elle casser la dynamique de l’Accord de Paris ?

L’élection de Trump pourrait compromettre la mise en œuvre par les Etats-Unis de certaines dispositions de l’Accord de Paris. Mais je ne crois pas qu’il reviendra sur la signature de son pays. D’autant que des entreprises américaines commencent à monter au créneau : Dupont, Nike, Schneider Electric, Ikea, Starbucks, Mars, plus de 350 investisseurs américains ont déjà demandé à Donald Trump de respecter l’Accord de Paris.

 

Le Sommet de Marrakech qui ouvre la COP22 touche à sa fin. Est-ce un succès selon vous ?

Ma réponse ne sera ni positive ni négative : j’attendrai surtout de savoir si les pays du Sud, l’Afrique, les îles océaniques et d’autres sont satisfaits des engagements financiers espérés.

 

Dans les enjeux d’adaptation, on a beaucoup parlé de l’économie circulaire à Marrakech. Comment la définiriez-vous ?

Faut-il vraiment la définir ? Pour moi c’est la prise en compte de la finitude de la planète. Arrêtons de croire qu’on peut indéfiniment continuer de produire, de piller, d’exploiter et qu’on trouvera toujours des réponses. L’économie circulaire, c’est la mise en œuvre d’un constat : il faut réutiliser les ressources, notamment les matières premières. C’est aussi arrêter une économie du gaspillage. Rentrons dans une économie sobre, plus respectueuse de ce qui a existé. Essayons de repenser la vie comme étant un cycle et pas simplement un cycle de la production à la poubelle. Prenons l’habitude de penser que toute chose peut être réparée, retravaillée.

 

L’Europe a-t-elle fait une priorité de l’économie circulaire ?

Clairement, l’Europe n’en a pas fait une de ses priorités mais elle porte la conscience de la nécessité d’intégrer ce concept dans l’inconscient de chacun, petit à petit. Je parle notamment de la jeune génération qui va aborder ses métiers de demain quel qu’il soit avec cette volonté de ne pas gâcher mais de réutiliser ses ressources. En cela l’Europe a un vrai rôle.

Par ailleurs, elle a vocation à produire des normes de façon identique pour l’ensemble du continent européen. Il existe un certain nombre de directives qui commencent à prendre en compte la réalité de cette économie. Est-ce suffisant ? Non ! Est-ce une priorité ? Non ! Le fait que des villes se saisissent de cette question va donner une impulsion. La mobilisation vient du bas et c’est peut-être mieux ainsi.

 

Quelles sont désormais les prochaines étapes ?

Les prochaines étapes consistent à passer des mots aux actes. Il faut faire prendre conscience aux grands dirigeants de cette planète que la signature de Paris les engage ainsi que les générations futures et les classes politiques qui vont leur succéder. Il faut être à la hauteur de la signature, c’est un engagement comme dans la vie ! Il faut le tenir.

 

 

Propos recueillis par Stéphanie Petit

 

Journaliste