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11H03 - mercredi 29 juin 2016

Taita Leila, traverser la Palestine en broderies

mercredi 29 juin 2016 - 11H03

Chaque société a son costume traditionnel. Le savoir-faire, la façon de porter un vêtement et les couleurs utilisées appartiennent au patrimoine culturel d’une nation ou région. En Palestine, c’est la broderie qui a permis aux cultures de se démarquer. L’entreprise Taita Leila tente à la fois de conserver et remettre au goût du jour cette richesse menacée.

Crédit photo : Padres Hana, Wikimedia Commons

Crédit photo : Padres Hana, Wikimedia Commons

L’art de la broderie palestinienne est extrêmement régionalisé. De la Galilée à Ramallah, en passant par Jérusalem, chaque localité a apporté son style à un patrimoine centenaire. Que ce soit les coutumes, les ressources disponibles ou les influences extérieures, chaque aspect de la vie des Palestiniens peut être lu sur leurs tenues traditionnelles.

À Ramallah, on retrouve sur les costumes le rumi, une étoffe de lin tressée à la main à la blancheur caractéristique. Les motifs sont généralement rouges, issus de colorants naturels comme le carmin de cochenille.

De par son caractère cosmopolite, Jérusalem n’a pas vraiment de costume traditionnel. Les tenues qui y sont portées ont été énormément influencées par la mode internationale, utilisant néanmoins les soies colorées produites sur place.

Pour ce qui est de Naplouse, ville à tradition agricole, les broderies y sont rares et les vêtements, plus simples et utilitaires que dans d’autres régions plus urbaines de Palestine.

Tous ces aspects, l’entreprise Taita Leila tente de les restituer en les remettant au goût du jour. Noora Husseini, qui a créé l’entreprise en hommage à sa grand-mère Leila Hussein auteur du livre L’Art de la broderie palestinienne, et son unique assistante Alaa Shari arpentent les marchés de Ramallah à la recherche d’étoffes traditionnelles pouvant agrémenter leurs modèles. Elles emploient ensuite des couturières locales. Taita Leila se définit comme une « entreprise sociale », car elle fournit aux artisans palestiniens un travail régulier et permet ainsi aux femmes palestiniennes de gagner en indépendance financière. La petite entreprise palestinienne est ouverte sur le monde et propose d’expédier ses pièces partout au-delà des frontières, à qui souhaite acquérir un petit morceau de culture palestinienne.