International
14H50 - mercredi 15 juin 2016

La fièvre du voyage

 

Bientôt les grandes vacances. En Israël aussi. Le moment pour beaucoup d’Israéliens de s’envoler vers de nouveaux horizons, de goûter d’autres modes de vie et se détendre loin des conflits. Même si parfois ils les rattrapent comme au Musée juif de Bruxelles le 24 mars 2014 ou dans les rues d’Istanbul le 21 mars dernier.

Crédit photo : Mewasul, Wikimedia Commons

Crédit photo : Mewasul, Wikimedia Commons

Israël et ses boîtes de nuit, ses lieux de pèlerinage. Israël, ses montagnes, ses déserts et ses plages. Israël, sa lumière et ses parfums d’Orient… Israël attire les touristes par millions chaque année malgré les guerres et la terreur. Mais Israël est avant tout le lieu de vie de 8 millions de femmes, hommes et enfants. Un pays plus petit que la région Champagne-Ardenne (8 019 mi2 contre 9 887 mi2) et dont la densité de la population est de 400/km2 (contre 52/km2, encore en Champagne-Ardenne). Aussi, peut-on comprendre que les Israéliens se sentent parfois à l’étroit, aspirent à s’aérer et visiter des régions plus vastes et apaisées. Ils sont nombreux en effet à partir en vacances au-delà des frontières. En témoigne le nombre annuel (autour de 14 millions pour 3,1 millions de touristes étrangers) de passages par l’aéroport international Ben Gourion, surnommé affectueusement Natbag par les locaux – c’est dire s’ils y sont attachés… Oui, les Israéliens ont la fringale des voyages.

Mais, l’histoire l’a montré, les touristes israéliens sont des cibles privilégiées par les terroristes en action. Pour les autorités, un problème insoluble, du moins actuellement. Avec la paix, un jour, peut-être… En attendant, le bureau du Premier ministre diffuse une liste de restrictions quant aux destinations et le ministère des Affaires étrangères publie sur son site Internet un répertoire de précautions d’une page entière intitulé « Règles de comportement conseillées à l’étranger » : « Chers voyageurs, pour votre plaisir et votre sécurité, nous vous recommandons de vous comporter selon les règles qui suivent. » En voici quelques-unes : ne pas s’identifier en tant qu’Israélien, ne pas séjourner longtemps dans des endroits prisés par les Israéliens, s’abstenir de communiquer des précisions sur son parcours, éviter de participer à des discussions politiques, ou encore veiller à s’enfermer à clé dans sa chambre d’hôtel, verrouiller ses valises… En d’autres termes, de la détente, oui, mais limitée.

Dans ces conditions, on comprend que les Israéliens privilégient les séjours et circuits balisés et la formule « all inclusive ». Enfin, surtout les familles. Car une autre catégorie importante de voyageurs préfère le mode aventurier. Ce sont ces femmes et hommes, autour de vingt et un ans, démobilisés depuis peu (75 000 en moyenne par an). Après leur service militaire (trois ans pour les garçons, deux pour les filles), passé à obéir aux ordres et côtoyer la mort, tout au moins en pensée, les jeunes Israéliens aspirent à savourer leur liberté retrouvée, de choix, de mouvement. En short, sandales et sacs à dos, ils partent souvent entre copains pour plusieurs mois « autour du monde » avant de se lancer dans des études, une formation, la vie adulte, le mariage…

Les faveurs des touristes israéliens varient, selon les prix et les tendances, au rythme des détentes ou crises diplomatiques. Après la paix signée en 1978 entre Israël et l’Égypte, puis avec la Jordanie, en 1994, ils se sont précipités pour découvrir ces territoires à deux pas de chez eux. Et à l’inverse depuis l’affaire du Mavi-Marmara et la flottille de Gaza, ils ont boudé la Turquie, une de leurs destinations jusqu’alors favorites : ils étaient 650 000 à y passer leurs vacances avant ces événements, ils ne sont plus actuellement que quelques dizaines de milliers. Certains pays aussi leur demeurent interdits, comme les Émirats arabes unis, l’Iran, le Yémen, l’Arabie saoudite, l’Irak, la Lybie…

Et puis il y a des constantes – New York, Paris, le Canada, l’Italie, la Thaïlande – des regrets – beaucoup d’Israéliens aimeraient visiter Dubaï si cela leur était permis – et des nouveautés – cette année le Monténégro serait le dernier cri.

Arrêtons de dénigrer notre chère Tunisie !

En cette ère où les images ont un pouvoir émotionnel puissant et peuvent fausser la réalité, Nous, enfants de la France et de la Tunisie, et amis de cette terre d’Afrique du…