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18H26 - vendredi 25 mars 2016

Chronique des libertés – 25 mars 2016

vendredi 25 mars 2016 - 18H26

Radovan Karadzic reconnu coupable de crimes contre l’humanité

Crédit photo : Michael Büker, Wikimedia Commons

Crédit photo : Michael Büker, Wikimedia Commons

Le Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie (TPIY)  vient de condamner l’ancien président de la République serbe de Bosnie à 40 ans de prison. 10 chefs d’accusation ont été retenus contre lui dont ceux de génocide, crimes de guerre et contre l’humanité . Il a notamment été reconnu responsable du massacre de Srebrenica durant lequel plus de 8000 hommes et adolescents bosniaques musulmans avaient été tués par le Général Ratko Mladic. Ce crime, reconnu comme génocide est considéré comme le plus important massacre en Europe depuis la Seconde guerre mondiale. Il avait vu les troupes serbes abattre lors d’exécutions de masse les civils de l’enclave démilitarisée de la ville de Srebrenica. Les troupes de l’ONU déployées sur place dans le cadre du maintien de la paix avaient été prises en otage. Karazdic a également été reconnu coupable d’autres crimes contre l’humanité, notamment la persécution de la population civile bosniaque entre 1992 et 1995

La condamnation de Radovan Karadzic marque l’une des dernières affaires à traiter pour le TPIY qui devrait bientôt être dissous. Ratko Mladic reste encore à juger.

 

 

Une pilote ukrainienne condamnée à 22 ans de prison

Crédit photo : UTR News, Wikimedia Commons

Crédit photo : UTR News, Wikimedia Commons

Le lieutenant Nadiya Savchenko a été reconnue coupable de complicité dans la mort de deux journalistes russes, Igor Kronelyuk et Anton Voloshin. La justice russe lui reproche d’avoir dirigé un tir de mortier sur un checkpoint rebelle où se situaient les deux journalistes, avant de fuir vers la Russie. Celle que les Ukrainiens appellent déjà leur « Jeanne d’Arc » nie la version de la justice russe. Elle dit avoir été enlevée une heure avant les évènements avant d’être immédiatement extradée vers la Russie. Ses avocats auraient fourni des données téléphoniques corroborant cette version.

La décision de la justice a été critiquée par plusieurs dirigeants européens ainsi que Barack Obama qui a demandé à Vladimir Poutine de relâcher le lieutenant Savchenko, ce qu’il aurait refusé, prétextant ne pas vouloir interférer dans les affaires judiciaires.

 

Une nouvelle résolution des Nations unies face à la Corée du Nord

Crédit photo : Wikimedia Commons

Crédit photo : Wikimedia Commons

Lors de la 31ème réunion du Conseil des droits de l’Homme à Genève, il a été convenu par consensus qu’une délégation d’experts serait désignée pour observer les crimes contre l’humanité commis par le gouvernement de Pyongyang. La Corée du Sud se réjouit du consensus auquel les Etats sont parvenus. Elle voit cela comme une preuve que la communauté internationale prend à cœur les exactions dont le pays en autarcie se serait rendu coupable.

Depuis plusieurs semaines maintenant, la Corée du Nord a accéléré son programme d’armement nucléaire. Après la supposée réussite de la miniaturisation d’une tête nucléaire, Pyongyang a lancé de ses côtes des projectiles de natures diverses, des roquettes aux missiles balistiques à longue portée. La dernière revendication en date est l’essai réussi d’un moteur de fusée au propergol, combustible solide qui permettrait aux Nord-coréens d’envoyer leurs projectiles bien plus loin qu’ils ne le peuvent actuellement.

En réponse, les Nations unies intensifient de plus en plus les sanctions à l’encontre du pays. Les Philippines ont été le premier état à avoir appliqué ces sanctions, capturant un bateau suspecté d’agir pour la Corée du Nord. Le cargo contenait un équipage de 30 Nord-coréens, bien qu’il navigue sous pavillon du Sierra Leone. Après une fouille minutieuse et infructueuse du navire, il a finalement été relâché à la demande de la Chine.

 

Les militants des droits humains menacés en Egypte

Crédit photo : kremlin.ru

Abdel Fattah al-Sisi – Crédit photo : kremlin.ru

 

Depuis plusieurs semaines, les autorités égyptiennes convoquent les membres d’ONG dans le cadre d’enquêtes sur le financement prétendu illégal de ces organisations. L’ouverture du dossier remonte à décembre 2011, cinq mois après la démission d’Hosni Moubarak. A l’époque, plusieurs bureaux d’ONG avaient été perquisitionnés, 43 humanitaires dont 32 étrangers avaient été mis en examen. Ils avaient été condamnés à des peines allant de 1 à 5 ans d’emprisonnement. Depuis septembre 2014, le code pénal a été modifié par l’actuel président Abdel Fattah al-Sissi : désormais, les humanitaires ayant reçu des financements étrangers sans autorisation du gouvernement pourraient encourir jusqu’à 25 ans de prison.

La semaine dernière, les juges ont annoncé que certaines personnes déjà impliquées dans l’affaire à l’époque allaient de nouveau être interrogées. Le 22 mars dernier déjà, Mozn Hassan, membre d’une association féministe égyptienne, avait été entendue pour financement étranger illégal. L’Allemagne a exprimé son mécontentement vis-à-vis du comportement du gouvernement égyptien et l’appelle à cesser ces poursuites.

 

Un journaliste turc menacé de prison à vie

Can Dündar - Crédit photo : Claude Truong-Ngoc, Wikimedia Commons

Crédit photo : Claude Truong-Ngoc, Wikimedia Commons

Can Dündar, rédacteur en chef de Cumhuriy, et Erdem Gül, le représentant du journal à Ankara, voient leur procès s’ouvrir aujourd’hui. Accusés d’espionnage et de complicité de terrorisme, ils encourent une peine de prison à vie. Ils avaient publié en mai dernier une vidéo sur laquelle on pouvait voir les services secrets trucs livrer des armes à des groupes islamistes syriens. En décembre 2013 déjà, Dündar avait tenté de dénoncer une vaste affaire de corruption avec l’appui de Fethullah Gülen, ennemi juré du président Erdogan. Après que l’affaire a été étouffée, Dündar est passé devant les tribunaux le 17 décembre dernier. Il risque dans cette affaire jusqu’à 5 ans de prison.

Ce jugement a lieu dans un contexte difficile pour la presse turque. En effet, le mois dernier, le quotidien Zaman a été mis sous tutelle par l’Etat. Sa ligne éditoriale a aujourd’hui changé, ne publiant majoritairement que des articles pro-gouvernement. Même chose pour l’agence de presse Cihan qui appartient au même groupe de presse que le quotidien. Can Dündar avait reçu le prix 2015 de la Liberté de la presse remis par Reporters sans frontières.