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14H45 - lundi 14 mars 2016

Cinq ans déjà, malaise de Fukushima

lundi 14 mars 2016 - 14H45

Soixante-dix ans après les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, le Japon vit toujours sous la menace nucléaire, accrue par l’accident industriel majeur de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi survenu le 11 mars 2011.

 

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Un poste d’observation sur la plage Shioyazaki, à 40 kilomètres au sud de Fukushima, détruit par le tsunami et laissé à l’abandon – Crédit Photo : Kosuke Okahara – Fukushima Fragments

 

Un tremblement de terre d’une magnitude 9 secoue la côte Pacifique de Tohoku, déclenchant un puissant tsunami, de 30 mètres par endroit, qui lui-même entraîne cette catastrophe nucléaire placée au niveau 7, le plus élevé sur l’échelle internationale avec celui de Tchernobyl.

Depuis la capitulation en 1945, l’impérialiste pays du Soleil levant bascule en victime traumatisée, avec la mort de quelque 200 000 personnes dans l’explosion des premières armes opérationnelles nées de l’atome, l’une à l’uranium et l’autre au plutonium, puis des effets médicaux à long terme sur les personnes irradiées et jusqu’à leur descendance.

Et malgré cela cette expérience, qui devrait servir de leçon, le Japon n’hésite pas à se doter de 54 réacteurs nucléaires civils sur son archipel qui se situe, de plus, dans une zone sismique et volcanique très active. De nombreux Japonais craignent le pire. Vox populi vox dei, est-ce là une vaine parole ? Lorsque la course à la croissance économique pousse les hommes à mettre en péril leur survie, le désastre frappe. Inévitablement. Fukushima semble être la démonstration concrète des limites dépassées par la société industrielle.

Face au silence complice des politiques et des responsables de Tepco, une femme âgée de cinquante-trois ans, originaire de Futaba-cho, à 1 kilomètre de la centrale de Fukushima-Daiichi, soupire : « On sait trop des conséquences de cet accident nucléaire mais on sait que le retour à la vie normale ne se fera pas de mon vivant. Comment alors envisager l’avenir ? » Elle tient un bouquet de fleurs à la main et veut croire pourtant que la vie continue. Seulement autrement. Le malaise de Fukushima persiste comme une flèche fichée dans son cœur.

Si les épreuves les plus rudes de l’histoire pouvaient faire entendre la voix de sagesse, le Japon meurtri par Hiroshima et Fukushima devrait porter un message fort au monde.

Notre planète garrottée par le péril nucléaire, pourra-t-elle évoluer en faveur de la paix fondée et des valeurs humaines?