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15H59 - mercredi 2 mars 2016

L’électorat caché se démasque en faveur de Trump : stupeur dans le Massachusetts

mercredi 2 mars 2016 - 15H59

De tous les résultats surprenants de ce Super Tuesday dramatique, c’est la victoire de Donald Trump dans la primaire républicaine du Massachusetts qui a le plus bouleversé la classe politique. Cet État réputé libéral même chez les Républicains, dont Mitt Romney (candidat malheureux contre Obama en 2012) fut le gouverneur modéré, n’est donc plus ce que l’on croyait. Le phénomène pourrait se répéter partout dans le pays. 

Donad Trump - Crédit photo : Michael Vadon - Wikimedia Commons

Donald Trump – Crédit photo : Michael Vadon – Wikimedia Commons

 

Un électorat incompris s’est exprimé pour mettre un démagogue et nabab immobilier en première place des primaires. Lorsque l’on pense qu’un éditorial du 22 février dans le prestigieux Boston Globe titrait: « Les électeurs du Massachusetts doivent stopper Trump », on comprend mieux le titre de l’éditorial d’aujourd’hui, lendemain qui déchante : « Le parti républicain doit faire face au cauchemar Trump ».

 

Faisons de ces avis les nôtres et poursuivons : la priorité étant de stopper Trump, côté peuple on ne peut que constater l’échec. Côté parti, les paris sont ouverts ! Mais je ne parierais pas sur le pouvoir de nuisance du parti lui-même. Le système des primaires républicaines a été conçu justement, dans le laboratoire du parti, dans l’optique de faire surgir très rapidement un champion. Comment le parti peut-il défaire, au milieu du gué, ce que le parti a fait ? Impossible.

 

Qui a voté pour Trump ? Les gens sans grande éducation, comme le dit le candidat lui-même (qui est né millionnaire et a fait toutes les grandes écoles), et les travailleurs ordinaires menacés dans leurs certitudes et ayant déjà opté pour la fuite vers la droite incarnée par le Tea Party, qui ressemble plus à une tendance que réellement à un parti. On en saura un jour davantage sur le comment de la montée de ce candidat de l’inconduite arrogante. 

 

Dans l’immédiat, gageons donc qu’une frénésie se manifestera à droite afin de former un troisième parti pour casser Trump, et que quelques Républicains franchiront le Rubicon. C’est alors que la droitisation latente du parti républicain d’origine s’accélèrera en un grand mouvement populiste, le Tea Party ayant enfin trouvé son champion de l’anti-intellect, de l’impolitesse, du sans-gêne. Il s’agit du triomphe de quelque chose d’intensément anti-démocratique. Berlusconi en serait le meilleur parallèle. La question du siècle sera-t-elle donc : Comment stopper les nababs voyous ?