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11H14 - vendredi 29 janvier 2016

Rachid Arhab, des montagnes de Kabylie au sommet de l’audiovisuel français

vendredi 29 janvier 2016 - 11H14

Le 2 février, au cours du gala annuel de l’association FARR, Franco-algériens républicains rassemblés, six trophées seront remis à des personnalités, issues de cette communauté, dont le parcours méritant appelle les éloges.

Parmi ces personnalités dont FARR a choisi cette année de saluer le parcours, se trouve Rachid Arhab, bien connu du public. Ce journaliste, ancien membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel, n’en est plus à sa première distinction. Lauréat des 7 d’or en 2000, pour sa présentation du journal télévisé, il a été en 2006 promu au rang de chevalier de la légion d’honneur. Cette consécration, s’il sait l’apprécier, n’est pas ce qui le « fait marcher ».

 

Rachid Arhab - Crédit photo : Ph. Brizard.

Rachid Arhab – Crédit photo : Ph. Brizard.

 

Rachid Arhab est un homme de vérité. Pour arriver à l’équilibre, il faut d’abord être fidèle, à soi-même et à ceux qu’on aime. Cela n’est pas si simple quand on est « fils de deux pays qui ont été en guerre ». Il a relevé le défi, tâtonné et gagné. Aujourd’hui, il s’affirme 100 % Algérien et 100 % Français, et qu’on n’aille pas lui dire qu’il a tout faux en calcul, s’il faut 200 % pour être tout à fait entier, au diable les mathématiques !

Avec Quatre Nuances de France, qui vient de paraître aux éditions Salvator, Rachid Arhab déroule les fils de sa vérité.

Avec Quatre Nuances de France, qui vient de paraître aux éditions Salvator, Rachid Arhab déroule les fils de sa vérité.

L’Algérie, il la porte en lui. Pas besoin d’y aller pour s’y sentir attaché. Ce lien, qu’il dit « tripal », il l’a noué surtout au fil de ces étés passés, adolescent, en Kabylie. Deux mois par an, tous les ans, jusqu’à l’âge de 18 ans. Et la France ? La France, il l’a choisie. Puisqu’il est seulement Français, de nationalité. Une évidence pour lui qu’il ne prétend pourtant imposer à personne : il a la nationalité du pays où il peut voter.

Ce qui frappe surtout chez lui, c’est son immense gratitude envers la vie, envers sa chance. Chance d’avoir vécu tout petit avec sa mère et sa grand-mère, qui lui ont inculqué l’amour de l’effort, du travail, l’honnêteté, la persévérance. La politesse aussi – oui, contrairement aux idées reçues, algérien « n’est pas synonyme de grossier ou brutal ». Chance d’avoir eu ce père, grand lecteur de journaux, qu’il lisait après lui. Chance d’avoir su écrire, il n’ose même pas parler de don. Et chance d’être héritier de la culture kabyle, avec sa tradition orale, à qui il doit sa parole libre et son verbe léger.

Quant à sa plus grande fierté ? Il réfléchit un instant. Fier ? Décidément pas. Finalement peut-être, si. Il est fier d’avoir dédié son 7 d’or en direct, et devant toute la France, à sa grand-mère, dans ses montagnes de Kabylie. « Les voisins l’ont appelée quand ils m’ont vu à la télé, mais elle est arrivée trop tard. » Qu’importe ! Il lui a raconté après. Et raconter, il sait faire.