Monde / World
14H37 - mardi 27 octobre 2015

Une semaine en Inde (du 19 au 26 octobre)

mardi 27 octobre 2015 - 14H37

ELECTIONS LEGISLATIVES : Rendez-vous politique majeur pour le Premier ministre

1 Le Premier ministre Narendra Modi. Crédit : Global Panorama / Flickr CC[/caption]

L’Etat du Bihar s’est vu être l’objet ces dernières semaines d’une attention particulièrement forte. Etat comptant parmi les plus pauvres mais aussi le plus peuplé de l’Inde, cet état rassemble 104 millions d’habitants.  Accueillant des élections législatives partielles qui se tiendront du 12 octobre au 5 novembre, les résultats du vote constituent un rendez-vous politique notoire pour le Premier ministre Narendra Modi, dix-huit mois après son accès au pouvoir, et à un moment où le manque de réformes d’une part, et le manque de réactions fortes face à des évènements tels que le lynchage d’un homme par des fondamentalistes hindous suscitent de violentes critiques.

Les dernières heures de campagne ont été particulièrement tendues, et le Premier Ministre n’a pas ménagé sa peine, enchaînant meetings et rencontres pendant de nombreuses heures afin d’enfin d’enlever des sondages particulièrement indécis. Modi et les adversaires locaux se sont mutuellement accusés d’être « le démon » – une atmosphère dont la violence s’est d’autant plus exacerbée avec l’importance prise par les violences du Nord.

Nombre d’observateurs accusent aujourd’hui Modi d’exacerber les tensions entre Hindous et Musulmans – et ce n’est pas la première fois. Beaucoup ont dénoncé la platitude des propos tenus par le Premier Ministre après le lynchage. Ses proches auraient même, dans la cadre de la campagne du Bihar, annoncé que leurs adversaires de la gauche promettraient des abattoirs de vache en cas de victoire. Ce qui a rapidement été démontré comme faux, la loi interdisant formellement l’ouverture d’abattoir. Le scrutin apparaît donc plus que jamais polarisé autour de la question religieuse.

Après les difficultés qu’avaient posées les dernières élections législatives de l’état du Jammu-Cachemire, où le BJP (parti du gouvernement) avait été obligé de négocier une place dans le gouvernement local de coalition, les résultats du Bihar sont donc importants. Et suivants ceux de la défaite notoire du BJP à Delhi, en février 2015, face à un parti populiste, ils sont cruciaux. Ce qui est notamment en jeu et le contrôle de la Chambre Haute du Parlement, la Rajya Sabha (Conseil des Etats), d’ici la fin du quinquennat de Modi en 2019. Aujourd’hui, le BJP y est minoritaire avec seulement 48 sièges sur 245. Ces élections, celles du Bengale Occidental et de l’Uttar Pradesh en 2017 sont donc l’occasion de reprendre le contrôle d’une institution indispensable à un gouvernement volontaire.

 

Nouvelle affaire de viol à Delhi : l’appel du Chief Minister pour davantage de volonté et de démocratie dans la répression des crimes

Crédit : Cyberien / Flick CC Crédit : Cyberien / Flick CC[/caption]

Alors  que le viol collectif de deux filles de cinq et deux ans dans la capitale de New Delhi soulève les réseaux sociaux, le Chief Minister  Arvind Kejriwal a adressé au Premier Ministre un clair avertissement, annonçant qu’il ne le « laisserait pas dormir paisiblement » tant que ces sordides affaires perdureraient et qu’une véritable législation, plus sévère et plus forte, ne serait mise en place. La capitale est effectivement particulièrement connue pour ses viols à répétition et qualifiée en ce sens de « jungle ».

Le Chief Minister a pour sa part mis en place un groupe censé réfléchir à de nouvelles mesures, concernant non seulement la sécurité des femmes mais également en la mettant en relation avec la situation d’enfants disparus, dont certains chiffres auraient prouvé la corrélation. L’immense différence entre le nombre de poursuites et celui des condamnations devraient également faire l’objet d’une attention particulière – actuellement, sur les 31 000 crimes commis contre une femme répertoriés, seules 146 personnes sont ensuite condamnées.

Enfin, le Chief Minister a dénoncé le manque patent de démocratie dans le système de police de New Delhi.  « Il n’y a absolument aucun contrôle démocratique sur le système de police de Delhi, ce qui est très dangereux pour un pays qui se veut pourtant démocratique. J’affirme que nous changerons Delhi dans son entier, comme nous l’avons déjà  fait dans les zones sous notre contrôle » a-t-il conclu à la fin d’une prise de parole de 45 minutes.

 

Alliance PSA Peugeot Citroën – Tata Motors : l’énorme potentiel indien et ses technologies attirent le groupe français

3Avec 356 millions d’habitants de moins de 25 ans, l’Inde rassemble aujourd’hui la population la plus jeune du globe, et se prépare donc à une explosion de la demande. Un potentiel que le groupe PSA-Peugeot Citroën a bien compris, et anticipe en essayant de monter un partenariat avec le groupe indien Tata Motors.  L’idée serait de confier à Tata plusieurs modèles de production, une façon pour le groupe français de s’ancrer dans la production locale. Parmi les modèles évoqués figurent Peugeot 208, la 308 et la 2008 – des modèles qui seront probablement adoptés, à l’image de ce qui a été fait en Chine avec Dongfeng et potentiellement en Iran. Un partage de technologies relatif au moteur est également sur la table, et dans les deux sens : le groupe français serait effectivement preneur d’un partage de technologies pour les moteurs haut de gamme présentés par la banche Jaguar Land Rover de Tata.

Un partenariat qui ne souhaite pour l’instant rien révéler ni promettre : le  porte-parole de PSA a refusé de reconnaître l’information. « Nous avons créé en 2014 une organisation par région, la création d’une région Inde-Pacifique montre l’importance du marché indien pour PSA. Mais, à ce jour, il n’y a pas de décision pour un retour rapide en Inde » a-t-il déclaré. Le porte-parole indien de Tata a quant à lui refusé de commenter l’information. Pourtant, un tel accord irait clairement dans l’intérêt du groupe indien, qui a connu en août une chute de 56 % de son bénéfice net trimestriel en raison des faibles résultats de sa branche britannique de luxe, Jaguar Land Rover (JLR), et de la stagnation de ses ventes sur le marché intérieur.

A l’heure où la croissance chinoise connaît son plus bas niveau depuis 2009, l’Inde demeure néanmoins plus que jamais comme un point stratégique capital, facteur de croissance capitale mais où tout reste à construire.

Le groupe français serait partagé par un partage de technologies sur les moteurs haut de gamme.

 

Hardik Patel, le leader pour la reconnaissance des droits de la caste des Patels, a été arrêté

Hardik Patel.  Crédit : The Indian Express - PTI Photo Hardik Patel.
Crédit : The Indian Express – PTI Photo[/caption]

Il est celui qui secoue l’Inde des castes depuis des mois, réclamant au départ des quotas pour une discrimination positive de sa caste, puis présentant son point de vis de plus en plus acerbe contre le gouvernement. Hardik Patel a été arrêté le lundi 19 octobre pour avoir manqué de respect au drapeau indien. Motif précis de l’arrestation…avoir touché de ses pieds le drapeau.

La vidéo invoquée par la police de la ville de Rajkot montrerait clairement que les pieds du leader de plus en plus populaire seraient rentrés en contact avec le drapeau alors qu’il sautait sur le toit d’un camion afin de s’adresser aux médias. La police, essayant de le stopper, l’aurait alors contraint à accélérer son mouvement, l’amenant à commettre ce qui est considéré comme une atteinte à la dignité du drapeau et puni par la loi.

 

L’Inde lancera six satellites singapouriens en décembre 2015

5 Crédit : US Air Force / Flickr CC.[/caption]

L’Inde mettra en orbite six satellites sinpagouriens en décembre, a déclaré un haut responsable du secteur aérospatial indien le lundi 19 octobre. Parmi eux, un sera de grosse taille et commercial, pesant 500 kg et lancé pour Singapore Technologies Electronics Ltd. Les cinq autres seront plus petits, a fait savoir V. S. Hegde, le chef d’Antrix Corporation, la branche commerciale de l’Organisation de recherche spatiale indienne.

L’objectif est notamment que le satellite d’observation soit capable d’émettre des signaux jours et nuits, et ce malgré les nuages caractérisant le ciel de Singapour. Il sera donc mis en orbite héliosynchrone  à 550 kilomètres de la terre – une telle orbite étant une orbite géocentrique dont  on choisit l’altitude et l’inclinaison, de façon à ce que l’angle entre le plan d’orbite et la direction du soleil demeure quasiment constant.

Quant aux cinq autres satellites, la fusée indienne de lancement des satellites polaires les mettra sur une orbite presque équatoriale inclinée à quinze degrés au sud de l’Equateur, toujours selon Antrix Corporation.