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11H59 - mercredi 21 octobre 2015

Une semaine en Inde (du 12 au 19 octobre 2015)

mercredi 21 octobre 2015 - 11H59

 

Le Sri Lanka accusé de violer encore une fois les droits des pêcheurs indiens

Pranab Mukherjee - Crédit : Marcello Casal Jr./Abr / Wikimedia Commons Le voyage du Président Pranab Mukherjee a reçu une attention spéciale par rapport à ses habituels déplacements – Crédit : Marcello Casal Jr./Abr / Wikimedia Commons[/caption]

C’est le premier voyage d’un président indien en Israël. Pranab Muckerjee a été reçu par son homologue Reuvin Rivlin, lors de son voyage de six jours où il s’est également rendu en Jordanie et Palestine. Les voyages présidentiels sont d’habitude peu suivis – mais point cette fois ci, où le déplacement présidentiel fait figure de bande annonce avant la visite du Premier ministre Modi, qui devrait se rendre prochainement à Tel-Aviv.

Les contours de la diplomatie de Modi pour cette région doivent encore être précisés – où alors continuer à laisser à d’autres le soin de qualifier la stratégie indienne. Car la rencontre médiatique entre Modi et son homologue Benyamin Netanyahou lors d’une Assemblée Générale à l’ONU en septembre 2014, son abstention lors d’une résolution condamnant l’action d’Israël, puis finalement l’annonce de sa visite en Israël ont incité nombre d’observateurs à coller rapidement un trait d’union entre les deux pays.

Delhi a pourtant longtemps cultivé ses relations tant avec Israël que la Palestine. Deuxième plus grand importateur d’armes israéliennes, l’Inde est également un des plus grands contributeurs financiers pour l’Autorité palestinienne, et Modi a rencontré Mahmoud Abbas en septembre 2015, en marge d’un autre sommet de l’ONU. Cette semaine a donc été pour le président Mukherjee l’occasion calculée de rappeler que les liens indo-israéliens étaient « indépendants » de ceux entretenus avec la Palestine – une position qui diffère de celle tenue pendant de nombreuses années, où l’approfondissement des relations bilatérales était conditionné à la progression du dialogue israélo-palestinien.

Une telle visite n’a pourtant pas empêché de soulever de nouvelles ambiguïtés concernant la position indienne. Se référant peu avant sa visite à l’affirmation de Gandhi qui présentait la Palestine comme « appartenant aux Arabes », Mukherjee a aussi spécifié que « Jérusalem Est » était la capitale d’une Palestine indépendante. Les médias israéliens ont également pointé du doigt le manque de référence au terrorisme dans son discours à Ramallah.

Delhi semble donc avoir du mal à sortir d’une dangereuse ambivalence qui suscite beaucoup d’interprétations, parfois étonnées, souvent contradictoires.

 

 

Sommet Inde – Afrique à New Delhi : l’Inde organise son plus grand évènement diplomatique depuis 30 ans…Et surpasse les Etats-Unis et la Chine.

 Parlement de New Delhi -  Crédit : Shahnoor Habib Munmun / Wikimedia Commons
Parlement de New Delhi – Crédit : Shahnoor Habib Munmun / Wikimedia Commons[/caption]

Si la diplomatie indienne apprécie depuis longtemps le soutien des nations africaines dans sa candidature pour un siège au Conseil de Sécurité de l’ONU, ces relations devraient résolument aller de l’avant lors du sommet Inde –Afrique qui se tiendra à New Delhi du 26 et 30 octobre. Réunissant le plus grand nombre de dirigeants africains jamais réunis en Inde, ce sommet, de par son nombre de participants (52 pays sur les 54 invités) dépasse de loin ceux tenus par la Chine, les Etats-Unis ou encore le Japon. 2 000 personnes sont donc attendues.

Au programme, le développement des échanges économiques et de la coopération en matière de sécurité et de combat contre le terrorisme, la lutte contre la pauvreté et l’analphabétisme…tout cela en quelques jours, du 26 au 30 octobre.

 

 

L’Inde contre Nestlé, deuxième round : Nestlé est de retour, et victorieux

La part de Nestlé dans le domaine des nouilles était près de 8O% avant leur suspension en juin dernier La part de Nestlé dans le domaine des nouilles était près de 80% avant leur suspension en juin dernier[/caption]

En juin dernier, les autorités sanitaires indiennes, basées à Bombay, avaient obtenu que Nestlé retire des rayons ses nouilles instantanées Maggi, très populaires mais accusées de contenir un niveau de plomb bien supérieur à la moyenne. Le géant suisse avait été obligé de plier, et avait soumis ses produits à des tests.

En septembre, la Haute Cour de Bombay, plus haut niveau de juridiction de la capitale économique indienne, avait ordonné de nouveaux tests. Le résultat est tombé le vendredi 16 octobre, aussitôt relayé par un communiqué de la filiale indienne de Nestlé : « Les 90 échantillons, de six variantes, testés par ces laboratoires affichent un niveau de plomb bien inférieur aux limites autorisées ». Le groupe va donc recommencer la production de ces nouilles, qui devront être une nouvelle et dernière fois contrôlées par les trois tribunaux sanitaires avant d’être réintroduits dans les rayons. A la suite de cette annonce, le titre de Nestlé a grimpé de 8%.

Une remontée qui ne sera pas inutile, le groupe suisse estimant que ce bras de fer avec les autorités sanitaires pourrait lui coûter 3,2 milliards de roupies (43 millions d’euros), alors que sa part de marché dans ce domaine était estimée à 80% depuis les trois décennies de commercialisation.