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23H06 - jeudi 8 octobre 2015

Lalonde, Berhault, Orru, Leconte : leur choix pour un Nobel vert

jeudi 8 octobre 2015 - 23H06

 

Prix nobel de la paix

Prix Nobel de la paix

Et si le Prix Nobel de la paix 2015 venait saluer la préparation de la COP 21, la Conférence mondiale sur le climat des Nations unies qu’accueillera la France du 30 novembre au 11 décembre prochain ? Le Nobel de la paix avait déjà été attribué en 2004 à Wangari Maathai pour son action à la fois pour l’écologie et pour la démocratie. Rendons-lui ici hommage.

Puisque l’heure est à la mobilisation générale, puisque l’humanité joue une partie de son avenir sur une Conférence, puisque la mobilisation des opinions publiques est encore loin d’être à la hauteur des enjeux de la planète, puisque, enfin et surtout, la maîtrise du réchauffement climatique dépendra de nous tous, et non seulement des grands de ce monde, le Nobel de la paix mériterait d’être attribué à un citoyen engagé qui contribue à ce noble combat.

 

Pour Serge Orru, conseiller à l’économie circulaire de Anne Hidalgo, Maire de Paris, et ancien Directeur général du WWF France, le pape mériterait le Prix Nobel de la paix pour l’encyclique sur l’écologie humaine, Laudato si’. Selon Serge Orru, « l’Encyclique sur l’écologie, c’est un événement ! Le pape est celui qui a le mieux mis en lumière la question sociale au cœur des enjeux écologiques. »

Tristan Lecomte, fondateur d’Alter Eco et de « Pur Projet », du fin fond de la Thaïlande, choisit les Sarayaku, un peuple premier en Equateur qui défend la forêt et sa propre survie. « En ce moment ils se font écraser par le gouvernement de l’Equateur qui est totalement stupide car les Sarayaku agissent dans la paix et la concertation face à un pouvoir qui les relègue au rang de citoyens de seconde zone ».

Pour Gilles Berhault, président du Comité 21 et organisateur de ce qui sera l’un des temps forts de la COP21, « Solutions COP21 » au Grand Palais, à Paris, du 4 au 10 décembre 2015, il faudrait symboliquement remettre ce prix « collectivement à tous les jeunes qui sont nés depuis l’année 2000. Nous venons de dépasser le cap des 2 milliards de jeunes. Trop de leçons concernant l’écologie ont été données ces dernières années mais les solutions pour le climat ne peuvent être que collectives. Ce sont des solutions à vivre ! Aux jeunes de les inventer et de les faire vivre ! »

 

« Anni », le Maathaï 2015

Quant à Brice Lalonde, conseiller du Global compact des Nations unies, ancien leader politique français et véritable ambassadeur auprès des patrons des multinationales de la cause du développement durable, et donc de la COP 21, son choix pour un Nobel vert va résolument à Mohamed Nasheed, ancien président de la République des Maldives.

Selon Brice Lalonde, « nous avons besoin de Mohamed Nasheed à Paris pour la COP21. Il représente, mieux que tout autre, ces petites îles du Pacifique qui rsquent d’être englouties par les effets du réchauffement climatique. »

On se souvient du coup d’éclat de Nasheed qui avait réuni ses ministres équipés de scaphandres à 3 mètres sous le niveau de la mer pour sensibiliser l’opinion internationale au sort de sa nation.

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Mais Mohamed Nasheed mérite aussi ce Nobel de la paix car, s’il a été le premier président de la République maldive élu démocratiquement en 2008, après de longues années de dictature, « Anni », comme le surnomment ses partisans, est actuellement emprisonné pour raisons politiques par son successeur. Contraint à une démission forcée en 2012 après une mutinerie de policiers rebelles auteurs d’un véritable « coup d’Etat déguisé », le conservateur à la rhétorique islamiste facile, Abdullah Yameen, demi-frère de l’ancien dictateur Gayoom, lui a succédé et règne toujours sur la fragile République.

Condamné à 13 ans de prison le 13 mars dernier au terme d’un procès qualifié de « parodie » par tous les observateurs, Mohamed Nasheed est, selon Amnesty International notamment, un prisonnier d’opinion.

La charmante et redoutable avocate Amal Clooney a rendu visite à Nasheed en prison le mois dernier. La pression doit monter.

Le Prix Nobel de la paix décerné à « Anni » mettrait en lumière le sort des réfugiés climatiques tout en permettant de dénoncer une justice arbitraire qui frappe trop souvent des militants de nos libertés. Ainsi récompensé, Anni pourrait espérer une libération rapide sous la pression internationale.

Le vœu de Brice Lalonde serait exaucé et « Anni » pourrait venir recevoir son Nobel à Oslo le 10 décembre, date de la Journée mondiale des droits de l’homme, puis se rendre à Paris pour la conclusion de la COP21.

Verdict demain !

 

Michel Taube et Stéphanie Petit

Avec Gabrielle Trottmann

 

Directeur de la publication
Journaliste