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10H47 - samedi 20 juin 2015

Qui sera le prochain Bâtonnier de Paris ? Entretiens avec les candidats

samedi 20 juin 2015 - 10H47

 

Nathalie Attias, Benoît Chabert, Guy Fitoussi, David Gordon-Krief, Laurent Martinet, Patrice Rembauville-Nicolle et Frédéric Sicard sont candidats à la succession en décembre prochain de Pierre-Olivier Sur comme Bâtonnier de Paris et ont répondu aux questions d’Opinion Internationale. [Un candidat n’a pas répondu.] Elles et ils défendent, avec leurs co-listiers, leur vision du rôle de l’avocat dans notre société et le rôle du Barreau de Paris sur la scène internationale. Entretiens.

 

 

sicardFrédéric Sicard (co-listière, Dominique Attias): « Allons jusqu’à des saisines constitutionnelles pour défendre la profession et soyons humbles et pragmatiques dans la gouvernance du Barreau de Paris »

Vous êtes candidat à l’élection du prochain Bâtonnier de Paris. La profession d’avocat est de plus en plus menacée dans notre société (secret professionnel, concurrence d’autres professions…). Comment allez-vous défendre la profession d’avocat comme Bâtonnier de Paris si vous êtes élu ?

Je suis partisan d’une stratégie forte de défense et de reconnaissance du statut de l’avocat. L’indépendance, le secret et l’autorégulation de la profession d’avocat sont des valeurs internationales qui doivent se voir reconnaître un caractère constitutionnel pour toutes les sociétés qui veulent être des sociétés libres.

Pour y arriver, il faut être exemplaire. Je souhaite que notre Ordre entre dans un cercle vertueux pour être digne de cette reconnaissance.

Je veux m’engager pour une critique de toutes les lois, de toutes les actions des juges sous l’angle de la constitutionnalité. En Europe, l’indépendance et le secret sont considérés comme des garanties démocratiques. Nous avons une tradition juridique commune. A chaque fois qu’une loi, une action s’attaquera au statut de l’avocat, à son exclusivité, nous répondrons par les démarches nécessaires, allant jusqu’à des actions en justice et des saisines constitutionnelles.

De plus en plus d’avocats sont physiquement en danger dans de nombreux pays du monde, par exemple le conseil de Raef Badaoui, des avocats colombiens assassinés… Le Barreau de Paris doit-il jouer un rôle dans la défense des avocats dont les droits sont menacés ?

Bien sûr. C’est essentiel d’agir comme un Barreau frère pour tous les avocats victimes de persécutions. Nous prenons conscience de leur courage, bien plus grand que le nôtre, car ils travaillent dans des conditions difficiles, souvent au risque de leur propre vie ou celle de leur famille. Mais même dans une société comme la nôtre, nous ne pouvons admettre que des avocats soient mis sous écoute, qu’il y ait des perquisitions et autres atteintes au statut de l’avocat. Je ne m’engage pas seulement pour une stricte protection de l’avocat, mais pour assurer la légitime confiance que doit avoir chacun des concitoyens en la profession.

Quel doit-être le rayonnement international du Barreau de Paris ?

Le rayonnement international doit être assuré par des démarches concrètes. Jeproposerai des programmes d’intérêts communs. Il faut agir non seulement sur le court terme, mais également sur le moyen et long terme. Il ne s’agit pas d’organiser des voyages de plaisance, mais de partager des objectifs concrets avec les autres barreaux pour élaborer des actions de formation commune notamment en vue de la reconnaissance d’une déontologie harmonisée. Nous devons travailler avec la conscience que la garantie de notre avenir, c’est la garantie d’un statut constitutionnel de l’avocat à valeur internationale. La liberté d’accès au droit ne peut être garantie que par la reconnaissance du statut singulier de la profession.

S’il y a un point sur lequel vous vous distinguez de vos concurrents, quel est-il ?

Précisément, cette ambition d’une action pragmatique et d’une posture plus humble, dans tous les domaines : baisse des dépenses, parité démocratique et financement participatif sont parmi mes propositions. Ce sont des standards cohérents pour être dignes de cette ambition de la reconnaissance de la constitutionnalité de la profession d’avocat.

 

3d73b90David Gordon-Krief (co-listier, Hubert Flichy): « Protéger le secret professionnel, ce n’est pas que défendre les avocats, c’est aussi protéger les citoyens et les entreprises ! »

Vous êtes candidat à l’élection du prochain Bâtonnier de Paris. La profession d’avocat est de plus en plus menacée dans notre société (secret professionnel, concurrence d’autres professions…). Comment allez-vous défendre la profession d’avocat comme Bâtonnier de Paris si vous êtes élu ?

D’une part, la défense de la profession doit passer par la réaction aux attaques, par la fermeté absolue et l’intransigeance. Le Bâtonnier de Paris doit être un rempart et un protecteur aux côtés des confrères. Mais il faut aller plus loin que cela. Le Bâtonnier, avec le Conseil National des Barreaux, doit porter un projet sociétal et législatif dans l’urgence absolue afin d’expliquer que le secret professionnel est celui non pas des avocats mais celui des citoyens et des entreprises. Lorsqu’on on y touche, on touche à la confiance des affaires et à la vie privée de nos concitoyens. Il faut mener un travail pédagogique et sociétal pour expliquer que le droit est un élément moteur de la société, on en a besoin. Il faut aborder la problématique du secret professionnel avec des projets de textes concrets.

De plus en plus d’avocats sont physiquement en danger dans de nombreux pays du monde, par exemple le conseil de Raef Badaoui, des avocats colombiens assassinés… Le barreau de Paris doit-il jouer un rôle dans la défense des avocats dont les droits sont menacés ?

Le Barreau de Paris et le Bâtonnier de Paris sont la vigie des droits de l’Homme dans le monde. L’avocat, c’est le représentant de la démocratie et le gardien des libertés fondamentales. Quand on touche à un avocat, on touche à la démocratie. Le Barreau de Paris est le premier avocat dans ce domaine au niveau international, donc il droit être aux côtés de tous les confrères. Dès lors qu’on touche à un avocat dans le monde, on touche aux avocats français et à la justice.

Quel doit-être le rayonnement international du barreau de Paris ?

Notre rôle doit être double : à la fois pour la protection des droits de l’homme et pour la promotion du droit continental et du droit civil. Il y a un peu partout dans le monde un besoin de droit : or le droit continental est un élément de stabilité juridique. Sans sécurisation juridique de l’environnement économique, il n’y a pas de développement démocratique. Le droit continental et civil est une des valeurs fortes du Barreau de Paris qui doit porter ce rayonnement partout. A l’heure actuelle, il y a une stratégie d’influence de la France par le droit, portée par M. Fabius. Nous devons accompagner ce mouvement.

S’il y a un point sur lequel vous vous distinguez de vos concurrents, quel est-il ?

L’expérience et l’histoire, c’est à dire mon parcours et ma profonde connaissance du droit et des avocats, et mon pragmatisme. Je porte la notion d’entreprise libérale et d’influence de la France par le droit.

 

 

Laurent-MartinetLaurent Martinet (co-listière, Marie-Alix Canu-Bernard): « Pour représenter les intérêts de la profession d’avocat, il faut parler d’une même voix »

Vous êtes candidat à l’élection du prochain Bâtonnier de Paris. La profession d’avocat est de plus en plus menacée dans notre société (secret professionnel, concurrence d’autres professions…). Comment allez-vous défendre la profession d’avocat comme Bâtonnier de Paris si vous êtes élu ?

Pour porter les intérêts de la profession d’avocat, il faut parler d’une même voix, donc une union de toutes les instances qui la représentent (le Conseil national des Barreaux, la Conférence des Bâtonniers et le Barreau de Paris). C’est le premier postulat pour s’exprimer ensemble. Il faut également amplifier plus encore la commission des affaires publiques de notre Barreau. Elle doit être un interlocuteur en amont.

Enfin, je m’engage pour une défense « pied à pied » de notre périmètre d’exercice avec des amendements communs rédigés par l’ensemble de la profession. Il faut une présence forte auprès des pouvoirs publics.

De plus en plus d’avocats sont physiquement en danger dans de nombreux pays du monde, par exemple le conseil de Raef Badaoui, des avocats colombiens assassinés… Le barreau de Paris doit-il jouer un rôle dans la défense des avocats dont les droits sont menacés ?

Cela est indispensable. Le Barreau de Paris a un rôle fondamental en ce qui concerne la défense des droits humains de ses confrères. Il faut que le Barreau de Paris envoie des confrères qui portent la parole du Barreau, comme cela a été fait en Turquie récemment.

Quel doit être le rayonnement international du Barreau de Paris ?

D’une part, le Barreau de Paris doit être engagé dans la défense des droits de l’homme et des libertés publiques à l’international. Il faut une présence à l’étranger lors des grands procès, ce que le Barreau de Paris a toujours fait.

Notre Ordre doit également représenter le droit continental à l’étranger face au système juridique anglo-saxon. Le Barreau de Paris doit être un ambassadeur de notre système juridique. Cela se fait notamment au travers de Campus, c’est à dire des cabinets français qui s’exportent à l’étranger. Notre droit est également un facteur de stabilité politique et de rayonnement économique. Dans ce contexte, il est fondamental de sensibiliser les plus jeunes à cette dimension internationale. Cela se traduit aujourd’hui par plus de 500 stages à l’étranger proposés aux élèves avocats de l’EFB et par plus de 30 accords signés en 2014 sur une base de réciprocité avec des Grandes Ecoles et universités étrangères.

S’il y a un point sur lequel vous vous distinguez de vos concurrents, quel est-il ?

Ce serait la réforme de la gouvernance de notre Ordre, un Ordre qui nous ressemble plus. Nous avons mis en place la limitation du nombre de mandats pour les anciens Bâtonniers et nous proposons aujourd’hui 4 places paritaires au Conseil de l’Ordre pour les avocats de moins de 35 ans ou de moins de sept ans d’exercice professionnel, ainsi que la création d’une commission « jeunes » au sein de notre Conseil.

Il faut que plus de jeunes siègent au Conseil de l’Ordre pour un Conseil qui nous représente plus. Les 2.000 élèves avocats actuels ont besoin de perspectives. La parité doit se faire également au niveau de la représentation des femmes. Il y a 60% de femmes dans la profession, il faut qu’elles soient représentées au travers d’élections paritaires.

 

attiasNathalie Attias (co-listier, Nicolas Leregle) : « Il n’est pas normal que les experts comptables fassent du droit accessoire au chiffre. Ou alors les avocats devront s’organiser pour faire du chiffre eux-mêmes. »

Vous êtes candidate à l’élection du prochain Bâtonnier de Paris. La profession d’avocat est de plus en plus menacée dans notre société (secret professionnel, concurrence d’autres professions…). Comment allez-vous défendre la profession d’avocat comme Bâtonnier de Paris si vous êtes élu ?

Nous voulons changer les poncifs qui sont énoncés depuis de très nombreuses années. Je suis les campagnes au Bâtonnât de Paris depuis 20 ans et ce sont toujours les mêmes discours et les mêmes personnes. On nous parle des grands principes des libertés qui sont importants mais inhérents à la fonction de Bâtonnier. Mais il ne faut pas oublier que le Bâtonnier a surtout une fonction de défense de la profession qui est menacée. Aujourd’hui, très peu d’avocats votent à l’élection du Bâtonnier (11.000 su 27.000 avocats) car ils considèrent que l’Ordre des avocats ne les représente plus. Il faut donc changer les choses pour un discours pragmatique, concret et proches des préoccupations quotidiennes des confrères.

Au premier chef, nous devons combattre les menaces qui pèsent sur la concurrence déloyale que nous font notamment les experts comptables. Je parle de l’article 20bis qui devrait passer dans le cadre de la loi Macron en 49-3. Les négociations menées par l’Ordre des avocats n’ont pas porté leurs fruits, notamment car il y a eu une désunion du discours entre l’Ordre des avocats et le Conseil National des Barreaux (CNB). L’Ordre n’a pas appelé à manifester contre la loi Macron avec les avocats de province, ce qui a été très mal perçu par les avocats de Paris. Cela montre qu’il y a un réel fossé entre les avocats et la voix portée par le Bâtonnier de Paris.

Par ailleurs, le CNB a discuté de son côté avec les experts comptables sur des dispositions que nous estimons contraires aux intérêts des avocats de Paris et d’ailleurs. Il n’est pas normal que les experts comptables fassent du droit comme accessoire au chiffre. Ils n’ont pas de formation juridique et les clients ne les attaquent pas en cas de problème car ils y sont attachés. A l’inverse, lorsqu’un avocat commet une erreur, nos clients engagent notre responsabilité professionnelle. Je vois régulièrement des dossiers où la procédure de licenciement a été prise en charge par un expert comptable. C’est un pan d’activité qui peut représenter une perte de chiffre d’affaire pour beaucoup d’avocats. C’est pourquoi je ne considère pas qu’accepter un statu quo où les experts comptables continuent à faire du droit soit une victoire. On accepte qu’ils attaquent notre monopole qui est l’exercice du droit. En réponse à cela, nous proposons d’attaquer le monopole des experts comptables. Nous créerons une structure de gestion comptable qui fera la comptabilité des clients des avocats. En contrepartie, elle s’engagera à ne pas faire de droit. Et nous labelliserons des cabinets d’expertise comptable qui s’engageront à ne pas faire de droit. Ainsi, on sera sur du gagnant-gagnant. Nous sommes les seuls à proposer une solution alternative au constat de la concurrence déloyale dont nous sommes l’objet alors que nous ne pouvons rester sans rien faire.

De plus en plus d’avocats sont physiquement en danger dans de nombreux pays du monde, par exemple le conseil de Raef Badaoui, des avocats colombiens assassinés… Le Barreau de Paris doit-il jouer un rôle dans la défense des avocats dont les droits sont menacés ?

Evidemment. C’est d’ailleurs déjà le cas et on ne doit pas ignorer le travail qu’ont fourni les précédents Bâtonniers. Mais nous considérons aussi que le fonctionnement de l’Ordre ne repose pas sur les seules épaules du Bâtonnier. L’Ordre des avocats a toujours été en tête dans le combat pour les libertés et la défense des confrères menacés dans le monde. On continuera cette tradition brillement assurée par nos prédécesseurs.

Quel doit être le rayonnement international du Barreau de Paris ?

Paris est une place qui rayonne dans le monde entier car c’est la capitale de la France, et la plupart des grands cabinets internationaux y sont présente, c’est notre fierté.. Mais Paris ne peut être une place de droit international qu’à la condition que la France ait un droit compétitif qui attire les investisseurs. Par exemple, les entreprises sont atterrées pas la lourdeur des dispositions en droit du travail. Cela devient très difficile d’employer du personnel. Paris ne peut donc être un droit renommé que si les politiques font de notre droit un droit compétitif. Le Bâtonnier de Paris doit se faire le porte-voix, en cohésion avec le CNB, de la voix des confrères.

S’il y a un point sur lequel vous vous distinguez de vos concurrents, quel est-il ?

Le pragmatisme, l’efficacité et les préoccupations concrètes des avocats. Nous sommes les seuls à ne pas être issus du parcours institutionnel classique qui a conduit l’Ordre des avocats et la profession d’avocat dans l’état où ils se trouvent aujourd’hui. Cela ne peut changer que par une rupture avec ce qui se fait, mais toujours dans le respect des institutions. La profession et l’Ordre des avocats sont consubstantiels et interdépendants.

 

AAEAAQAAAAAAAAJdAAAAJGNlNmFhYTMyLTBiZmEtNGE2Mi1hMTRiLWQ2ZTA2M2IxMzI5MwBenoît Chabert (co-listier, Philip Cohen) : « Réunir le Barreau de Paris est une nécessité pour le promouvoir et lui redonner sa force novatrice »

Vous êtes candidat à l’élection du prochain Bâtonnier de Paris. La profession d’avocat est de plus en plus menacée dans notre société (secret professionnel, concurrence d’autres professions…). Comment allez-vous défendre la profession d’avocat comme Bâtonnier de Paris si vous êtes élu ?

Je souhaite tout mettre en place pour réunir le Barreau de Paris, il faut que nous soyons réellement unis. L’avocat est un partenaire indispensable de la société. Il conseille et il défend, mais n’est pas un prestataire de service comme les autres dans la mesure où il obéit à des règles déontologiques qui protègent le client. C’est dans l’union que nous trouverons les moyens de protéger cette profession.

Quel doit être le rayonnement international du Barreau de Paris ?

Par son unité, le Barreau de Paris doit rassurer les clients étrangers et leur permettre de considérer la place parisienne comme la plus efficace tant pour régler les conflits par des arbitrages que pour être conseillés sur le fondement de règles juridiques précises et efficaces.

S’il y a un point sur lequel vous vous distinguez de vos concurrents, quel est-il ?

La volonté de réunir le Barreau. Ce n’est pas un slogan, ni une phrase de communiquant. C’est une nécessité pour promouvoir le Barreau de Paris et lui redonner sa force novatrice.

 

Screen Shot 2015-06-19 at 9.49.34 PMIsabelle Dor : « La priorité est la discipline financière »

Vous êtes candidate à l’élection du prochain Bâtonnier de Paris. La profession d’avocat est de plus en plus menacée dans notre société (secret professionnel, concurrence d’autres professions…). Comment allez-vous défendre la profession d’avocat comme Bâtonnier de Paris si vous êtes élue ?

La priorité est la discipline financière. Une incongruité du Barreau de Paris est que les comptes sont  communiqués à minima. Les avocats n’ont pas accès aux rapports des commissaires aux comptes et annexes. En ma qualité de candidat, j’ai sollicité ces documents, en vain jusqu’à maintenant. Il va sans dire que sous mon Bâtonnat les comptes seront accessibles et lisibles. Dès lors, nous pourrons relever la tête et agir en bonne gouvernance, d’autant mieux placés dans le contexte de l’interprofessionalité.

Quel doit-être le rayonnement international du Barreau de Paris ?

Ce qu’il ne faut pas faire : la mise sur pied d’un dit « barreau OHADA » sans concertation avec les préalable avec les Bâtonniers locaux (voir « Jeune Afrique, juin 2015).

Sous mon bâtonnat, les actions lancées, beaucoup trop nombreuses (Cambodge, Brésil, Jérusalem, Shanghai, Alger etc, le tout sur quelques mois), seront resserrées et sérieusement préparées et suivies;

S’il y a un point sur lequel vous vous distinguez de vos concurrents, quel est-il ?

Je me déplace à Paris en vélo, depuis mes 20 ans. 

 

25325_vignette_guy-fitoussi-vignetteGuy Fitoussi : « Où est la liberté d’expression prônée par les avocats ? »

Vous êtes candidat à l’élection du prochain Bâtonnier de Paris. La profession d’avocat est de plus en plus menacée dans notre société (secret professionnel, concurrence d’autres professions…). Comment allez-vous défendre la profession d’avocat comme Bâtonnier de Paris si vous êtes élu ?

A l’heure actuelle, le paiement de l’assurance professionnelle du Barreau est mutualisé. Je ne trouve pas cela normal, alors qu’il y a des petites structures qui croulent sous les charges et qui doivent payer la même somme que les grands cabinets d’affaires. C’est notamment cet aspect de la profession d’avocat que je voudrais changer. Lors d’une conférence-débat, on m’a coupé le micro alors que je voulais m’exprimer à ce sujet. Où est la liberté d’expression prônée par les avocats ?

Quel doit être le rayonnement international du Barreau de Paris ?

Le Barreau de Paris joue un rôle majeur, car pour tous les autres Barreaux, la France est le pays des droits humains. Si nous ne représentons par ces libertés fondamentales, qui le fera ? C’est donc dans cet axe que doit s’inscrire le rayonnement international du Barreau de Paris. Mais pour cela, il faut appliquer les libertés, telle que la liberté d’expression, dans notre pays. Ne pas le faire aboutirait à une perte de notre rayonnement international, c’est grave.

 

 

P-RNPatrice Rembauville-Nicolle : «Le Bâtonnier de Paris doit jouer son rôle utilement au sein du Conseil National des Barreaux »

Vous êtes candidat à l’élection du prochain Bâtonnier de Paris. La profession d’avocat est de plus en plus menacée dans notre société (secret professionnel, concurrence d’autres professions…). Comment allez-vous défendre la profession d’avocat comme Bâtonnier de Paris si vous êtes élu ?

La question est de savoir si elle est menacée : ce n’est pas sûr. En tout cas, je la défendrai avec vigueur et cohérence. Il est essentiel de redéfinir la mission et les métiers des avocats et de réorganiser les instances dirigeantes en faisant en sorte que le Bâtonnier de Paris cesse de prendre des positions arrogantes et solitaires. Il doit jouer son rôle utilement au sein du Conseil National des Barreaux, qui est le seul représentant de la profession d’avocat auprès des pouvoirs publics.

Quel doit être le rayonnement international du Barreau de Paris ?

Le Barreau de Paris ne doit pas prétendre représenter tous les avocats français à l’international. Il est naturel qu’il développe des relations privilégiées avec certains Barreaux étrangers mais tout le reste est prétention et gaspillage d’argent.

S’il y a un point sur lequel vous vous distinguez de vos concurrents, quel est-il ?

Je sui l’un des deux seuls candidats au Bâtonnat de Paris à dire les vérités sur le Bâtonnier, le Vice-bâtonnier et l’Ordre des avocats de Paris, c’est pourquoi on m’appelle le « provocateur » (in Le Point).

 

 

 Propos recueillis par