International
10H57 - mercredi 10 juin 2015

La France souhaite resserrer ses liens avec l’Amérique latine

 

 

Alors que la Semaine de l’Amérique latine  vient de se terminer le 7 juin, une conférence sur la place  de la France en Amérique Latine, s’est tenue jeudi 4 juin au sein de la Maison de l’Amérique latine, à Paris. L’événement, organisé par M. Miguel Loinaz, président de l’Union Internationale des Avocats, a compté parmi ses intervenants M. Luis Alberto Lacalle Herrera, ancien président de la République d’Uruguay, M. José Gomez, Sous-Directeur des Amériques et des Caraïbes du Ministère français des affaires étrangères et du développement international, ainsi que Carlos Quenan, vice-président de l’Institut des Amériques.

 

Un mois après la visite de François Hollande dans les Caraïbes, la question de la place et du rôle de la France en Amérique latine est au centre des débats, alors que la Semaine de l’Amérique latine s’est achevée le 7 juin. 

C’est ce qu’a tenu à rappeler José Gomez, Sous-Directeur des Amériques et des Caraïbes pour le Quai d’Orsay, lors de l’introduction de la conférence. « La France n’en a jamais autant fait que depuis trois ans en plaçant l’Amérique latine comme priorité dans sa politique étrangère, avec notamment un flux soutenu de visites diplomatiques françaises dans cet ensemble géographique durant ces dernières années » a-t-il déclaré. 

Miguel Loinaz, d’origine uruguayenne mais très admirateur de la France puisqu’ayant étudié notamment à Sciences-Po Paris, a souligné le lien de son pays avec la France puisque « l’Uruguay est observateur à l’Organisation Internationale de la Francophonie ». Et ce dernier est « très francophile » car la « culture française s’y trouve à un niveau élevé », selon Luis Alberto Lacalle Herrera, ancien président de la République d’Uruguay de 1990 à 1995 et ayant reçu en 1994 la visite de Jacques Delors, alors président de l’Association Internationale des Maires Francophones (AIMF). 

José Gomez a ensuite fait part de la volonté du Quai d’Orsay à l’égard de  l’Amérique latine de « parler à tout le monde, au delà des clivages idéologiques ». « Les latino-américains forment une famille et nous voulons parler à toute l’Amérique latine », a-t-il insisté. 

Et l’intérêt semble mutuel puisque, selon son constat, « les pays latino-américains s’intéressent de plus en plus à la France et à la francophonie qui constituent pour eux comme un forum pour pouvoir s’adresser à l’Afrique »

Crédits : Maria Gerth-Niculescu 

 

Développer les échanges et favoriser l’émergence internationale de l’Amérique latine 

Pour lui, la ligne directrice de la politique étrangère française en Amérique latine est claire: développer les échanges économiques, culturels, scientifiques, universitaires et politiques entre la France et les pays d’Amérique latine et des Caraïbes et favoriser leur émergence sur la scène internationale.

Et sur cette dernière, la région latino-caribéenne peut faire figure de modèle puisqu’elle représente un espace de paix, même si des problèmes de violence et de délinquance internes à certains pays peuvent faire ombre au tableau. 

Cependant, la représentativité internationale de ce grand ensemble géographique, comptant actuellement une trentaine de pays et plus de 500 millions d’habitants, reste assez mineure. 

Au G20, l’Amérique latine ne compte que trois membres: le Brésil, le Mexique et l’Argentine, c’est-à-dire les trois pays les plus riches économiquement. A l’OCDE, seuls deux pays latino-américains figurent dans la liste des 34 pays qu’elle comporte: le Mexique et le Chili. La Colombie et le Costa Rica sont, pour l’instant, candidats.

Au Conseil de Sécurité de l’ONU, aucun pays d’Amérique latine et Caraïbes n’est membre permanent, bien que le Brésil souhaite le devenir. « La France soutient le Brésil dans sa volonté de devenir membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU » a précisé José Gomez, alors que le Chili terminera en fin d’année son mandat en tant que membre non permanent, et que le Venezuela a été élu en octobre dernier  comme un des 5 autres membres non permanents pour un mandat de deux ans, effectif depuis le 1er janvier 2015 et en vigueur jusqu’à fin 2016. Fin 2015, un nouveau pays latino-américain sera élu comme membre non permanent, pour un mandat allant du 1er janvier 2016 à fin 2017. 

 

L’Amérique latine, un enjeu économique pour la France 

Si elle n’est sans doute pas assez bien représentée au niveau politique international, l’Amérique latine demeure un enjeu économique stratégique pour la France, et, in extenso, pour l’Europe, puisque ces deux dernières y réalisent beaucoup d’investissements directs (IDE: investissements directs à l’étranger). 

« L’Europe est le principal investisseur en Amérique latine, avec 40% d’investissements extérieurs totaux et devance ainsi les Etats-Unis » remarque Carlos Quenan, vice-président de l’Institut des Amériques. Quant à la place de la France, elle n’est pas à négliger puisque « toutes les grandes entreprises françaises sont présentes en Amérique latine, notamment dans les domaines des infrastructures et de la défense » ajoute-t-il. Mais parallèlement, les petites et moyennes entreprises  (PME) qu’elles soient françaises ou européennes, ne semblent pas encore s’être approprié le marché latino-américain puisque, si elles se font remarquer, c’est bien par « leur faible présence dans la zone ». 

Malgré cette quasi-absence de PME, la France entend « renforcer ses liens économiques avec l’Amérique latine, qui vont sans doute se développer dans le futur,  notamment avec UBIFRANCE », souligne Carlos Quenan.

La relation de coopération économique de la France avec l’Amérique latine est au beau fixe du côté de l’Agence Française de développement puisque sa « présence est croissante » dans le secteur latino-américain et caribéen. « L’AFD existe en Haïti et République Dominicaine et depuis 2007/2008, elle s’est implantée au Brésil, au Mexique mais aussi au Pérou et en Colombie ». 

« La présence économique française en Amérique latine devrait aller de pair avec l’existence croissante de cette dernière en France sur le plan économique », a-t-il ajouté, alors que débute aujourd’hui, mercredi 10 juin, à Bruxelles, le sommet UE/CELAC (Communauté des Etats latino-américains et caribéens), et qui comptera parmi ses enjeux « d’arriver à un accord de libre-échange entre le Mercosur et l’Union européenne », en négociation depuis 2000 et qui n’a pu se concrétiser jusque-là. 

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