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20H50 - mardi 24 juin 2014

AUDIO : Isabel Allende, présidente du Sénat chilien, revient sur les 100 jours de Michelle Bachelet

mardi 24 juin 2014 - 20H50

Isabel Allende, fille de Salvador Allende et présidente du Sénat chilien depuis le mois de mars dernier, a été invitée par Jean-Pierre Bel, son homologue français, à passer quelques jours en France. A l’occasion de cette visite, elle répond succinctement à Opinion Internationale sur le bilan des 100 premiers jours de la présidente chilienne, Michelle Bachelet. La nouvelle locataire de La Moneda (siège de la présidence) avait annoncé, lors de sa campagne fin 2013, une série de 56 mesures qu’elle réaliserait lors de ces trois premiers mois.  

 

Isabel Allende et Jean-Pierre Bel au Sénat, 24 juin 2014

Isabel Allende et Jean-Pierre Bel au Sénat, 24 juin 2014

Traduction de l’interview sonore d’Isabel Allende :

« D’abord, notons que, fait rare au XXIème siècle, Madame Bachelet est la première femme présidente du Chili mais elle est aussi la seule à effectuer un second mandat. 

Ces cent jours de gouvernement ont été intenses et ont permis d’envoyer au Parlement plusieurs projets de loi sources de réformes extrêmement profondes.

Les changements structurels que Michelle Bachelet a engagés visent aussi bien à changer l’image de notre société que la signification même de cette société : nous essayons de promouvoir la justice sociale, de combattre les énormes inégalités et de réussir à promouvoir un pays plus inclusif.

Ces réformes incluent celle de l’éducation qui doit être gratuite et de qualité et qui, aujourd’hui, n’existe pas au Chili, sauf dans les écoles municipales.

Ces réformes incluent également celle de la fiscalité qui doit permettre de générer des recettes, 3% du PIB, c’est-à-dire 8 milliards de dollars, pour financer, notamment, la gratuité de l’éducation.

Nous travaillons enfin à élaborer une nouvelle Constitution. Nous faisons des propositions en ce sens pour l’année prochaine, pour changer une Constitution qui prend sa source dans la période de la dictature. Nous voulons une nouvelle Constitution dont la source et la légitimité soient pleinement démocratiques, une Constitution porteuse d’une conception différente de la société dans laquelle l’Etat joue un rôle actif et pas seulement subsidiaire, comme l’affirme la Constitution actuelle.

En outre, une série de mesures visent à améliorer la qualité des services. Il s’agit avant tout de la santé qui est considérablement déficitaire. Nous voulons apporter des solutions aux personnes âgées qui doivent prendre leur retraite et toucher des pensions, car, en réalité, notre système ne leur permet pas d’avoir une retraite suffisante. Beaucoup d’autres thèmes sont ciblés par ces mesures. Nous avons, par exemple, un code du travail hérité de la dictature qui doit être réformé.

Ce sont donc des changements profonds que notre présidente a proposés durant ces trois mois. Dans le bilan qui a été établi, le gouvernement estime qu’il a réalisé plus de 90% des promesses faites pendant la campagne. Cela comprend aussi bien les annonces que le dépôt de textes de loi devant le Congrès. Et comme je l’ai dit, je crois que jamais nous n’avons connu une période législative aussi intense.

Nous comptons continuer dans ce sens. Ainsi, mon jugement, le jugement du gouvernement et, je crois aussi, celui des citoyens en général, est que Michelle Bachelet veut accomplir ses promesses de campagne, fait que nous considérons comme important et que nous avons évoqué avec le président du Sénat français. En campagne, les politiques font tous des promesses, mais il est essentiel que ces promesses soient tenues, c’est ce qui donne confiance aux citoyens. 

Propos recueillis par Michel Taube
Traduction de l’espagnol par Stéphane Mader

Directeur de la publication