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07H40 - mercredi 15 janvier 2014

La surpopulation carcérale en Italie, un drame humain

mercredi 15 janvier 2014 - 07H40

Un nouveau détenu s’est suicidé dans les prisons italiennes, ce qui porte déjà à deux le nombre de morts dans les prisons italiennes depuis le début de l’année 2014 ! Il y a urgence à réformer le système pénitentiaire italien car l’Italie a été condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme en janvier 2013 et a encore quatre mois pour se mettre en conformité sous peine de verser des indemnités colossales à tous les détenus.

 

Une prison italienne

Une prison italienne

 

L’épiphanie à Rome a été marquée par un second suicide depuis le début de l’année 2014 : Francesco Di Francesco, 53 ans s’est pendu dans le centre de détention de Rebibbia avec sa chemise qu’il avait accrochée à la porte des toilettes. Il était en attente d’un jugement depuis juillet, accusé du meurtre de sa mère chez qui il était retourné vivre. Un premier transfert avait été effectué à Rebibbia, la prison qui détient la palme des suicides : 11 détenus sont morts en 2013. Son placement en détention avait été jugé nécessaire pour soumettre l’homme à une période d’observation psychiatrique après qu’il eut tenté une première fois de se suicider. Son internement définitif dans le département pour « handicapés mentaux » était prévu pour les jours suivants.

Surpopulation carcérale

Le cas de Francesco Di Francesco suit de deux jours le suicide, également par pendaison, de Francesco Scarsella, 42 ans, détenu à la prison de Ivrea (Piémont). L’homme s’est donné la mort avec un sachet de poubelle en plastique. Il était incarcéré pour extorsion de fonds et vols en série et devait être relâché l’année prochaine.

On a recensé cent quarante-huit morts dans les prisons italiennes en 2013, dont quarante-neuf suicides. Parmi eux, vingt-trois étaient des étrangers. La ministre de La Justice, Mme Cancellieri, a reconnu que la situation de surpeuplement « n’est pas digne d’un pays civilisé ». En effet, on compte aujourd’hui 175 détenus pour 100 places disponibles, soit 62.536 détenus (dont 34% étrangers) pour 47.000 places disponibles d’après les chiffres du ministère de la Justice.

L’Italie condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme

En janvier 2013, la Cour européenne de droits de l’homme a condamné l’Italie, troisième plus mauvais élève, derrière la Serbie et la Grèce, en terme de surpeuplement, pour avoir violé les droits des prisonniers. La Cour de Strasbourg a jugé que les conditions de détention, notamment de moins de 3 mètres carrés par prisonnier, le manque d’eau, de ventilation et de lumière constituaient une violation des standards minimum. L’Italie doit maintenant résoudre ces problèmes d’ici mai 2014, après quoi le pays risque de devoir payer des indemnités à tous les détenus, pour un montant de l’ordre d’un milliard d’euros !

Jusqu’a présent la proposition d’amnistie du Président Napolitano n’a pas été prise en considération, mais le mois dernier, le gouvernement a approuvé un décret-loi pour instituer un “garant national des droits des détenus” et des mesures qui visent à réinsérer les toxicomanes et à accélérer l’expulsion des étrangers.

 

Journaliste italienne