Monde
08H57 - vendredi 7 septembre 2012
Afrique

Madagascar, affaire « Free-Fm » : l’Afrique du Sud refuse de livrer deux animateurs de radio aux autorités malgaches

 

Malgré un mandat d’arrêt lancé contre deux animateurs de radio malgaches réfugiés dans l’Ambassade de l’Afrique du Sud à Antananarivo, les autorités diplomatiques sud-africaines refusent de livrer les deux réfugiés malgaches. Pour elles, les deux malgaches n’ont exercé que leur droit à la liberté d’expression.

Après trois semaines de silence, l’Ambassade de l’Afrique du Sud a décidé de se manifester quant aux deux journalistes de la Radio Free-Fm Lalatiana Rakotondrazafy et Fidèle Razara Pierre, qui s’y sont réfugiés pour échapper aux forces gouvernementales. Un mandat d’arrêt a été lancé à cette radio parce qu’elle a diffusé dans ses ondes la déclaration des militaires mutins qui annonçaient la prise de pouvoir, en fin juillet dernier. Les deux animateurs se sont présentés à l’Ambassade, quelques jours après qu’ils sont partis se cacher lorsque les agents de sécurité du dirigeant du pays, Andry Rajoelina (Président de la Haute Autorité de la Transition), ont attaqué leur station de radio Free-Fm. Selon le Ministre de la Justice malgache, Christine Razanamahasoa, « le mandat d’arrêt contre les deux animateurs (de la radio Free-Fm) doit être exécuté parce que c’est la décision de la justice ».

Dans un communiqué, l’Ambassade d’Afrique du Sud annonce « qu’il ne pouvait pas les remettre au gouvernement de Rajoelina en estimant qu’ils avaient simplement exercé leur droit à la libre expression et qu’ils n’avait enfreint aucune loi ».

Cette affaire se déroule dans un contexte politique de tensions internes entre forces politiques malgaches et de tension avec la puissance régionale sud-africaine. En effet, ce geste de Pretoria est mal vu par le pouvoir actuel. Le refuge que donne l’Ambassade aux deux journalistes est à rapprocher du fait que l’Afrique du Sud héberge l’ennemi juré de Rajoelina, Marc Ravalomanana. Un quotidien d’information, journal pro-Rajoelina, a déclaré qu’en hébergeant Ravalomanana et les deux journalistes, l’Afrique du Sud « a entravé le travail du système judiciaire Malagasy » et le rôle de médiateur de l’Afrique du Sud.

Pour Pretoria et la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe), le refuge de ces journalistes est une occasion pour mettre en exergue les abus d’Andry Rajoelina envers la loi et les médias et une opportunité diplomatique pour considérer que « le régime actuel à Madagascar ne respecte pas l’Etat de droit ».

Les médiateurs ont encore échoué lors de la rencontre entre les deux poids lourds de la politique malgache, Rajoelina et Ravalomanana à Seychelles le mois dernier. Ladite rencontre avait pour but de les persuader de se retirer de l’élection présidentielle en Mai 2013. L’Afrique du Sud et la SADC jouent actuellement sur cet épisode pour faire pression sur le Président actuel afin de permettre le retour de Ravalomanana dans le pays, comme l’exige la Feuille de route de la SADC.

Nirina Rasoanaivo

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