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07H18 - mercredi 5 septembre 2012

Madagascar : 109 voleurs de bétails ont été tués en trois jours

mercredi 5 septembre 2012 - 07H18

Dimanche 2 septembre, vers 5h du matin, les « dahalo » (voleurs de bétails) ont attaqué les villages qui se trouvent sur la plaine d’Ambolo. Ils étaient armés jusqu’aux dents avec des fusils de chasse et des armes blanches. Mais les villageois ne sont pas restés les bras croisés et ont ripostés. Bilan de l’affrontement : 23 dahalo ont subi la vindicte populaire et 9 villageois ont été grièvement blessées ; 90 têtes de zébus ont été volées par les dahalo ce jour là.
Dans la nuit du vendredi à samedi, lors d’une première attaque, 86 dahalo avaient déjà été tués par les villageois dans dix villages à Fort Dauphin (toujours dans la région Sud de Madagascar). Par ailleurs, Volarotsy Benerezy, une jeune fille âgée seulement de 14 ans, a été capturée vivante par les villageois. Plusieurs villages dans cette partie du Sud de Madagascar sont victimes de ces actes de banditisme comme dans le district d’Amboasary Sud, Betroka, Bezaha. Durant ces trois jours, plus de 400 bétails ont fait l’objet d’attaques dans la région d’Anôsy.

Vindicte populaire et lynchages

Les vols de bétails engendrent la furie des fokonolona (villageois) qui s’organisent pour s’opposer aux dahalo. Face à la flambée de ces actes de banditisme, les habitants des localités éloignées du chef lieu de district et victimes de ces vols de bétails, ne se sentent plus en sécurité. Pour faire face, et devant l’absence de toute autorité publique assurant la sécurité, ils ont uni leurs forces pour défendre leur famille, leur village, leurs troupeaux et leurs biens. A chaque attaque, les villageois se mettent à leurs poursuite, fouillent de villages en villages. Une vraie chasse à l’homme.

Dans le passé, voler des zébus était considéré comme une preuve de virilité des jeunes gens, donc, considéré comme une coutume à part entière dans cette partie de l’île. Mais depuis plusieurs années, cette pratique est devenue un véritable trafic.

Ces violences villageoises s’expliquent enfin par le fait que les dahalo ne font pas que voler du bétail. Ils violent aussi les filles et les femmes en présence de leur famille.

Nirina Rasoanaivo
correspondante de
www.opinion-internationale.com à Madagascar