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09H10 - mardi 29 mai 2012

Angola : viols et violences contre les migrants

mardi 29 mai 2012 - 09H10

Les forces de sécurité angolaises infligent des traitements cruels aux migrants en situation irrégulière lors de leur expulsion d’Angola, informe Human Rights Watch dans un rapport intitulé « Si vous revenez, on vous tue : violences sexuelles et autres à l’encontre de migrants congolais lors de leur expulsion d’Angola. »

« L’Angola a le droit d’expulser les migrants en situation irrégulière, mais ce droit ne justifie pas le fait de les priver de leurs droits élémentaires », a déclaré Leslie Lefkow, directrice adjointe de la division Afrique de l’ONG. « Les tortures, les passages à tabac, ainsi que les viols et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants transgressent à la fois la loi angolaise et le droit international. »

Human Rights Watch appelle les autorités angolaises à protéger les populations migrantes contre les exactions, à mieux contrôler leurs forces de sécurité et à ouvrir des enquêtes et poursuivre les responsables de ces crimes.

La plupart de ces migrants se rendent en Angola pour travailler dans les mines de diamants alluviaux ou sur des marchés informels. Or, depuis 2003, l’Angola procède chaque année à des expulsions de masse. Les estimations de l’ONU ont avancé le chiffre de 100 000 expulsions de migrants en 2011.

Ces populations migrantes sont interpelées au cours d’arrestations arbitraires ou lors d’opérations de porte-à-porte, sans présentation de mandat d’arrêt ni droit aux migrants de faire appel de leur détention.

Les crimes les plus graves ont lieu dans les centres de détention. Les victimes identifient leurs agresseurs parmi les différentes branches de la police, les fonctionnaires de l’immigration et les membres des forces armées. Aucun n’a aujourd’hui été inquiété par une enquête.

L’Angola n’a toujours pas ratifié la Convention contre la torture ni la Convention sur les migrants, nonobstant ses promesses faites lors de sa demande d’adhésion au Conseil des droits de l’homme de l’ONU en 2007 puis en 2010.