Culinaire & Solidaire
09H48 - samedi 17 mars 2012

Récupération, distribution, formation : zoom sur les Paniers de la mer

samedi 17 mars 2012 - 09H48

Après avoir passé plus de 30 ans aux fourneaux de son restaurant étoilé, le chef Gérard Cagna apporte aujourd’hui son « geste culinaire » à la Fédération nationale des Paniers de la mer. 5 associations dans 5 ports de pêche s’impliquent pour réinsérer professionnellement et socialement des personnes en grande difficulté.

 

Par le biais de l’activité économique, 5 associations  « Les Paniers de la Mer » soutiennent, depuis 1997, l’insertion de personnes en situation précaire. « La valorisation des poissons invendus –sortis du circuit commercial en raison des prix barrages fixés par l’Europe ou les organisations de producteurs– sont redirigés à travers différents réseaux de l’aide alimentaire, à l’exemple des Restos du Cœur, la Croix Rouge, ANDES, le Secours populaire… Ces associations départementales «  labellisées » travaillent quantitativement et qualitativement dans le cadre de chantiers d’insertion.

 

Véritable aventure de réinsertion et anti-gaspi

 

Gérard Cagna

Les Paniers de la Mer sont des structures soutenues par plusieurs ministères en direction des politiques publiques et de l’emploi. Elles accompagnent et forment des publics en situation d’exclusion pour un retour dans les métiers du mareyage, ceux de la grande distribution et de l’agro-alimentaire ! » confie Hélène Rochet, directrice à la Fédération des Paniers de la Mer.

 

Gérard Cagna, 66 ans, ancien chef du restaurant Le Relais St-Jeanne-Cormeilles-en-Vexin- apporte comme tant d’autres bénévoles, une participation dynamique et s’associe en particulier au projet : « Prêt à consommer en soupe ».

« Je suis un expert culinaire qui aide à la création de soupes de poisson. J’aime transmettre mon savoir à des hommes et des femmes courageux qui ne demandent qu’à s’en sortir. J’ai très souvent remarqué que dans ces soupes, les poudres aromatiques étaient utilisées abusivement et que les temps de cuisson était trop forts, je leur apprends le geste : respecter le bon équilibre des soupes réalisées avec du poisson fraîchement pêché ! ».

« Le Panier de la Mer 17 », association basée à la Rochelle fonctionne comme une entreprise de mareyage classique, tout comme celles de Loctudy dans le Finistère, Boulogne sur Mer, Lorient et Saint-Malo, des sœurs départementales placées sous l’égide de la loi de 1901, conventionnées par l’Etat et qui adhèrent à la Fédération.

Si l’initiative est originale et nécessaire, les associations luttent aussi contre le gaspillage du poisson !

« Les Paniers de la mer récupèrent les produits invendus et organisent, dans le respect d’un cahier des charges strict en termes sanitaire et qualitatif, la valorisation d’espèces de poissons souvent considérées comme moins nobles et vouées à la destruction ! » explique Philippe Orhant, coordinateur général à la Fédération nationale basée en Bretagne.

« Les partenaires des organisations de producteurs de pêche, les Paniers de la mer contribuent efficacement à la promotion de la consommation de produits marins dans le cadre d’une politique de pêche responsable et durable. Les produits transformés dans les ateliers participent au droit à une alimentation de qualité pour tous. Ils améliorent l’état nutritionnel de ces personnes confrontées à la pauvreté.

La désocialisation générée par la précarisation des publics en situation de fragilité économique, le manque d’accès à l’information, allié au déficit d’éducation sur l’alimentation entraînent une désorganisation de leurs comportements alimentaires. Plus que pour les autres catégories de la population française et en raison d’un faible accès aux soins, les personnes en situation de précarité sociale sont plus sujettes à l’obésité et aux maladies liées aux carences et déséquilibres alimentaires.

De plus, la population la plus en marge cherche seulement à satisfaire son besoin primaire physiologique de faim et n’a donc aucune capacité d’appréciation ni même d’accès à une alimentation équilibrée. Aujourd’hui, bien que le concept Panier de la mer soit innovant en matière d’accès à une source complémentaire de protéines, une partie du public en difficulté est confrontée à la préparation des plats à base de poisson. Chez les personnes ignorant les possibilités d’élaboration de recettes sans même qu’elles soient équilibrées annihile l’effort de valorisation d’une denrée au départ destinée à la destruction. Les Paniers de la mer n’étant que des transformateurs de denrées non préparées, la proposition d’accès à un produit élaboré manque ».

 

 

Hélène Rochet est la directrice chargée du développement des projets (offre nationale d’aide alimentaire et offre d’insertion et de formation pour les secteurs de la grande distribution et de l’agro-alimentaire), l’essaimage (création de SIAE en France métropolitaine et DOM, animation des structures adhérentes (stratégie de développement interne, management par la qualité) partenariats et recherches de financements, gestion administrative et financière.

Remobilisation, formation de 24 personnes en insertion…

 

Forte de son expérience sur le terrain de l’aide alimentaire et de l’agroalimentaire, l’association Les Paniers de la mer 17 œuvre, avec l’appui de la Fédération nationale, pour assurer la promotion d’une plus grande accessibilité à l’offre alimentaire de qualité.

« Dans cette perspective, l’association travaille mieux encore cette année à l’élaboration de nouveaux produits. L’exemple de la soupe de poisson en fait partie. Des partenaires privés et institutionnels la soutiennent, à l’exemple de la fondation Le Marchand, la fondation Carrefour, la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS), l’Association nationale des industries agroalimentaires (ANIA)…

Je félicite le développement de l’unité de fabrication de cette soupe de poisson. Il s’agit, à mes yeux, un premier pas vers l’élargissement d’une gamme diversifiée d’apports alimentaires en prêt à consommer ! » souligne Hélène Rochet, épaulée par celui que la profession surnomme « le vieux soldat des cuisines » ou « le gentleman des pianos » ! Marathonien, défenseur des grandes causes humanitaires, Gérard Cagna conclut en disant « qu’il est utile de rappeler que la recette exclut tout excès de sel, de mauvaises matières grasses à l’exemple de l’huile de palme… et qu’elle est encore meilleure sans gluten ou huile d’arachide, des produits souvent allergènes ! ».

Les Paniers de la mer sont forts de leur succès. Une autre ville : Nantes ou Saint-Nazaire s’apprête, dirait-on, à les rejoindre.

Michèle Villemur

 

federation.plm@gmail.comwww.panierdelamer.fr

 

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