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11H40 - samedi 28 janvier 2012

Les 4 saisons du Marais poitevin

samedi 28 janvier 2012 - 11H40

Après la Camargue, le Marais poitevin est la 2e plus grande zone humide de France. Sur quelque 100 000 ha, le visiteur peut se balader à sa guise au fil des saisons, en barque à cheval ou à pied.

Les marais mouillés, marais desséchés, la baie, et « les terrées » (oh combien fragiles !) font partie des joyaux de Dame Nature. Un livre et un DVD : « Les 4 saisons du Marais poitevin » écrit par Allain Bougrain-Dubourg décrivent avec délicatesse la beauté de ces lieux. Au fil des pages, on découvre et on goûte à quelques recettes gourmandes…

 

Un espace exceptionnel

Le Marais poitevin. © Michèle Villemur

Dans les Deux-Sèvres, la porte du Marais poitevin s’ouvre de Niort à l’océan. La beauté des lieux nous saute d’emblée aux yeux. Ce vaste espace naturel, aux couleurs changeantes, est peuplé en saison de pêcheurs, agriculteurs, restaurateurs et touristes. Mais ce bijou naturel est d’une complexité extrême : la zone est sensible et fragile ; elle se plie aux caprices du temps mais également à ceux des hommes.

 

Les moines du XIe siècle le savaient évidemment, lorsqu’ils creusèrent des digues pour assainir les lieux infestés de moustiques. On était loin d’imaginer que 10 siècles après, la nature se rebifferait !

Confrontée à la dure réalité de voir disparaître un tel patrimoine, l’équipe du Parc interrégional du Marais poitevin se bat pour défendre au mieux les intérêts de ses habitants. « Le Marais poitevin bénéficie des politiques publiques européennes en faveur de la nature et des zones humides. Il est en particulier classé au titre du réseau Natura 2000, pour une surface de 68 000 ha. Cette démarche a pour but de protéger les habitats et les espèces spécifiques de la zone humide. » confie Boris Sallaud, le directeur du Parc.

 

Des citoyens engagés pour l’environnement

Le Marais poitevin. © Michèle Villemur

C’est dans les années 80, que des associations locales de protection de la nature durent porter plainte contre l’Etat français devant la Cour de justice des communautés européennes, en arguant du « non respect de directives européennes, visant la protection de l’environnement ». La France fut condamnée, 19 ans après, à mettre en œuvre une politique spécifique de protection des lieux.

 

« Aujourd’hui, nous pouvons considérer que la conscientisation des problèmes environnementaux a fait son chemin dans l’ensemble des composantes du territoire. Néanmoins, la conciliation de la vocation économique du Marais et des enjeux écologiques restent un défi majeur ! C’est l’objectif principal que poursuit le Parc interrégional du Marais poitevin est de soutenir une économie territoriale fondée sur la valorisation pérenne des ressources du terroir (tourisme, agriculture, sylviculture, conchyliculture…) quel défi ! » affirment d’une même voix, Boris Sallaud et Yann Hélary, président du Parc.

La coordination pour la défense du Marais poitevin, c’est aussi l’affaire d’une autre association loi 1901, créée en 1991 par Yves Le Quellec avec des individuels et d’autres associations. Depuis une trentaine d’années, le territoire a fait l’objet de politiques publiques contradictoires. Quand le Parc fut créé en 1979, des projets de développement agricoles conduisirent purement et simplement à la disparition du caractère humide du Marais. Ceux-ci mirent en cause son exceptionnelle diversité et le Le Parc perdit son label. Après, 2 tentatives de reconquête de son statut, les négociations échouèrent.

 

Une indispensable reprise en mains par l’Etat

Ce contexte d’échecs à répétition, générateur de tensions fortes, l’Etat prit alors l’initiative de créer un établissement public spécialement chargé de la gestion de l’eau et de la biodiversité du Marais poitevin.

Supervision, conciliation, arbitrage  et mise en cohérence de l’action publique montrent la voie à suivre, ces mots soulignant l’ampleur de la tâche à laquelle s’attèle la petite équipe en place dans un territoire où s’opposent, il faut le dire, des visions assez contradictoires.

 

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Bibliographie

Les 4 saisons du Marais poitevin : Livre / DVD : en vente dans les réseaux de distribution de Ouest-France éditions, ainsi que sur le site internet du Parc

Avec le soutien du Parc interrégional du Marais poitevin, de la région Poitou-Charentes et de la région Pays-de-la-Loire – Editions Ouest-France – 10,20 € – www.editionsouestfrance.fr

 

Coordonnées

Syndicat mixte du Parc interrégional du Marais poitevin – 2 rue de l’Eglise – 79510 Coulon – Tél.  05 49 35 15 20 – correspondance@parc-marais-poitevin.frwww.emotion-marais-poitevin.frwww.parc-marais-poitevin.fr

Association de M. Yves Le Queffelec : http://www.marais-poitevin.orghttp://www.epmp-marais-poitevin.fr/

 

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Entretien avec Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux

OI : Nous connaissons votre engagement depuis 30 ans… aujourd’hui votre action porte-t-elle ses fruits ?

ABD : 3 mots illustrent généralement le combat de la Ligue pour la Protection des Oiseaux que je préside : la consternation, l’action et la satisfaction. Oui, nous avons la satisfaction d’avoir gagné le préjudice écologique pour l’Erika, d’avoir fait cesser le massacre des tourterelles en Médoc, d’avoir fait passer les cigognes blanches de 10 couples à 2 000, d’avoir endigué le déclin des zones humides, d’avoir sensibilisé 100 000 enfants par an ou d’avoir créé le Grenelle de l’Environnement.

OI: Pourquoi avoir écrit cet ouvrage ?

ABD : L’an passé, j’ai réalisé un documentaire de 1 h 20 sur le Marais poitevin. J’ai suivi pendant un an, 3 familles qui vivent dans le Marais. Leurs témoignages sont poignants, ils expriment la relation profonde qu’elles familles entretiennent avec « leur terroir ». Le livre et le DVD qui y est inclus servent à valoriser un lieu d’exception que j’aime. On constate que le Parc n’est pas « mis sous cloche » mais, au contraire, qu’il est ouvert, dynamique et si beau ! J’espère que ceux qui ne connaissent pas le Marais poitevin deviendront curieux puis inconditionnels !

 

OI : Votre credo : défense et protection de l’environnement et des oiseaux… avez-vous un message à transmettre aux générations futures ?

ABD : Victor Hugo disait : « Le beau est plus utile que l’utile ». L’oiseau est non seulement beau, mais il nous est indispensable ! Il est l’indicateur de l’état de la biodiversité dont nous dépendons. Son absence signifierait le déclin de l’ensemble du vivant qui nous entoure. Sa préservation conduit donc à protéger l’Homme.

 

Michèle Villemur

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