International
15H12 - jeudi 15 mars 2012

6ème Forum Mondial de l’Eau : un rendez-vous manqué ?

 

A l’occasion du 6ème Forum Mondial de l’Eau qui se tient jusqu’au 17 mars à Marseille, Jean-Luc Touly, responsable des questions de l’eau pour la Fondation France Libertés – Danielle Mitterrand, et conseiller régional EELV en Ile-de-France, répond aux questions d’Opinion Internationale.

 

 

 

Quels sont les principaux enjeux qui émergent au cours de ce 6ème Forum Mondial de l’Eau ?

Trois sujets revienennt dans les débats. Le premier, c’est classiquement la coopération décentralisée entre la France et les pays du Sud pour un meilleur accès à l’eau. Le second, c’est le traditionnel débat de savoir si l’eau est une marchandise ou un bien commun pour l’ensemble de l’humanité. Le troisième, enfin,  porte sur la gouvernance mondiale de l’eau. Elle est aujourd’hui assurée par des entreprises qui n’ont pas toujours la confiance des citoyens. On le constate même dans le forum, où les principaux stands sont tenus par Veolia, Suez ou des grandes entreprises japonaises, les alternatifs ayant une place quasi inexistante. Résultat : il n’y avait que 5 000 participants pour le discours d’ouverture le premier jour, alors qu’on attendait 20 000 personnes.

 

Quelle place occupe la gestion de l’eau dans le débat politique actuel, à l’horizon de la prochaine élection présidentielle ?

La question est complètement occultée. Le mercredi 14 mars, François Hollande tenait un meeting à Marseille, et malgré nos nombreuses sollicitations, il n’a pas souhaité nous rencontrer. Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly, eux, viendront, mais on constate que leur venue a été difficile à obtenir, ce qui est surprenant de la part de candidats en principe très favorables aux idées que nous défendons. On a vraiment l’impression que les grands responsables politiques nationaux ont d’autres préoccupations…

 

Quelles mesures aimeriez-vous que le prochain président de la République impulse sur la question de l’eau ?

L’ONU a reconnu en juillet 2010 que l’accès à l’eau potable était un droit fondamental pour toute l’humanité. Nous souhaiterions donc que ce droit soit transposé dans la Constitution française. 

Nous voudrions, conformément aux recommandations de l’association France Libertés, que l’Etat garantisse également l’accès gratuit pour tous au 40 litres d’eau quotidiens minimum nécessaires pour vivre dignement. Enfin, nous rappelons que même si la qualité de l’eau dans les pays du Nord est correcte (bien plus que dans les pays du Sud en tout cas), des progrès sont encore à faire pour l’améliorer.

 

propos recueillis par Damien Durand   

 

 

 

 

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