Développement durable
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15H48 - jeudi 1 mars 2012

Chronique du développement durable
du jeudi 1er mars 2012

jeudi 1 mars 2012 - 15H48

 

 

 

 

 

Développement durable et culture

La place du développement durable dans la politique est aujourd’hui manifeste. Les gouvernements tentent toujours, dans différentes mesures évidemment, de prendre des décisions et de conduire des politiques qui respectent des principes écologiques et environnementaux. Parallèlement, on assiste également à un renouveau culturel, qui semble promouvoir l’écologie comme thème de création. Y aurait-il une dimension culturelle dans le développement durable ?

Le développement durable ne doit pas se réduire à des modes de production plus écolos, des nouvelles technologies qui respectent l’environnement ou encore au management environnemental et économique des ressources humaines. Le développement durable doit être entendu de manière beaucoup plus large, comme un changement des comportements de la société pour parvenir à un monde plus sain. C’est cette vision globale qui est véhiculée aujourd’hui par la culture et tous les merveilleux supports qu’elle implique.

 

Une vérité qui dérange, film pionnier en matière d'alerte concernant le réchauffement climatique. DR

L’artiste : «  hérault » du développement durable

La publicité, moyen par excellence pour transmettre un message, a été dans un premier temps très utile pour lancer les prémices des idées écologiques. Néanmoins, le recours au greenwashing et aux produits plus verts que vert a vite perverti le message initial. Le cinéma est alors entré en action, les documentaires poignants et les plaidoyers en faveur du sauvetage d’un monde en péril sont devenus légendaires, on pensera notamment au film d’Al Gore « Une vérité qui dérange » qui même, sans être militant écolo engagé, nous oblige à ouvrir les yeux sur la réalité qu’est le réchauffement climatique.

A noter que l’Organisation des nations unies a parfaitement compris que le cinéma pouvait être un moteur efficace du développement durable. Ban Ki-moon a rencontré en février 2011 des réalisateurs, des scénaristes et des acteurs hollywoodiens afin de les engager contre le réchauffement climatique. Alors, à quand le blockbuster américain qui remplace superman par supergreen et sauve le monde à coups de Grenelle de l’environnement, protocole de Kyoto et autre accord de Durban ?

En revanche, la littérature n’a aucune leçon à recevoir, depuis longtemps engagée, les romans, essais, pamphlets et autres œuvres qui peuplent les bibliothèques sont là pour nous rappeler que les comportements humains, qui tuent à petit feu notre planète, ne sont pas nouveaux et qu’il est bien temps de s’y intéresser vraiment. La musique n’est pas en reste, les artistes s’engagent de plus en plus, tel le groupe de rock Linkin Park qui a contribué à populariser un film réalisé sur Haïti par l’ONU.

Enfin, les initiatives artistiques sur fond de développement durable se sont largement développées à travers le monde. Nombre de festivals ou encore d’expositions ont lieu sur tous les continents et d’autres sont prévus pour l’avenir. Ainsi, Human/Nature a été une initiative pionnière qui a utilisé l’art contemporain pour étudier la nature des changements qui affectent la biodiversité (2008, New Dehli). L’Angleterre a créé, de 2005 à 2010, le centre Arts and ecology de la Royal society for the encouragement of arts, manufactures and commerce (RSA), aujourd’hui remplacé par le Citizen power.

Mexico a été le théâtre de l’initiative Residual, une série d’interventions artistiques sur le thème des ordures. A noter que la plupart des initiatives se trouvent sur le site de la Coalition pour l’art et le développement durable (COAL), association créée en 2008, qui rassemble des professionnels de l’art contemporain, du développement durable et de la recherche.

 

Des difficultés majeures

Mais, même au pays du développement durable, tout n’est pas vert et si les initiatives sont de plus en plus populaires, l’art issu de l’écologie doit aussi faire face à certains freins. Alors qu’un projet grandiose réunissant chercheurs, militants et artistes serait le meilleur moyen de marquer les esprits, le domaine reste fortement cloisonné. Les artistes et les spécialistes de l’environnement travaillent très rarement ensemble. Du fait de cet isolement disciplinaire, les propositions artistiques présentant un vrai travail sur l’écologie et la notion de durabilité sont très rares. La plupart du temps, il ne s’agit malheureusement que d’une vision très générale sur la nature, qui ne suscite pas de réflexion. A l’inverse les milieux institutionnels et scientifiques connaissent peu la diversité artistique et donc proposent rarement un partenariat qui pourrait pourtant leur servir dans une démarche de sensibilisation de la population.

Enfin et comme souvent, le monde de l’art et du développement durable doit faire face à des problèmes de financement dus notamment aux sacro saintes traditions artistiques, qui voient parfois d’un très mauvais œil ce petit nouveau arrivé sur le devant de la scène. Si l’on ajoute, en France, une absence presque totale de bourses ou de financements spécifiques pour ce type de projets, l’ampleur des difficultés apparaît plus clairement.

Espérons qu’écologie et lenvironnement sauront être encore et pour longtemps sources d’art car, après tout, « la culture c’est ce qui relie les savoirs et les féconde » (Edgar Morin).

 

 

 

 

 

 

Le nouveau parc naturel marin va permettre de protéger des dizaines d'espèces animales de l'Océan indien. DR

La France se dote d’un nouveau parc naturel

 

Le parc marin des Glorieuses est le tout dernier né des parcs naturels français. Situé dans l’océan indien et abritant une biodiversité particulièrement riche, le gouvernement espère pouvoir y développer l’éco-tourisme, en plus de favoriser la protection de l’environnement.

La superficie du parc est de 43 000 km2 (soit environ la taille de l’Aquitaine) et s’étend entre les îles Glorieuses et Eparses, au nord de Madagascar. On pourra notamment y découvrir des requins récifs, des raies ou encore des oiseaux marins. Accolé au parc naturel marin de Mayotte, ce ne sont, au total, pas moins de 110 000 km2 qui sont ainsi sauvegardés,  devenant la plus grande zone maritime protégée au monde.

 

 

 

La multiplication des antennes relais pourrait-elle être à l'origine du déclin des oiseaux en Inde ? DR

L’inde s’inquiète pour ses oiseaux

 

La croissance impressionnante de l’Inde s’accompagne inévitablement d’une explosion des télécommunications et donc de la construction des réseaux. Inquiet d’un tel développement, le ministère de l’environnement a commandé une étude sur l’impact des antennes relais sur les oiseaux et les insectes.

Cette crainte s’explique par l’apparition de phénomènes inexpliqués relatés dans tout le pays, surtout dans la région de l’Orissa, selon lesquels des corneilles et d’autres espèces tombent souvent du ciel. Les résultats de ces recherches sur la faune aviaire seront publiés mi-2012.

 

 

 

Les méthodes d'extraction du pétrole issu des sables bitumeux particulièrement nocives ne sont pas prêtes de trouver un consensus en Europe. DR

Europe et sables bitumeux : la division

 

L’Europe n’a pas fermé les portes aux sables bitumeux mais les négociations s’annoncent âpres. Le jeudi 23 février 2012, le comité d’experts de la Commission européenne a refusé d’approuver un amendement à la Directive sur la qualité des carburants (DQC), qui aurait gravement nuit à l’exploitation du pétrole issu des sables bitumeux, en classant ce matériau dans une catégorie très polluante. En effet, la proposition doit fixer une valeur d’émission de gaz à effet de serre pour chaque source de carburant, défavorisant de facto les sables bitumeux dont l’extraction particulièrement difficile est très énergivore.

Autant dire que l’éventualité d’une telle législation européenne divise. D’un coté, le Canad, principal producteur de pétrole issu des sables bitumeux et les compagnies pétrolières (Total, BP…) qui ont investi dans ce secteur, voient d’un très mauvais œil cette directive européenne, qualifiée sans fondement scientifique. A l’inverse, les organisations écologiques sont très déçues face à l’absence de consensus européen.

La production de pétrole issu des sables bitumeux devrait tripler d’ici 2020. D’ici là aucun doute qu’une décision aura été prise…

 

 

 

Les produits biologiques américains débarquent en Europe ! DR

Accord américano-européen sur les produits bios

 

L’Union européenne et les Etats-Unis viennent de signer un accord qualifié d’historique par la Commission européenne portant sur les produits biologiques. Il va permettre, à partir du 1er juin 2012, la commercialisation de produits, certifiés bios, produits dans ces deux régions. Cette ouverture de marché a été rendue possible à l’occasion du grand salon sur les produits bios de Nuremberg, durant lequel les législations sur la certification européenne et américaine ont été jugées compatibles.

Pour faciliter les échanges et garantir la transparence, les produits devront être expédiés avec un certificat d’exportation biologique précisant le lieu de production, l’organisme de certification bio et l’assurance qu’aucune méthode interdite n’a été utilisée.

Le marché du bio représente près de 40 milliards de dollars aux Etats-Unis et en Europe. Ces exportations devraient ainsi permettre une ouverture à la concurrence et engendrer une baisse des prix.

 

 

 

L'Inde, la Chine et les Etats-Unis consomment à eux seuls 38 % de l'eau douce utilisée dans le monde. DR

L’agriculture consomme 92 % de l’eau douce

 

Une étude minutieuse publiée dans le journal Proceedings of the national academy of sciences (PNAS) a été menée par Arjen Hoekstra et Mesfin Mekonnen, deux spécialistes de l’Université de Twente (Pays-Bas). Elle a permis d’établir des schémas précis de modèles de consommation d’eau pour les processus agricoles et industriels, mais également pour les foyers. Ce travail a révélé que l’agriculture utilise 92 % de l’eau douce utilisée dans le monde. A noter que ce sont les cultures de maïs, de riz et de blé qui sont les plus demandeuses (27 %) devant la production de viande (22 %) et les produits laitiers (7 %).

Plus concrètement, 3 pays totalisent à eux seuls plus de 38 % de la consommation mondiale d’eau douce. Il s’agit de la Chine, de l’Inde et des Etats-Unis. Si la présence des 2 géants asiatiques s’explique par leur population, les Etats-Unis (qui ne représentent que 5 % de la population mondiale) doivent leur glorieuse 3e place à la surconsommation d’eau de ses habitants. Sans doute peu conscients de la guerre imminente pour « l’or bleu », chaque année la consommation d’eau par habitant des Etats-Unis est 2 fois plus élevée que  la moyenne mondiale.

 

 

 

A l'initiative d'Hilary Clinton, les Etats-Unis forment une coalition et se lancent dans la lutte contre la pollution. DR

Les Etats-Unis luttent contre la pollution

 

Les États-Unis, le Bangladesh, le Canada, le Ghana, le Mexique, la Suède et le PNUE (programme des nations unies pour l’environnement) ont décidé de mener des actions concrètes de lutte contre la pollution, plutôt que d’attendre un hypothétique accord dans le cadre de l’UNFCCC (convention climat) sur la réduction des gaz à effet de serre. Cette nouvelle « Coalition pour le climat et la qualité de l’air », initiée par la Secrétaire d’Etat américaine Hilary Clinton, propose de s’attaquer en priorité au méthane, aux fluides des systèmes de réfrigérations (HFC) et surtout à la suie.

Selon une étude publiée dans la revue Science et menée par une équipe du Goddard institute for space studies, il serait possible de freiner la hausse des températures de 0,5° degré d’ici 2050 en agissant sur ces 3 composants. De plus, selon le New York Times, ces poussières seraient responsables de plus de deux millions de morts chaque année dans le monde.

Les Etats-Unis (leader du groupe) et le Canada ont déjà avancé 15 millions de dollars pour le projet.

 

 

 

Le Cameroun fait figure de cimetière des éléphants. DR

Le Cameroun, cimetière des éléphants

 

La région de Bouba N’Djida, située au nord du Cameroun, fait l’effet d’une boucherie à ciel ouvert. D’après un premier bilan sur le braconnage dans cette zone depuis la mi-janvier, pas moins de 200 éléphants auraient été tués pour l’ivoire de leurs défenses par des groupes originaires du Soudan et du Tchad et équipés de kalachnikov. Les méthodes d’extermination sont bien rodées. Les chasseurs, d’abord regroupés en une cinquantaine d’individus, se séparent à la frontière et enrôlent les paysans, pas mécontents de pouvoir se débarrasser des éléphants qui anéantissent leurs champs.

Moins d’un millier de pachydermes peupleraient cette région du Cameroun, formant ainsi l’une des dernières populations d’éléphants de savane. Malheureusement les rangers, mal équipés, ne sont pas de taille à lutter contre ses bandes organisées, le plus souvent liées à la mafia. D’ailleurs deux d’entre eux ont été tués en 2010. Le manque de volonté politique empêche toutes mesures concrètes et efficaces. Les braconniers jouissent toujours d’une parfaite immunité.

 

 

 

Une nouvelle forêt découverte en Chine

Des chercheurs chinois et américains ont découvert une forêt tropicale, au nord de la Chine, qui avait été recouverte par les cendres d’une éruption volcanique survenue il y a près de 298 millions d’années. Cette découverte extraordinaire de forêt fossilisée est une première dans l’Histoire et s’apparenterait presque à un « Pompéi végétal ».

Les chercheurs ont découvert des feuilles, des arbustes et des troncs intégralement préservés, permettant ainsi de faire des avancées considérables dans la détermination de la paléoécologie locale.

 

 

 

 

 

 

Mini film d’animation pour la promotion du bio, réalisé par Marija Jacimovic et Benoit Detalle. Il fait partie des nominés pour un prix décerné par la Royal Society for the encouragement of Arts, Manufactures and Commerce (RSA) et la fondation caritative Nominet Trust en Grande-Bretagne.

 

 

 

 

 

 

 

Jeudi 1er mars

9 h 30 – 17 h : Conférence : « Eau, biodiversité, paysage, emploi local… Les enjeux de territoires : contraintes ou opportunités pour l’agriculture bretonne ? »
Préserver la qualité de l’eau, la biodiversité, les paysages, la vitalité du tissu rural, tout en continuant à produire dans un contexte de crises et de course à la productivité… Les agriculteurs, de moins en moins nombreux, sont investis d’attentes multiples, parfois contradictoires, voire conflictuelles. Par le biais d’enquêtes de terrain et en s’appuyant en partie sur l’exemple du bocage, l’Association régionale pour l’agriculture paysanne (ARAP) a souhaité mieux comprendre la façon dont les agriculteurs perçoivent ces nombreuses demandes et les traduisent, le cas échéant, dans leurs logiques de production et leurs pratiques.
Lycée agricole de Caulnes (22)
Rue de Dinan – Caulnes (22)

 

10 h – 18 h : Conférence : « Quelles trajectoires vers une économie sobre en carbone en 2050 ? »
La Chaire économie climat et le Centre d’analyse stratégique organisent, avec les ambassades d’Allemagne et du Royaume-Uni ainsi que le Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières de l’université Paris Dauphine, une conférence intitulée « Quelles trajectoires vers une économie sobre en carbone en 2050 ? »..
Cette conférence bénéficie du haut parrainage de Nathalie Kosciusko-Morizet et du Ministère du Développement durable. Elle comprendra une rencontre avec l’équipe du Comité « Trajectoires 2020-2050 pour une économie sobre en carbone » et une table ronde comparant les options retenues en France, en Allemagne et au Royaume-Uni pour réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre.
Grand Amphithéâtre – Université Paris-Dauphine,
Place du Maréchal de Lattre de Tassigny – Paris 16

 

 

Vendredi 2 mars

9 h : Assises régionales de l’efficacité énergétique.
Quelles performances énergétiques pour demain, avec quelles énergies, quels bâtiments et pour quels avenirs ? Pour quels territoires, quels professionnels, quelles entreprises, et surtout, pour quels consommateurs et quels innovateurs ? Ces questions sont aujourd’hui au cœur des débats, depuis le début du Grenelle de l’environnement et dans le cadre des futures directives et réglementations qui vont profondément changer notre vie quotidienne. L’association « Equilibre des énergies » rassemble des professionnels du bâtiment et des énergies, ainsi que des associations de consommateurs qui ont décidé d’approfondir la réflexion et la recherche appliquée, afin de proposer des solutions pratiques, locales et innovantes, pour faire de l’efficacité énergétique une véritable vision d’avenir.
École des mines,
Amphithéâtre Schwartz – Nancy (54)

 

Jeudi 8 mars

18 h : Conférence : « La qualité de l’air dans nos maisons »
Nous passons 22 h par jour dans un espace confiné, au travail, chez soi, dans sa voiture… L’air respiré peut avoir des effets sur notre confort et notre santé. La qualité de l’air intérieur dépend de nos activités, il est souvent plus pollué qu’à l’extérieur. Quelles sont les sources de pollution ? Comment mieux respirer dans nos maisons ?
Maison de l’environnement, 32 rue Sainte)Hélène – 2e arrondissement – Lyon (69)

 

 

Mardi 13 mars

Conférence : « Construisons pour demain – Performances énergétiques ».
Cette année, nous nous sommes attachés au sujet des consommations réelles des bâtiments à basse consommation, qui ont souvent des consommations théoriques différentes de la réalité. Cette problématique soulève la question « comment garantir les performances réelles des bâtiments ? » et apparaît également comme l’une des priorités des métiers du bâtiment, bureaux d’études, architectes et élus locaux.

Laurie Mathy

Danemark : leader des énergies vertes… et des taxes

Les énergies renouvelables sont multiples. DR
Avec l’adoption de la taxe carbone dès 1993, quand d’autres pays se demandaient encore si le réchauffement climatique était une réalité, le Danemark est très vite devenu le leader en matière d’énergies…

Le pétrole, une malédiction pour les pays en développement ? Entretien avec Francis Perrin, directeur de la rédaction du bimensuel « Pétrole et Gaz Arabes » et vice-président d’Amnesty international

A l'occasion des 50 ans d'Amnesty, Oi continue de publier une série de sujets pour faire le point sur les droits de l'homme dans le monde. Deuxième article : l’entretien avec Francis Perrin, directeur de la rédaction du bimensuel « Pétrole et Gaz Arabes » et vice-président d’Amnesty international.

OGM : crainte de l’Europe, espoir des pays émergents

Alors que la France et l’Europe, de manière générale, restent assez frileuses quant à la culture des organismes génétiquement modifiés (OGM), ces derniers se développent considérablement au niveau planétaire. En effet, selon…

Chronique Développement durable du jeudi 15 mars

La Chine menace les entreprises européennes pour contraindre l'UE à abandonner la taxe carbone. DR
      Le Canada s’enfonce dans le déni environnemental Le Canada est longtemps apparu comme leader écologique, un Etat capable dès 1999 d’adopter une loi pour la protection de l’environnement, quand…