International
09H29 - jeudi 29 décembre 2011

Japon et parité hommes/femmes :
zéro de conduite !

 

Le Forum économique mondial (World economic forum [WEF]) est l’organisme qui organise, entre autres, la réunion des principaux dirigeants d’entreprises chaque année à Davos. Cette association, qui s’est donné pour but « d’améliorer l’état du monde »,  diffuse chaque année plusieurs études très attendues.

 

Parmi ces travaux, le WEF vient de publier son rapport annuel concernant l’égalité hommes/femmes dans le monde. Une analyse objective et complète, qui s’annonce particulièrement critique à l’égard de la situation des femmes au Japon. Preuve, s’il en est, qu’égalité et économie ne font pas forcément bon ménage.

 

Un résultat catastrophique pour un pays développé

Salariées japonaises à la sortie des bureaux. (DR)

Salariées japonaises à la sortie des bureaux. (DR)

L’Empire du soleil levant a beau être la 3e puissance économique mondiale, il n’en est pas moins classé à l’affligeante 98e place –sur 135 pays analysés– du classement concernant l’égalité hommes/femmes. Parmi les pays de l’OCDE (club des 34 pays les plus riches de la planète), seules la Corée du Sud et la Turquie font pire.

Le rapport est basé sur une analyse très complète intégrant 14 paramètres (parité politique, éducation, responsabilités dans les grandes entreprises, perspectives salariales…). Le Japon n’y brille même pas à son échelle continentale : il est bien loin de la 1re place asiatique qui revient… aux Philippines, situées à la 8e place mondiale.

Les femmes philippines jouissent historiquement d’une position privilégiée incomparable avec la réalité japonaise, que ce soit dans le monde politique ou celui des affaires. Une claque aux idées reçues : le PIB du pays, 15 fois inférieur à celui du Japon casse le cliché voulant que l’égalité hommes/femmes soit forcément en corrélation avec le développement économique.

 

Politique ou économie, la femme japonaise n’est pas la bienvenue

Le plus gros point noir dans la parité hommes/femmes au Japon se situe sans conteste dans le domaine politique. La Diète japonaise compte en effet 11 % de femmes députées, loin, très loin derrière les meilleurs élèves en la matière (en Suède, ce taux atteint 45 %).

Aucune décision notable n’a été entreprise ces dernières années pour combler ce déséquilibre. La réalité de la vie politique japonaise (très patriarcale et dynastique) et le mode de désignation des députés (scrutin majoritaire uninominal sur une circonscription définie, comme en France) n’encouragent guère la diversité. Si elle existe dans les 4 premiers pays du classement, aucune réflexion sérieuse pour rendre la parité obligatoire n’a été lancée au Japon. D’ailleurs, les lignes ne semblent pas devoir bouger dans un futur proche.

 

Peu d’enfants mais pas de vraies carrières non plus

Les femmes représentent seulement un dixième des élus au Parlement. (DR)

Les femmes représentent seulement un dixième des élus au Parlement. (DR)

La femme japonaise n’est pas mieux lotie dans le monde de l’entreprise. Elle se heurte toujours à un « plafond de verre » l’empêchant de prétendre à une carrière égale à celle des hommes. On ne peut plus réellement lier ce phénomène aux obligations familiales, tant les femmes japonaises semblent s’être affranchies des contraintes liées à la venue d’un enfant. Avec un indice de fécondité de 1,22 enfants/femme, le Japon a un des plus bas taux de natalité au monde, loin derrière la Suède par exemple (1,67 enfants/femme) où la place des femmes dans l’entreprise est incomparable.

Cette situation est préoccupante à l’heure où le Japon voit ses besoins en population active augmenter pour faire face aux défis de la dépendance des personnes âgées et de la pérennité des systèmes de protection sociale.

Si l’opinion publique manifeste une défiance record face à la classe politique jugée peu représentative, l’absence de mouvements puissants, portant ces revendications féministes, ne semble pas augurer d’améliorations concrètes dans les années à venir.

Ajoutons à cela une apathie certaine des habitants pour maintenir la pression sur leurs élus, et le Japon semble bel et bien s’ancrer dans le dernier tiers des pays les moins égalitaires sur la parité hommes/femmes.

 

Damien Durand


Sources
Lire l’intégralité du rapport du Forum économique mondial

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