Monde
10H56 - jeudi 16 juin 2011
Europe

Retour sur le référendum italien avec l’activiste A. de Monaco : «les gens comprennent que derrière Berlusconi, il y a l’image d’une société individualiste.»

 

Nouvelle désillusion électorale pour Berlusconi, dimanche et lundi dernier. Le triple référendum sur la reprise du nucléaire, la privatisation de la gestion de l’eau et l’immunité judiciaire du Président du Conseil se sont soldés par trois revers : les Italiens ont massivement rejeté l’atome, manifesté leur attachement à la gestion publique de l’eau, et laissé la possibilités aux juges de poursuivre le Cavaliere pendant son mandat.

Pour mieux décrypter le résultat, Alberto de Monaco, militant associatif dans la défense de la gestion publique de l’eau en Italie, revient pour OI sur les enseignements à tirer du scrutin.

Les résultats sont très défavorables pour le pouvoir en place. Pensez vous que ce référendum marque une coupure définitive entre Berlusconi et les citoyens italiens ?

Les résultats ne sont pas seulement une claque pour Berlusconi, mais aussi pour tout ce qu’il représente. C’est une erreur de croire que le référendum s’arrêtait à un jugement sur sa seule personne. Les gens comprennent que derrière sa personne, il y a l’image d’une société individualiste, qu’ils rejettent massivement.

Que peut il se passer après un tel échec ? Berlusconi va-t-il démissionner ?

Peut-être mais ce n’est pas le vrai problème. Berlusconi va essayer de surmonter ce revers, en essayant de continuer à passer pour le seul capable à diriger le pays, et en faisant oublier ses échecs. Cela peut tout à fait marcher, comme par le passé. Son image d’homme d’affaires a toujours représenté une incarnation du succès à droite, comme chez une certaine gauche modérée.

Les analyses montrent que même les électeurs de droite italienne ont voté contre le programme nucléaire et contre la privatisation de l’eau. Est-ce que cela signifie que Berlusconi et ses partisans sont coupés de la base de leur électorat traditionnel ?

Oui, sur les questions importantes du référendum, et sans aucun doute possible, les électeurs de droite ont exprimé leur intime conviction, sans suivre les intérêts des partis politiques. Plus qu’un débat purement politicien, ils ont voulu penser à l’avenir.

Quelles sont les prochaines échéances en Italie pour les partisans d’une gestion publique, mesurée et écologique des ressources naturelles ?

Nous devons continuer à bâtir une communauté de citoyens qui pensent qu’une vie plus paisible, plus équilibrée, vaut mieux que plus de richesses. Aujourd’hui, nous avons également la possibilité de démontrer qu’une gestion publique des énergies, sans forcément être représentée par un État souverain, doit appuyer l’idée que les ressources importantes, comme l’eau, doivent être aux mains de tout le monde.

Propos recueillis par Damien Durand

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