
Révoqué en 2023 par décision du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, alors qu’il était délégué syndical, Bruno Attal affirme être la cible d’un acharnement politico-administratif. L’ancien policier, connu pour ses attaques répétées contre Emmanuel Macron et Éric Dupond-Moretti, soutient que sa révocation constitue un précédent inédit : celui d’un représentant syndical sanctionné pour ses critiques publiques.
Au cœur du contentieux figure une accusation qui a marqué les esprits : celle de « 11 ans d’arrêt maladie ordinaire ». Bruno Attal conteste catégoriquement cette version, rappelant que ce type de congé ne peut légalement excéder une durée limitée. Il souligne n’avoir jamais été poursuivi pour ces absences supposées et pose une question simple : si un fonctionnaire avait réellement été absent onze années, la responsabilité de l’administration ne serait-elle pas engagée ?
Secret défense et missions sensibles
L’ancien fonctionnaire affirme que les périodes visées correspondent en réalité, selon lui, à des missions effectuées pour les services de renseignement. Blessé à plusieurs reprises en service, il assure avoir œuvré pendant plusieurs années dans un cadre couvert par le secret défense. Il dit avoir demandé la levée de ce secret afin d’établir publiquement la réalité de ses missions, sans succès à ce stade.
Il avance également que, dans le cadre de certaines opérations sensibles, ni salaires apparents ni affiliations classiques ne devaient figurer sur ses comptes afin de préserver sa couverture — une pratique qu’il présente comme habituelle pour des agents en mission. Il estime que ces éléments ont été utilisés par ses adversaires politiques pour fragiliser son image.
Parallèlement, Bruno Attal fait face à plusieurs procédures engagées par des élus de La France insoumise, dont Jean-Luc Mélenchon, Ersilia Soudais et Sébastien Delogu. Il a remporté plusieurs de ces contentieux et considère être particulièrement ciblé en raison de ses accusations d’antisémitisme visant certains responsables politiques.
De son côté, il dit avoir déposé plainte contre l’administration pour sa révocation, contre Raquel Garrido, ainsi que contre des individus qu’il accuse de menaces, d’agressions et de divulgation d’adresses personnelles. Il évoque des procédures qui, selon lui, tardent à être instruites, y compris une plainte déposée devant la Cour de justice de la République visant Gérald Darmanin.
Malgré la multiplication des contentieux, Bruno Attal affiche une détermination intacte. « Ce qui ne tue pas rend plus fort. Ils m’ont tout fait, mais ils n’imaginent pas la force qu’ils m’ont donnée », confie-t-il. Un bras de fer judiciaire et politique qui, à ses yeux, est loin d’être terminé.
Emma Ray
















