Edito
08H56 - lundi 18 avril 2022
France

Pâques, Ramadan, Pessah : foi de politique ! L’édito de Michel Taube

 

C’est une fin de week-end exceptionnel pour des milliards de croyants dans le monde : Pâques pour les chrétiens, Ramadan pour les musulmans, Pessah pour les juifs. Que tous les croyants soient ici salués. Que tous les autres croyants, mais aussi les agnostiques, les athées, les sceptiques, reçoivent des vœux de respect, de liberté et d’espoir en l’avenir.

En France, ce week-end tombe entre les deux tours de l’élection présidentielle. D’habitude, c’est le 1er mai, le muguet et la Fête du travail, avec son cortège de manifestations syndicales qui égrènent cet entre-deux politique. On se souvient de manifestations monstre le 1er mai 2002, une semaine après le cataclysme de la qualification de Jean-Marie Le Pen. Mais c’était une autre époque.

Donc c’est Pâques ce week-end ! L’occasion de poser une question politique au pays de la laïcité, de la séparation entre le politique et le religieux. Y aura-t-il dimanche 24 avril un vote religieux en France ?

Y a-t-il déjà eu un tel vote au premier tour de l’élection présidentielle ? Selon un sondage réalisé par l’IFOP pour le quotidien La Croix, 69 % des électeurs musulmans ont porté leur voix sur le candidat de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon. Dans l’ensemble du corps électoral, ce candidat n’a réuni que 22 % des suffrages.

Dans la communauté juive, si les dirigeants (CRIF, rabbins…) ont été vent debout pour faire barrage à Eric Zemmour qu’ils qualifiaient en gros de révisionniste, la base, elle, a voté en ordre dispersé, du fondateur de « Reconquête » à Emmanuel Macron.

Et les catholiques ? La semaine dernière, à l’approche du second tour de l’élection présidentielle, les évêques français ont publié leurs préconisations en vue de l’élection présidentielle. Et surprise, ne prenant pas position entre les deux candidats, ils appellent chaque catholique à voter « en conscience, à la lumière de l’Évangile et de la doctrine sociale de l’Église ». Marine Le Pen ? Emmanuel Macron ? L’Eglise applique paradoxalement une forme de laïcité entendue comme neutralité. Pour tenir compte d’une part de son lectorat qui vote très à droite ? Au risque de faire penser que Marine Le Pen est fréquentable ? Qu’en penserait le pape François s’il était Français ?

L’Eglise catholique risque de se retrouver bien seule dans cette forme de retenue politique : les instances représentatives du judaïsme en France, la Grande Mosquée de Paris, le Rassemblement des musulmans de France appellent à voter « Emmanuel Macron » au second tour.

Alors, les fidèles suivront-ils ? Vote religieux ou non dimanche 24 avril ? En ces temps de crise, d’incertitudes, on remarque une montée, un retour du religieux. Les lieux de culte voient affluer de nouveaux fidèles. De plus en plus de citoyens se détournent du politique ou façonnent leur comportement civique ou en société à l’aune de préceptes religieux : c’est pour cela que, parmi les jeunes, de plus en plus de femmes musulmanes portent un voile. Le communautarisme identitaire et religieux a le vent en poupe.

A cet aune, que l’on suive les préceptes de Pâques, de Pessah ou de Ramadan, oui, le religieux devient de plus en plus un critère, une source d’inspiration pour des choix politiques. Dimanche 24 avril, à quel César les croyants voudront-ils confier les clés de la France pendant cinq ans ?

 

Michel Taube

Michel Taube commentait ce week-end religieux sur Sud Radio dans l’émission de Valérie Expert vendredi 15 avril 2022. Replay.

 

 

RDV mardi 26 avril pour le Live du Mardi avec Opinion Internationale

Je m’inscris Mardi 26 avril à 19h sur Zoom : bilan de l’élection présidentielle / Débat Pour un « McKinsey public » au sein de l’Etat ? dans le cadre de la rubrique « Solutions pour la France » avec Patrick Pilcer, Philippe Latombe et des décideurs engagés au coeur de l’actualité.

 

Directeur de la publication

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