Actualité culturelle
12H25 - jeudi 8 juillet 2021

Contes et classiques en Avignon

 

©Christophe Raynaud de Lage

Si Avignon, traditionnellement, compte beaucoup de créations, de textes inédits et de pièces contemporaines, certains auteurs classiques — certes revisités — parviennent à être joués dans la Cité des Papes. 

Opérette méconnue d’Offenbach, les enfants apprécieront « Le 66 ! » (du 13 au 16 juillet à la Chapelle des Pénitents Blancs) mis en scène par Victoria Duhamel. Légèreté et réflexion viendront ponctuer cette danse du diable dans laquelle six chanteurs et musiciens entrainent les spectateurs de tout âge à participer à une aventure, chaque fois unique.

De même, « Gulliver, le dernier voyage » (du 19 au 24 juillet au théâtre Benoît-XII) surfe sur l’histoire narrée par Jonathan Swift et mise en scène par Madeleine Louarn et Jean-François Auguste. Joué par des comédiens en situation de handicap, « ce conte philosophique fait écho à ce que nous vivons. Il parle de mondes en pleine transformation, du doute et de l’angoisse que cela produit. Les questions qu’il pose sont étonnamment contemporaines », selon Madeleine Louarn. 

Dans un atelier aux allures de chaîne d’assemblage, des marionnettistes s’affairent au-dessus d’établis pour fabriquer des Pinocchios (du 8 au 12 juillet au gymnase du Lycée Saint-Joseph). « Cette démultiplication a aussitôt ouvert un imaginaire lié à la science-fiction. Je me suis alors représenté une société dystopique où les enfants seraient soumis à un rite de passage : comme dans une chaîne de fabrication, des marionnettistes à peine plus âgés qu’eux les peignent au pistolet à compresseur, puis les habillent à l’identique pour les transformer en pantins uniformisés » confie la metteuse en scène Alice Laloy. 

Car les marionnettes ne sont pas créées, comme nous pourrions nous y attendre, en les sculptant dans le bois, mais en acheminant des enfants pour les métamorphoser en pantins… S’inspirant du mythe de Pinocchio pour le retourner comme un gant, Pinocchio(live)#2 nous propose d’assister « en direct » à une expérience troublante, fascinante, dérangeante. 

À quoi ressemble un enfant humain quand il est transformé en objet par un adulte ? Et vice versa 

De son côté, Karelle Prugnaud emmènera Denis Lavant et le circassien Nikolaus Holz en itinérance avec Mister Tambourine Man d’Eugène Durif (du 6 au 24 juillet ). Ce spectacle inspiré de la légende du Joueur de flûte de Hamelin « se jouera partout où les gens cherchent l’humanité ». Les deux personnages clownesques évoluent dans un monde précaire qu’un mot ou une note de musique peuvent faire vaciller. 

Incontournable parmi les incontournables, Molière sera revisité par le Nouveau Théâtre Populaire du 20 au 25 juillet dans la cour minérale d’Avignon Université avec « Le ciel, la nuit et la fête ». En réunissant trois pièces iconiques — Le Tartuffe, Dom Juan et Psyché — les metteurs en scène Léo Cohen-Paperman, Émilien Diard-Detœuf et Julien Romelard les articulent pour n’en faire qu’une. Avec à la clef, un voyage dans le temps et la langue, où le XVIIème siècle vient à la rencontre de notre XXIème pétri de doutes. 

Mais surtout, les festivaliers vivront une expérience totale, car, entre les œuvres, voilà que s’immisce Grand Siècle, hors-champ ludique et impromptu en forme de plateau radio décalé à regarder… ou à écouter. « Nous savons qu’il sera ce fil d’Ariane, qui permettra d’associer les tissus des trois pièces pour en faire une belle toile. Aussi, la radio n’est pas intrusive : les spectateurs restent libres d’y assister, de l’écouter de loin ou d’en faire abstraction », précise Émilien Diard-Detœuf. 

Une odyssée joyeuse et festive, pour aller à la rencontre d’un Molière résolument proche, accessible, divertissant… en un mot, populaire ! 

Et n’oublions pas co-directeur du Festival, Olivier Py, qui mettra en parallèle les philosophes du XXème siècle avec Shakespeare dans une pièce intitulée Hamlet à l’impératif ! (du 6 au 23 juillet au Jardin Ceccano). Il y sonde le théâtre en s’appuyant sur les interrogations omniprésentes du plus connu des drames shakespeariens. Ne s’ouvre-t-il pas d’ailleurs en interpellant les spectateurs ? « Qui est là ? », demande Hamlet. Le feuilleton fait dès lors résonner une question essentielle : « Que peut le théâtre ? ». 

Alors oui, spectateurs comme comédiens, êtes-vous là ? 

 

https://festival-avignon.com/

 

Deborah Rudetzki

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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