Billet de Catherine Fuhg
12H07 - vendredi 2 avril 2021

Vaccin Pfizer… Quand Emmanuel Macron se trompe (à nouveau)

 

Marco Verch – CC BY 2.0

Emmanuel Macron serait-il mal informé ?

Le 8 décembre 2020, le New York Times titrait : « Le vaccin Pfizer offre une forte protection après la première injection », en référence à un document de la FDA, Food and Drug administration (agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux). Selon ce même rapport, l’importance de la seconde dose ne tenait pas principalement à l’immunité mais à sa durée.

Le Dr William C. Gruber, vice-président principal du département de recherche et de développement des vaccins, chez Pfizer, déclarait à la même époque que la première injection procurait une protection de 52 %. Ce qui n’est déjà pas si mal.  C’est d’ailleurs en se basant sur ces données, que le Royaume-Uni a choisi comme stratégie d’injecter la première dose au plus large public possible, quitte à attendre un peu pour la deuxième injection. Une stratégie qui a payé, puisque, à la date du 31 mars, 59,1% (1) des Britanniques ont reçu à ce jour leur première injection et que, pour la première fois depuis bientôt un an, les hôpitaux Outre-Manche semblent observer une baisse des hospitalisations, et entrevoir une détente à l’horizon.

De plus, d’après une publication de l’institut Davidson, de Rehovot en Israël, basée sur une étude en situation réelle de la vaccination, le vaccin protège à 46% dès la troisième semaine après la première injection. Par ailleurs, la caisse d’assurance maladie Maccabi, encore en Israël, a constaté une baisse des hospitalisations de 67% entre 7 et 13 jours après la première injection (2). Plus optimiste encore, le Dr. Chris Gill, spécialiste des maladies infectieuses de l’université de Boston, s’appuyant sur une autre étude, estime à 90% la protection offerte par le vaccin Pfizer trois semaines après la première injection (3).

Quoi qu’il en soit, et même si les chiffres ne coïncident pas tous, les déclarations du président Macron à ce sujet – le vaccin serait efficace au bout de 15 jours après l’injection de la deuxième dose – ne coïncident pas non plus avec la réalité du terrain. Du moins, sont-elles partielles. Partiales ? Mais pourquoi ? Pour cacher au public qu’il a raté aussi la campagne de vaccination ? En effet, aujourd’hui en France seulement 12,74 % de la population ont reçu la première dose de vaccin et 4,26 % sont complètement vaccinés. Alors qu’aux États-Unis, par exemple, 154 millions de doses ont été administrées et 56,1 millions de personnes, soit 17,09 % de la population, ont été complètement vaccinées. Oui. Même les États-Unis, très mal partis pourtant avec Donald J. Trump aux rênes, font maintenant mieux que la France. Pareil, côté britannique. Alors que le Premier ministre anglais, Boris Johnson, avait en début de crise accumulé les erreurs, il a su rectifier le tir, et semble conduire son peuple vers une sortie de crise prochaine.

Bref, on rirait presque des louanges que le président français aime à s’adresser à lui-même, à longueur d’allocution, si la situation n’était pas aussi dramatique.

À qui faut-il imputer cet échec sur toute la ligne. À l’énarcocratie ? Une gestion scolaire de la réalité. On aurait pu espérer au moins une meilleure organisation de la vaccination, déléguée à divers cabinets de conseil privés, et payés des millions d’euros de nos impôts. Mais on aurait été naïf. Car au sommet de notre État et de notre économie, règne avant tout l’entre-soi, une sorte de consanguinité, toujours délétère on le sait, et l’arrogance incorrigible des premiers de la classe incapables de penser hors du cadre – qui ne cadre plus, depuis longtemps, avec la réalité.

 

Catherine Fuhg

 

(1) Selon les chiffres officiels du gouvernement britannique : https://coronavirus.data.gov.uk/details/vaccinations

(2) https://kinstitute.org.il/wp-content/uploads/2021/02/covid_1002_post.pdf

(3) https://www.reuters.com/article/health-coronavirus-vaccines-int-idUSKBN2BL2UW

 

 

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