Edito
07H39 - lundi 15 mars 2021

Vaccination : Quand le fiasco français s’ajoute au fiasco européen. L’édito de Michel Taube

 

Douche froide dans la relation euro-Atlantique ! Cela s’apparente à du Trump mais c’est Joe Biden qui vient d’annoncer que Etats-Unis bloqueraient sur leur sol 38 million de doses de vaccins qui auraient pu partir vers l’Europe. En y ajoutant les retards de production de l’AstraZeneca, l’Union européenne se découvre joueur en deuxième division.

Imaginez un peu : la France, et derrière elle l’Union Européenne, est le seul pays membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations unies qui n’a pas su produire son vaccin anti-Covid…

Les commandes groupées de vaccins à l’échelle de l’Union européenne sont un fiasco qui dégrade encore l’image de cette institution. Quel gâchis ! Surtout pour les militants européens comme l’auteur de ces lignes. Nous avons besoin d’une Europe forte et unie face à des concurrents, des adversaires, des ennemis, ou simplement des challenges, des défis planétaires qui ne sont pas à la mesure d’une puissance moyenne comme la France. Et patatras ! Quand Israël ou les États-Unis négociaient avec les Pfizer au plus haut niveau de l’État, l’Europe le fit par le biais d’un haut fonctionnaire qui demanda des rabais ! Israël proposa de payer 30 à 40 % de plus que le prix du marché et de transférer les données de santé anonymisées au laboratoire. L’Union européenne discuta le prix.

Il y a l’Europe, et il y a la France : sur les 1,137 million de doses du vaccin AstraZeneca livrées, 273.000 ont été administrées au 27 février (ministère de la Santé), alors que de nombreux Français tentent vainement se faire vacciner. Mais voilà : parmi ceux qui sont aujourd’hui autorisés à le faire, en particulier les soignants et tout spécialement ceux des EHPAD, beaucoup s’y refusent. En gros, il y a trop de vaccins pour ceux qui ne veulent pas se faire vacciner et pas assez ceux qui ne demandent que ça ! Le vaccin AstraZeneca a particulièrement mauvaise presse. Olivier Veran, ordonnateur en chef du naufrage du navire Santé, annonçait d’abord que le vaccin AstraZeneca tant attendu n’était pas recommandé chez les plus de 65 ans. Et aujourd’hui, il nous sort que selon les experts (comme toujours) il est subitement devenu formidablement efficace pour tout le monde ! Il n’y a pas que lui dont le message est illisible. Anne Hidalgo, la maire de Paris, appelait à un confinement de la ville, avant de se rétracter le lendemain et de considérer le surlendemain qu’un confinement le week-end serait « inhumain ». Et dire qu’elle se voit à l’Élysée !

En France, le gouvernement semble traumatisé par les antivax, et peut-être par les juges. Aucun pays n’en est à ce stade. À moins que ce soit une stratégie : comme on est nullissime en logistique, c’est peut-être une aubaine que les Français rechignent à se faire vacciner. Dans certains pays, on vaccine même au supermarché. En France, on doit s’inscrire (quand cela fonctionne) et suivre une procédure concoctée par notre haute administration.

C’est à croire qu’il faudrait une révolution pour sortir de cette étouffante bureaucratie. Mais là on risque d’être poursuivi pou rebellion, comme l’est le pauve Francis Lalanne dont nous ne partageons nullement les convictions mais qui ne méritait pas cela.

La France risque d’être le seul pays où obtenir une couverture vaccinale importante ne pourra se faire qu’au prix d’une vaccination obligatoire. Il faudrait d’ailleurs commencer pour les professionnels de santé, comme le suggérait courageusement Daniel Guillerm, président de la Fédération Nationale des Infirmiers. Un décret peut être pris en ce sens SUR-LE-CHAMP ! Par ailleurs, tous les membres du gouvernement devraient se faire vacciner publiquement.

Nous voulons toujours être compréhensifs et indulgents. Face à un extrémiste comme Le Pen ou Mélenchon, nous soutiendrons toujours Emmanuel Macron, même si notre colère monte, monte, monte, ou n’importe quel candidat républicain. Mais il faut bien admettre que la médiocrité de la gestion de la crise du Covid se confirme jour après jour, semaine après semaine. Et après les élections présidentielles, on nous présentera la facture du « quoi qu’il en coûte ». Soyons optimistes : les beaux jours arrivent… avec un nouveau confinement !

 

Michel Taube

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Directeur de la publication

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