Edito
13H02 - lundi 15 février 2021

Quand la Défenseure des droits conforte les territoires perdus de la République. L’édito de Michel Taube

 

À la Matinale de France-info, et vendredi dans « Quotidien » sur TMC, Claire Hédon, Défenseur des droits, a inscrit son action dans le cadre du plan « anti-discrimination » annoncé par Emmanuel Macron en décembre 2020. Puisque l’on veut protéger la police et lutter contre le séparatisme islamique, le « en même temps » macronien exige une contrepartie louable : lutter avec plus de détermination contre les discriminations et tous les racismes (n’oublie-t-on pas un peu vite celui qui a conduit à l’exode des Juifs, puis de la plupart des Européens, et enfin des Musulmans laïcs, de nombreuses zones suburbaines gangrénées par l’islamisme et la délinquance, à Trappes et ailleurs). 

Et voilà que Madame Hedon demande des zones sans contrôle d’identité. Une façon de renforcer des zones de non-droit et de créer encore plus de territoires perdus de la République.

Avant d’être nommée Défenseur des droits, Claire Hédon, avant tout excellente productrice et journaliste santé de RFI, présida le mouvement ATD Quart Monde de 2015 à 2020, dont l’objet est de lutter contre l’extrême pauvreté. Mais visiblement, pour la Défenseure des droits, la pauvreté et l’appartenance à certaines catégories ethniques valent certificat d’innocence. 

Jamais un représentant d’une institution publique n’avait à ce point cultivé la victimisation et l’irresponsabilité qui en découle. On la croirait membre des Indigènes de la République ou de la France Insoumise, dont l’autocrate qui la dirige veut désarmer la police. En 2017, l’ancien Défenseur des droits, Jacques Toubon, dont on se demande s’il n’est pas passé du chiraquisme à l’extrême gauche, avait rendu un rapport indiquant que « un jeune homme perçu comme noir ou arabe » a une probabilité 20 fois plus élevée d’être contrôlé que l’ensemble de la population. Il faut dire que l’année précédente, la Cour de cassation avait avalisé la condamnation de l’État pour contrôle « au faciès ». 20 fois, donc. Et pourquoi pas 50 ou 100 ?! Le défenseur des droits ferait-il des statistiques ethniques, dogmatiquement interdites pour ne pas révéler quelques vérités ?

Si on en croit l’actuel et le précédent Défenseur des droits, et des hauts magistrats qui visiblement ne quittent pas souvent les beaux quartiers, on devrait donc supprimer les contrôles d’identité dans les zones où la délinquance est la plus forte. Il faut dire que le président de la République avait lui aussi apporté de l’eau au moulin de la violence et du racisme de la police. Exemple emblématique : la Gare du Nord à Paris, la plus grande d’Europe, est le point de convergences de nombreuses bandes venues d’Île-de-France, de Seine Saint-Denis en particulier, qui ne restent pas plantées des heures dans ce secteur pour faire du tourisme ou du shopping dans les galeries marchandes. Claire Hédon envisage-t-elle de classer la Gare du Nord, et toutes autres zones de délinquance ostensible (en l’espèce de trafic de stupéfiants) comme interdite de contrôle d’identité ? 

Une alternative qui siérait à la Défenseure des droits, à la Cour de cassation et au chef de l’État serait, non-discrimination oblige, d’imposer aux policiers que pour chaque individu « racialisé » contrôlé, soit contrôlée une personne « non racialisée ». Mettons au défi Monsieur Macron ou Madame Hédon de nous pointer les individus de type européen ou même asiatique parmi ces dealers, Gare du Nord ou dans de nombreux autres points de trafic. Qu’ils assistent aussi à une audience devant un tribunal correctionnel, et pas seulement en Île-de-France. Alors qu’il est souvent fait grief à certains juges de manier à l’excès l’excuse sociale et parfois éthique, Assa Traoré, sœur du délinquant décédé en marge de son interpellation (un crime policier raciste, selon elle), et égérie d’un courant indigéniste particulièrement haineux de la France, y voyait la démonstration que les juges seraient racistes. 

Trafic en tous genres, vols, racket, agressions sexuelles, violences extrêmes contre la police (avec appel au meurtre voire tentative de meurtre la nuit dernière, dans les rues de Poissy), violences avec armes, racisme anti-blanc, anti-juif, anti-flic, destruction des biens publics… Seule une enquête judiciaire en bonne et due forme permettrait – et encore – d’interroger une personne racialisée, si on interdisait toute autre activité de la police. La prévention se confondrait avec la permissivité totale, dès lors qu’on a la couleur ou le type de la victime discriminée incarnée.

La sortie hasardeuse, voire dangereuse de Claire Hédon a amené certains commentateurs à s’interroger sur la légitimité de cette institution qu’est le Défenseur des droits. Constitutionnellement, le Défenseur des droits, ou plus exactement le garant des libertés individuelles, c’est le juge judiciaire. Le Défenseur des droits est une autorité administrative indépendante, issue de la révision de la Constitution en 2008. Une administration de plus. Une de trop, peut-être. Il est d’ailleurs curieux que la magistrature, d’ordinaire si à cheval sur son indépendance et ses prérogatives, n’ai pas poussé des cris d’orfraie lors de la création de cet intrus sur le terrain des droits. 

Rappelons quelles sont les prérogatives du Défenseur des droits, désormais indéboulonnable depuis qu’il est gravé dans le marbre de la Constitution, à l’article 71-1 alinéa 1er :

« Le Défenseur des droits veille au respect des droits et libertés par les administrations de l’État, les collectivités territoriales, les établissements publics, ainsi que par tout organisme investi d’une mission de service public, ou à l’égard duquel la loi organique lui attribue des compétences.
Il peut être saisi, dans les conditions prévues par la loi organique, par toute personne s’estimant lésée par le fonctionnement d’un service public ou d’un organisme visé au premier alinéa. Il peut se saisir d’office. »

On peut partir du principe qu’on n’en fait jamais assez pour lutter contre les discriminations et le racisme ni pour promouvoir et défendre le respect des droits de chacun. Mais outre le fait que telle est la mission de l’autorité judiciaire, on ne peut que dénoncer cette dérive visant à faire des droits un absolu dogmatique sans limites ni contrepartie, à savoir les devoirs et la responsabilité. Il est aussi inacceptable que l’argument de la défense des droits et de la non-discrimination puisse se traduire en discrimination à front renversé contre les non racialisés (ne seraient contrôlés que les blancs vivant dans un quartier moins frappé par la pauvreté et la délinquance) et en entrave à l’exercice par la police de sa mission de protection des citoyens, de prévention et de répression de la délinquance.

Il est des domaines où le « en même temps » se traduit par un grand écart. Les adducteurs présidentiels en risqueraient une déchirure. Les électeurs, les Français dans leur grande majorité, en ont assez de l’impunité d’une délinquance de plus en plus violente que la justice fait doucement rigoler. Elle vous remercie, madame la Défenseure de leurs droits (de nuire).

 

Michel Taube

 

 

 

 

 

 

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