L'actu by Marginal Ray
12H17 - samedi 9 janvier 2021

Hommage à David Bowie, parti dans les étoiles il y a cinq ans.

 

David Bowie s’est éteint le 10 janvier 2016, deux jours après la sortie de son ultime opus Blackstar, le jour de son 69ème anniversaire.

David Bowie est un des musiciens les plus créatifs, les plus géniaux de son temps, et sans doute de tous les temps. Au-delà de la musique, il fut un artiste absolu, dans son attitude, sa manière d’incarner ses personnages comme Ziggy Stardust ou The Thin White Duke, mais aussi de les mettre en scène, de les costumer, les maquiller, les mouvoir, les faire vivre et mourir. Il fut aussi peintre, acteur de cinéma et de théâtre. Artiste jusque dans la mort. Ces cendres furent dispersées sur l’île de Bali, sans cérémonial. Son œuvre est sa sépulture et son legs.

La musique de David Bowie fut souvent avant-gardiste ou expérimentale, jusqu’à l’ultime Blackstar. Parfois trop pour être appréciée d’un très large public. Peu de tubes planétaires, de succès phénoménaux, d’airs connus de tous, comme les quatre premières notes de la Vème symphonie de Beethoven ou les chansons des Beatles. D’ailleurs son sommet populaire et commercial, Let’s Dance (1983) ne fut pas l’œuvre la plus représentative de son génie créatif. Moins en tout cas que l’album qui le précéda, Scarry Monsters et son tube Ashes to Ashes, accompagné d’une superbe vidéo, prélude à l’avènement de ce nouveau genre musical que Mickael Jackson amènera quelques mois plus tard à son zénith avec Thriller, en même temps que s’imposera la chaine musicale MTV.

Parmi les fans de David Bowie, nombreux sont ceux qui privilégient la première période de sa carrière, avec des pépites comme Hunky Dory (1971), très acoustique, Ziggy Stardust (1972), très électrique, et Aladdin Sane (1973), très éclectique, le morceau éponyme offrant une époustouflante utilisation du piano dans une œuvre rock. D’autres fans privilégient une période plus soul, avec en trait d’union l’album Diamond Dogs en 1974. Le soul déjà funky, qui lui vaudra en 1975 son premier n°1 outre atlantique : la chanson « Fame » œuvre commune de Bowie et de l’ex-Beatles John Lennon. Soul et aussi cocaïne, et première utilisation du synthétiseur dans Station to Station, autre album de référence, l’année suivante. Les trois suivants (Low, Heroes et Lodger), enregistrés à Berlin entre 1977 et 1979 avec le claviériste Brian Eno, furent influencés par la musique électronique de Kraftwerk. Un autre noyau de fan de Bowie sanctifie cette trilogie.

Après le succès planétaire de Let’s Dance et de la tournée qui suivit, David Bowie connut des hauts et des bas, mais sans jamais tomber ni dans la médiocrité ni dans la redite. Après l’album Reality, paru en 2003, et un grave accident cardiaque, il disparut de la scène musicale et de la vie publique pour ne réapparaitre qu’en 2013, avec l’inattendu album The Next Day, véritable retour au premier plan, artistique et populaire (n° 1 au Royaume-Uni et n°2 aux États-Unis). L’année suivante, il découvre son cancer du foie, qui se généralisera fin 2015.

Blackstar, album aussi noir que jazzy, aussi surprenant qu’expérimental, est son testament. C’est du moins ce que dira son producteur Tony Visconty. Mais d’autres sources laissent entendre que la noirceur de l’album et les références à la mort n’ont rien d’autobiographique, et que David Bowie conserva jusqu’à la fin du tournage de la vidéo de Lazarus, l’espoir de guérir, et encore et encore, d’écrire, de composer, de créer… Lazarus est aussi le titre d’une comédie musicale que David Bowie a écrite avec le dramaturge irlandais Enda Walsh. Une représentation filmée à Londres fin 2016 est diffusée en streaming payant les 8, 9 et 10 janvier 2021.

Marginal Ray
Auteur compositeur conteur



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