La chronique de Patrick Pilcer
11H27 - lundi 5 octobre 2020

Une économie sans confiance est comme une voiture sans essence. La chronique de Patrick Pilcer

 

A peine annoncé, le Plan de Relance Français aurait-il déjà fait pschitt ? La rentrée offrait au gouvernement de Jean Castex une belle opportunité pour relancer notre économie. Malheureusement, les projecteurs en septembre ont surtout été braqués sur le plan sanitaire d’Olivier Véran et non sur le plan de relance de Jean Castex et Bruno Lemaire. Les Français se sont surtout demandé s’ils allaient subir un nouveau confinement partiel, local ou général.

Plutôt que d’insuffler la confiance, carburant essentiel à toute économie, la communication gouvernementale a distillé la peur et pousse chacun à garder la poigne sur le frein à main. Il est vrai que le gouvernement ne peut être que tiraillé entre son obligation de protection de la population face au Covid 19 et son devoir de protéger les entreprises et les salariés.

En choisissant de parler d’abord de son plan sanitaire fin août, puis de son plan de relance, il a rendu de facto inaudible toute parole sur ses mesures économiques. Et cela d’autant que la plupart de ses mesures ne seront que pour 2021, comme une grande partie de son financement, si un jour l’Europe le vote. Du coup, en ne mettant pas en place la confiance nécessaire à la relance économique, le gouvernement prend le risque de faire caler l’économie française.

Les plans de licenciement, les dépôts de bilan, les redressements judiciaires, que l’on pouvait deviner en juillet et qui pouvaient, peut-être, être évités si la reprise s’amorçait convenablement en septembre auront malheureusement lieu, et le redémarrage de l’économie française attendra 2021, après un carnage économique. Chacun le constate à son échelle. Les agents immobiliers ont moins d’achats/ventes et se replient sur les locations. Les entreprises réduisent leurs coûts encore et encore, reportent leurs programmes de développement et leurs embauches, et se trouvent des raisons d’attendre avant toute décision d’investissement. Les particuliers diminuent leurs dépenses et épargnent. Ils ne savent pas de quoi demain sera fait. D’ailleurs qui peut se projeter à deux mois ? à deux semaines ? comment prendre des décisions d’investissement à deux, cinq ou dix ans quand on est en plein brouillard, incapable d’y voir clair sur quelques jours ?

C’est aussi le moment qu’a choisi Barbara Pompili pour interdire les animaux dans les cirques et les dauphins dans les delphinariums ! Pourquoi pas demain interdire les courses de chevaux, les écuries ou la détention d’animaux domestiques ? Libérons nos poissons rouges et nos caniches ! et quand les lions seront en liberté, on pleurera alors sur le sort des gazelles ou des brebis … Plutôt que d’apporter sa pierre à la relance économique, plutôt que d’évoquer la relance du secteur de la construction, la ministre de la transition écologique prend la parole sur ce sujet d’importance nationale et prend le risque de faire plonger encore plus de secteurs économiques vers la crise !

Dommage, le plan de relance aura fait pschitt, tout comme le plan Macron pour le Liban d’ailleurs, après les propos, pour ne pas dire la gifle, de Nasrallah, et indirectement de l’Iran, en réponse à notre président. Là encore dommage, mais là encore, pas besoin d’être devin, on pouvait s’y attendre. Cela est une autre histoire, une autre chronique. Tant sur le plan intérieur, sur le plan sanitaire, sur le plan économique, que sur le plan extérieur, le Président Macron semble perdre le contrôle de son véhicule. Pire, il n’arrive plus à redémarrer le moteur.

Pendant la crise des gilets jaunes, le président Macron avait su reprendre en main le fil des événements, quand son premier ministre de l’époque, droit dans ses bottes, fonçait dans le mur. Aujourd’hui, le ministre de la Santé, Olivier Véran, distille la peur et préfère bloquer l’économie du pays. Le premier ministre, Jean Castex, peut-être par manque d’expérience aux plus hautes fonctions, ne parvient pas, lui, à rassurer le pays. Plus personne n’a confiance, plus personne ne leur fait confiance.

Que nous ayons une Deux-Chevaux ou la plus belle voiture de course, sans essence, même le meilleur pilote du monde ne peut aller bien loin…

Pourtant les éléments de la reprise sont bien là. La BCE veille. Les banques n’ont pas de souci de financement, et continuent d’huiler l’économie. La devise est solide, peut-être même trop ; la France s’endette en se faisant payer, les obligations dix ans rapportent 0,25% par an à l’Etat ! deux signes que les investisseurs internationaux, eux, continuent à nous faire confiance, en tout cas plus confiance qu’à d’autres. Nos entrepreneurs, nos salariés ont plein de projets. Encore faudrait-il libérer leurs énergies, diminuer leurs fardeaux, glorifier leur travail, laisser vivre leurs espérances, leur faire confiance…Si l’on remet du vent dans les voiles, ou en tout cas suffisamment d’essence dans le moteur, la France pourra gravir à nouveau la pente et retrouver sa dynamique.

Il est temps que le Président Macron retrouve la maestria dont il a su faire preuve face aux gilets jaunes, dans ses déplacements en province, dans les gymnases d’école de la France des territoires. Il est temps que le chef d’orchestre retrouve l’étincelle qui fasse redémarrer la France, sans noyer notre moteur…

 

Patrick Pilcer

Conseil et Expert sur les Marchés Financiers

 

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